SEJOURS D'HIVER
Les personnes dont la poitrine est malade ou seulement délicate trouvent un grand avantage à vivre sous un climat doux et aussi constant que possible. Là seulement elles peuvent aspirer l'air libre sans avoir à redouter pour leurs bronches un contact brûlant ou glacial, et sans que l'exhalation cutanée soit compromise par des variations de température brusques et trop fortes. Là seulement elles peuvent chaque jour activer par un peu d'exercice la nutrition et l'hématose, toujours insuffisantes quand les fonctions respiratoires sont difficiles ou incomplètes.
Ces malades appartiennent à deux classes différentes, au point de vue de leur constitution. Chez les uns, les systèmes nerveux et sanguin sont facilement excitables ou dans un état d'éréthisme constant, et le malade doit éviter un climat de nature à exagérer ces dispositions ou seulement à les entretenir.
Les autres, au contraire, dont les organes languissent dans la torpeur, sont peu sensibles aux causes d'excitation ; ils doivent rechercher un climat excitant et de nature à stimuler les fonctions vitales, ils éviteront un climat sédatif qui ne pourrait que diminuer leur résistance au mal dont ils sont atteints ou menacés.
Cette distinction est, on le voit, de première importance dans le choix d'un séjour.
Les malades passeront la saison chaude dans une région tempérée, comme le centre ou l'ouest de la France, et gagneront pour l'hiver des contrées plus méridionales. Il semble, au premier abord, que le mieux serait d'habiter, entre les tropiques, une des contrées auxquelles on attribue généralement un climat privilégié. Mais les affections tuberculeuses de la poitrine sont influencées d'une manière désastreuse par le climat tropical. C'est donc en Europe, ou dans une zone qui s'en éloigne peu au sud, que les malades devront choisir leur station d'hiver.
Les Romains donnaient la préférence à l'Egypte, mais la vallée du Nil est aujourd'hui considérée comme peu favorable aux tuberculeux. Alexandrie est humide et balayée par les vents. Au Caire, le climat est plus doux, mais les variations thermométriques et barométriques sont fréquentes et considérables. Le khamsin souffle quelquefois en hiver et fait monter le thermomètre à 40 degrés et plus; en outre, ce vent apporte du désert une poussière de sable dont l'air est imprégné. La température en hiver est à l'intérieur des maisons de 18 à 20 degrés, et de 7 à 8 clans les rues. Le climat de l'Egypte n'est pas seulement sédatif, il est débilitant et se rapproche à cet égard à celui des régions tropicales. La phthisie est d'ailleurs très-commune dans la vallée du Nil.
L'Algérie présente sur quelques points, à une certaine distance de la côte, de bonnes stations hivernales, parmi lesquelles Bouffarik, Blidah et d'autres, dans les environs d'Alger, sont surtout recommandées. La ville <ÏAlger convient moins aux malades-, quelques médecins leur en interdisent même le séjour, Le climat de l'Algérie est tonique, et, suivant Gigot-