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INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XIII

girait du sol à 29^, tandis que, dans les régions arctiques, Teau serait thermale à la température de la glace fondante.

Il faut donc prendre une moyenne, et celle de notre hémisphère, environ 14^, pourrait être acceptée comme base, si Ton ne devait tenir compte des limites fixées par l'usage à remploi de certains mots, et de Tappréciation moyenne des hommes dans une question ^^ Ton ne peut récuser complètement le contrôle des sens.

En général, dans la zone tempérée, c'est-à-dire dans la partie la plus habitée du globe, on n'appelle pas eau chaude Teau à 1^^, ni eau froide Teau à 25^: Tisotherme -[- 18^, qu'on peut considérer comme bornant l'Europe au midi, donne à peu près la moyenne entre ces deux extrêmes, et nous l'avons adoptée pour base; nous appelons donc thermale toute eau à température sensiblement constante de 18^ au moins.

En se restreignant aux deux qualifications de froides et de thermales, on réunit des sources de températures éloignées et Ton en sépare d'autres qui ne diffèrent que de quelques dixièmes de degré.

C'est un inconvénient sans doute, mais notre langue ne donne que le mot tiède comme transition; or, ce mot est vague, il n'a rien de mnémonique et n'exprime pas par lui-même un chiffre, une quantité ; il en est de même d'autres termes qui ont été proposés pour classer les eaux suivant leur température.

Nous nous sommes donc arrêtés à la division la plus généralement admise , et nous avons fait en sorte de nous écarter le moins possible du langage et des idées du plus grand nombre.

Classifications. — On a classé les eaux minérales aux points de vue de la géologie, de la thérapeutique, ou plutôt de la pharmacologie et de la chimie. La première méthode est rationnelle puisqu'elle se base sur ce fait que les eaux, dans leur parcours souterrain, se chargent des substances qu'elles peuvent dissoudre et font, pour ainsi dire, partie intégrante des terrains où elles se sont minéralisées. Alexandre Brongniart, auteur de cette classification, divise les eaux minérales en sept groupes, suivant qu'elles proviennent des terrains cristallisés inférieurs, des terrains de transition, des terrains de sédiments inférieurs, moyens

OU supérieurs, des terrains de porphyre, de trachyte ou de basalte, enfin des terrains volcaniques.

Dans l'introduction de TAnnuaire des eaux de la France et dans les considérations générales sur les eaux minérales, après avoir signalé les causes d'erreur et les difficultés résultant, pour ce mode de classement, soit d'analyses imparfaites, soit de Tincertitude du gisement réel des sources, M. Ch. Sainte-Glaire Deville établit les faits suivants : si Ton divise la France en huit régions physiques, le groupe des Pyrénées, le massif central, le groupe des Alpes et de la Corse, celui du Jura, delà Haute-Saône et des Vosges, lemassif N. E. oudes Ardennes, le massif N. 0. ou de la Bretagne, et les deux grandes régions de plaines qui entourent circulairement au nord et au midi la gibbosité centrale, on voit que de ces huit régions les quatre premières contiennent presque toutes les sources thermales de la France, et que les quatre dernières n^nt presque que des sources froides ; les eaux thermales sont en général plus chargées de principes minéraux et, parmi ces principes, les chlorures et les sulfates remportent sur les carbonates et la soude sur la chaux. C'est le contraire pour les sources froides, où l'on trouve, en revanche, plus fréquemment le fer dissous par Tacide carbonique. Les deux régions de plaines, qui forment deux grands bassins dont le fond est constitué par des dépôts tertiaires, entourés plus ou moins régulièrement de couches crétacées et jurassiques, ne fournissent pas d'eaux thermales non plus que les massifs N. E. et N. 0-, qui sont formés des terrains sédimentaires les plus anciens ; au contraire, les terrains stratifiés du groupe qui comprend le Jura, les collines de la Haute-Saône et les Vosges, donnent naissance aux sources de Bourbonne, Luxeuil, Soultz, Niederbronn, Baden et à beaucoup d'autres encore ; cette différence peut s'expliquer par la connexion entre ces terrains et les marnes irisées qui renferment des dépôts considérables de sel gemme, principe dominant dans la plupart de ces sources. Enfin les sources minérales sont comme les représentants plus ou moins affaiblis des émanations qui ont laissé leurs traces dans toutes les périodes géologiques, et dont les fumerolles de nos volcans offrent encore une image aujourd'hui. Si quelques-unes de ces sources, comme celles de Vichy, de Carlsbad, de Wiesbaden, d'Ems, etc., sortent

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