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BAINS DE MER

Le bain frais pris en rivière ou à la mer est un des tonique* les plus énergiques; c'est peut être le moyen le plus puis- . sant pour combattre certaines prédispositions morbides, et modifier heureusement ou guérir certaines affections. La nature minérale de l'eau de mer et les conditions hygiéniques où l'on se place en habitant les côtes, rendent le bain de mer plus actif que le bain de rivière. Il n'agit pas de même dans tous les climats et en toutes saisons. Ainsi, le bain de mer, pris sur les côtes normandes, ne réussit pas à certaines personnes qui s'en trouvent bien à Royan ou à Biarritz; l'eau de la Méditerranée paraît aussi différer de celle de l'Océan dans ses effets comme dans sa composition chimique. Enfin, le but qu'on se propose dans le bain de mer et du bain froid en général, étant d'agir sur l'organisme par l'immersion dans l'eau froide, puis par la réaction obtenue dans un milieu plus chaud, on comprend que ce but ne peut être atteint quand, par un temps froid ou vers l'arrière-saison, l'eau de mer produit à la peau une sensation de chaleur, et l'air une sensation de froid.

On doit préférer pour se baigner une côte formée de galet plutôt que de sable, et assez accore pour que la mer la découvre peu à marée basse. Dans ces conditions on peut se baigner à toute heure, que la mer soit haute ou basse, et dans une eau toujours pure. Mais il ne faut pas oublier que sur ces côtes accores on perd pied à quelques mètres du bord de l'eau, ce qui les rend plus dangereuses que les côtes en pente douce.

Le bain de mer se prend soit en nageant, soit par immersion ou par affusion. Le bain par affusion se prend en recevant la lame au moment où elle vient briser à la côte. On peut se baigner debout et les jambes dans l'eau, en tenant par la main,

pour plus de sûreté, soit un autre baigneur, soit un guide", le mieux est, surtout pour les femmes et les enfants, de se faire porter par un guide, qui présente à la lame le corps, placé horizontalement et la tête en avant. Six à douze affusions suffisent, et la durée du bain ne doit pas dépasser trois à cinq minutes. Le bain à la nage est plus agréable, et la gymnastique de la natation ajoute ses effets à ceux de l'eau de mer; on peut nager de cinq à quinze minutes, mais ce bain agit sur l'organisme avec moins d'énergie que l'affusion. En tout cas, il est bon que le corps pénètre dans l'eau brusquement et la tête la première. On évitera pendant le bain d'avaler de l'eau de mer.

Il est important d'obtenir après le bain une réaction complète. Des mouvements gymn astiques, des frictions avec la flanelle, le linge sec ou le gant de crin, suffisent généralement pour produire cette réaction. Ce qui la rend difficile le plus souvent, c'est qu'on a trop prolongé le bain. Chez quelques personnes elle se fait attendre plusieurs heures, sans qu'il en résulte d'inconvénients. Le bain de pieds chaud et d'autres moyens propres à déterminer la réaction ne doivent être employés que sur la prescription du médecin.

En général, il faut éviter de se baigner au moment du flot ou marée montante. Sur la plupart des côtes, l'eau est alors souillée de limon, d'écume et de détritus animaux dont le contact peut être nuisible. Quand la mer est phosphorescente, le bain détermine quelquefois de l'urticaire. On choisira pour se baigner, soit le moment de la pleine mer, soit le temps du jusant ou marée descendante, en n'oubliant pas qu'alors la mer tend à emporter au large tout ce que les lames soulèvent. L'heure la plus convenable pour le bain, est de onze heures à six. C'est alors que l'air est le plus chaud, et les forces, remontées par le premier repas, concourent aussi bien que la chaleur de l'air à faciliter la réaction. On sait qu'en général il ne faut pas se baigner moins de trois heures après le repas.

Sous l'influence du changement de régime, de l'air marin et du bain de mer, on voit assez souvent se produire une excitation générale, et des troubles fonctionnels analogues à ceux

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