INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XV
de calcaires modernes ou de terrains de transition, la présence, à une certaine profondeur ou dans le voisinage, de masses plutoniques plus ou moins anciennes, montre quel est leur vrai terrain d'émergence.
La classification géologique, en la supposant complète et rigoureuse, ne pourrait suffire, malgré son importance, dans une question purement médicale à un certain point de vue. On a donc proposé deux autres modes de classement, qui tous deux procèdent de la chimie, quoique Tun passe pour appartenir à la thérapeutique. Ce dernier, presque seul en usage avec quelques variantes, dans les ouvrages d^hydrologie minérale, distingue les eaux en acidulés, alcalines, salines, sulfureuses, ferrugineuses; depuis la découverte de Tiode, du brome, de l'arsenic dans certaines sources, on a ajouté les eaux iodurées, arsenicales, etc. Quelques auteurs ont de plus distingué les eaux en toniques, purgatives, excitantes, etc.
Par acidulés on entend les eaux carbonatées, c'est-à-dire chargées de sels acides en général, quoique souvent ne dégageant pas ou presque pas d'acide carbonique , et paraissant mériter moins de figurer dans cette classe que telle eau chlorurée ou sulfatée, c'est-à-dire neutre, qui dégage beaucoup de gaz acide. D'autre part les eaux sulfatées ou chlorurées, calcaires ou sodiques,sont désignées, sans distinction, sous le nom d'eaux salines. Une pareille confusion ne peut plus être acceptée; aussi les auteurs ont-ils introduites subdivisions et les sous-titres qui leur ont paru les plus propres à la faire cesser, mais sans beaucoup de succès.
La classification chimique nous semble la plus rationnelle, car elle exprime le caractère dominant de telle ou telle eau, par un terme précis et suffisant pour lui assigner sa place comme corps et comme médicament.
En effet, désigner une eau comme sodique ou calcaire, ferrugineuse, iodurée ou sulfureuse, carbonatée, chlorurée ou sulfatée, n'est-ce pas la classer à la fois d'après ses éléments chimiques e.t d'après la médication à laque'le ressortit le principe ou le sel qui la caractérise? Même pour les eaux dont la faible minéralisation n'explique pas les effets thérapeutiques , la nomenclature chimique est encore celle qui convient et qui se prêtera le mieux à une désignation nouvelle, si l'analyse vient démontrer
xvr
dans cette eau réputée faible la présence de quelque agent paissant et à forte dose.
^N'ous empruntons àTAnnuaire des eaux de la France le tableau suivant dressé par M. S. C. Deville :
Classification des eaux minérales d'après Vêlement chimique prédominant.
/à base de) soude. 1
, CARBON ATEES.'
non ferrugl -( toutes neuses (froides .. .
à base .terreuse..] , ^^^^^^
iferrugineuses.|f^,^.^gg^^^
sulfurées ou\ sulfureuses ( toutes proprement (thermales.
/ à base / '^'^'' '
de soude. \sulfatées.