INTRODUCTION. — LES EAUX MINERALES. XVII
plus OU moins régulières quand on découvre des principes nouveaux dans les eaux; il résulte aussi de cette division par classes, que beaucoup d'eaux appartiennent à plusieurs classes à la fois. Le tableau ci-dessus n'a pas cet inconvénient et nous ne voyons pas pourquoi on ferait en hydrologie autrement qu'en chimie ; qu'un nouveau corps soit découvert, il trouve immédiatement sa place sans déranger quoi que ce soit ; on le classe à son rang et tout est dit ; de même pour les eaux, qu'on les distingue par leur principe dominant, qu'on fasse même entrer dans leur désignation plusieurs de leurs titres, quand elles peuvent y prétendre, cela ne peut qu'être utile, car de cette manière on en sait davantage sur la valeur de la source.
La température, thermale ou froide, nous semble aussi ne pas devoir être oubliée; on peut indiquer par les mots forte, moyenne ou faible le degré de minéralisation, et Ton arrive ainsi à Texpression exacte, claire et assez concise des caractères physiques, chimiques et, jusqu'à un certain point, thérapeutiques d'une eau minérale.
Exemples : Vichy, G-rande Grille, eau thermale, bicarbonatée sodique, gazeuse ; — puits Lardy, eau thermale, bicarbonatée sodique, ferrugineuse, gazeuse.
Qu'on veuille, pour une étude comparative, grouper les eaux de même nature, ou qu'on adopte, comme nous l'avons fait, l'ordre géographique et alphabétique pour rendre les recherches plus aisées, ce mode de désignation nous semble faciliter le travail et porter en même temps un caractère d'exactitude qui manque parfois à l'ancienne nomenclature ; on n'exclut pas d'ailleurs les anciennes dénominations et les groupes admis par les auteurs, dans ce qu'ils peuvent avoir d'exact et de logique.
Orî§^îne des eaux minérales. — On a dit que les eàux minérales se formaient dans les profondeurs du globe, par la combinaison de leurs éléments, sous l'influence de l'électricité. Il est certain que les corps à l'état gazeux qui s'échappent de la bouche des volcans ou des fumerolles, existent primitivement ou sont élaborés au sein de la terre, et que ces corps, hydrogène carburé, acides azotique, sulfurique, suif hydrique, chlorhydrique, borique, etc., aussi bien que des corps simples à
rétat gazeux, Thydrogène, Toxygène et l'azote, sont au premier rang parmi les principes des eaux minérales. De plus , rien n'empêche d'admettre qu'il se forme de Teau dans les cavités delà terre, comme dans Tappareil de Lavoisier, et que cette eau, sous rimpulsion d'une force quelconque, émerge à la surface du sol. Mais, d'autre part, on ne peut méconnaître l'influence des phénomènes atmosphériques sur l'abondance, la température et la minéralisation de beaucoup de sources, non plus que la coïncidence des sources thermales et minérales les plus importantes avec les traces d'anciennes convulsions du sol ; et ces faits semblent démontrer que les eaux versées par l'atmosphère pénètrent l'écorce du globe et vont alimenter des nappes souterraines qui se minéralisent, au contact et par la réaction des corps solides et des gaz, dans les profondeurs des terrains volcaniques anciens ou nouveaux. De là ces eaux remontent à la surface du sol, soit en vertu des lois qui régissent les nappes artésiennes, soit sous la pression des gaz dilatés (voyez Annuaire des Eaux de la France, pages 320 et suivantes. — Filhol. Eaux minérales des Pyrénées, pages 434 et suivantes).
Sur plusieurs points, l'homme a pu sonder ces océans souterrains. C'est ainsi qu'à Carlsbad, après avoir percé, au-dessous de la croûte calcaire sur laquelle est bâtie la ville, plusieurs autres voûtes séparant d'immenses cryptes , la sonde a pénétré dans un abîme dont on n'a pu atteindre le fond et d'où l'eau minérale s'est échappée avec une violence et un bruit effrayants.
Calorique des eaux thermales. — C'est à leur séjour dans ces régions profondes et maintenues à une haute température par le voisinage du feu central, que certaines eaux minérales doivent leur thermalité. On a dit avec raison que ce caractère physique était comme le complément de leur essence et que les eaux froides, même à égalité de principes minéralisateurs, ne pouvaient être placées sur la même ligne que les eaux thermales.
Cette chaleur native des eaux a été comparée aussi à la chaleur propre des êtres vivants, et longtemps considérée comme un phénomène mystérieux , comme due à un calorique d'une autre nature que celui qu'on rencontre dans tous les corps. On