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INTRODUCTION. — EAUX MINERALES. XXV

succès, on ne saurait trop le répéter aux malades, dont bien peu, malheureusement, en tiennent compte. Elles figurent toujours en première ligne dans les prescriptions du médecin, et le malade, s'il les oublie ou les dédaigne, a presque toujours lieu de s'en repentir.

La saison d'eaux terminée, le malade, en reprenant sa vie ordinaire, doit cependant observer une hygiène exceptionnelle; c'est ainsi qu'on lui interdit, en général, pendant six semaines ou deux mois, l'usage de toute eau minérale en boisson et les bains, môme dans l'eau cqrnmune. 11 faut excepter les malades auxquels est prescrit un traitement complémentaire. Quelquefois en effet le résultat voulu du traitement hydro-minéral, excitation oudébilitation, nécessite un amendement qu'on trouve à une autre source, ou qu'on obtient par un régime particulier. Les séjours d'hiver, les cures de raisin et de petit-lait, se rattachent à cette partie de notre sujet.

Conseils aux personnes qui vont aux eaux. — Les eaux sont un des moyens médicaux les plus actifs et les plus délicats dans leur emploi; la moindre erreur dans le traitement, le moindre écart de régime, peuvent compromettre le succès. Arrivé aux eaux, consultez un médecin et suivez rigoureusement ses avis ; gardez-vous des conseils qui vous viendront d'ailleurs, et quand ils vous paraîtraient bons ou inoffensifs, soumettez-les à votre conseiller légitime avant de les suivre.

Ne buvez pas indifféremment à telle ou telle source sans autorisation expresse.

Ne croyez pas, comme quelques-uns de vos compagnons d'infortune, que, si les eaux doivent vous guérir, plus vous en boirez, plutôt vous serez guéri, ou bien encore que, si tel malade boit six verres d'eau, votre médecin a tort de ne vous en permettre que trois.

Observez rigoureusement le régime alimentaire qui vous a été prescrit, et tenez-vous en garde contre les séductions d'une table d'hôte peu conforme à ces prescriptions.

Le repos, la tranquillité à tous égards, sont de première importance pendant le traitement; non pas qu'un malade doive se condamner à l'immobilité, fuir toute distraction et s'en-

nuyer par régime-, il doit, au contraire, chercher, dans le& limites raisonnables, à se faire aux eaux une vie agréable; la promenade, les réunions où l'on trouve un plaisir calme et sans fatigue, l'oubli complet des affaires et du travail d'esprit que remplace, avec avantage, la corvée du traitement, voilà ce qui doit remplir la journée de notre malade. Cette journée doit commencer et finir de bonne heure. En général, les heures réglementaires de la buvette ou du bain ne permettent pas de rester tard au lit; mais les conseils, les menaces même du médecin ne peuvent empêcher Jes réunions du soir de se prolonger; et comment se lever sans fatigue à sept heures, quelquefois même plus tôt, quand on s'est couché après minuit?

Il faut éviter de se promener après le coucher du soleil. Des vêtements d'hiver sont nécessaires, même en plein été, à beaucoup de stations minérales situées dans les montagnes ou dans un climat variable; partout, même dans les pays chauds, et là peut-être plus qu'ailleurs, le malade, qu'il boive seulement ou se baigne, doit se résigner à l'usage de la flanelle. La stimulation des fonctions de la peau est un des effets les plus généraux et les plus constants des eaux; il est donc important surtout de se prémunir contre les refroidissements, et la flanelle est le seul moyen d'y parvenir dans les conditions dont il s'agit.

On ne doit pas traiter légèrement et comme sans conséquence les phénomènes de malaise ou d'amélioration apparente qui se présentent dans le cours du traitement. Ce sont presque toujours, pour le médecin, des indications importantes, et les négliger c'est s'exposer, dans certains cas, à des accidents graves.

Tels sont les points sur lesquels nous croyons utile d'appeler l'attention des malades.

Quant aux gens bien portants, aux touristes et à ceux qui viennent aux eaux comme à une partie de plaisir, nous les félicitons de n'avoir rien à démêler avec la médecine, et, pour les aider à conserver cet heureux privilège, nous leur dirons : « Visitez si bon vous semble les eaux où l'on s'amuse, rendez aux malades le service de leur en égayer le séjour, mais gardezvous de croire que les eaux minérales puissent être prises

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impunément par vous ; laissez-en l'usage aux infortunés ù qui elles sont nécessaires, et qui vous envient le bonheur de n'en avoir pas besoin.

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