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DE PARIS À BAGNERES-DE-LUCHON PAR BORDEAUX ET TARBES

De Paris à Bagnères-de Luchon par

Orléans, Bordeaux, Tarbes et Montrèjeau, 920 kil. — Chemins de fer d'Orléans et du Midi. 3 conv. par jour.

Train express en 19 h. 'j'i m. Trains omnibus en 26 h. r" cl. 113 fr. 35 c; 2" cl. 84 fr. 95 c. ; 31' cl. 62 fr. 30 c.

nnssnt'res-de l.uclion , cheflieu de canton de l'arrondissement de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), est une jolie petite ville d'une population fixe de 3921 hab., située au confluent de la Pique et de l'One, à l'angle le plus occidental de la vallée des Pyrénées à laquelle elle donne son nom, et au débouché du Val-de-PArboust, entre les terrains primitifs et les terrains intermédiaires ou de transition. Les montagnes qui la dominent l'abritent des vents du N., et des vents, non moins froids, descendus des glaciers. Son climat est doux, mais l'air qu'on y respire est vif.

Hôtels. — D'Angleterre, Sacaron, des Bains, de Bonnemaison et de Londres, Brisson, du Commeree, de France, du Parc, de Paris, de la Poste, des Princes, de Richelieu (unis dans l'allée d'Étigny); Faillière, du Centre, Canton, Arnatirc, des Boulevards, de Bordeaux, du Louvre, Astrié, etc.

Nombreux appartements meublés.

Les hôtels et les maisons meublées suffisent à loger près de 10 000 étrangers.

perdus, qui se termine par un grand escalier.

Deux galeries longitudinales, appelées galerie antérieure ou des salles de bain et galerie du fond ou des douches, coupent la salle des pas perdus à angle droit, de sorte que l'établissement est partagé en six compartiments. Entre les deux compartiments du fond, le grand escalier conduit aux réservoirs d'eau sulfureuse et au palier des buvettes, situé sur la face postérieure de l'édifice. Là, on se trouve à la base de la montagne dans laquelle on pénètre pour suivre les galeries souterraines dont plusieurs sont taillées dans le granit : elles ont ensemble plus de 1200 met. de développement.

Luchon possède une église récemment construite dans le style roman, un Hôpital, un Musée renfermant les magnifiques plans en relief des montagnes de Luchon et de toute la chaîne pyrénéenne, exécutés sous ladirection de M. Lézat; plus des collections de minéraux, plantes et insectes des Pyrénées.

Promenades. — H y a environ 30 voitures et 200 chevaux disponibles pour la promenade. Les promenades voisines de Luchon sont :

les allées d'Étigny, qui mènent de l'intérieur de la ville à l'établissement thermal; bordées de chaque côté d'hôtels, de chalets et de maisons habitées par les étrangers, elles offrent un aspect des plus animés ; — Vallée de, la Pique et celle du Piqué; — les allées des Platanes ou de Barcugnas, menant au faubourg de ce nom; — les allées des Soupirs, qui se dirigent à l'O. et remontent la rive dr.

de l'One.

Le bois ou bosquet qui domine

l'établissement thermale la base de Superbagnères forme un jardin anglais dont les charmantes allées conduisent jusqu'à la fontaine d'Amour et à la chaumière dans laquelle on trouve un restaurant De ces deux points ou jouit d'une très-belle vue sur la vallée de Luchon.

Nous ne pouvons malheureusement qu'énumérer les nombreuses excursions que les baigneurs font généralement aux environs de Luchon : — (3 ou 4 h. aller et retour) ascension du Tue de l'Abêcède par Cazaril; — (5 kil.) la chapelle et l'église de Saint- Aventin (onzième ou douzième siècle); — (7 kil.) église de Cazaux (douzième siècle); peintures murales très-intéressantes du treizième siècle. — (9 kil.) église d'Oo; — (8 kil.) la moraine de Garin (belle vue); — (de 5 à 6 h. aller et retour) ascension de Superbagnères (1797 met), d'où l'on découvre un des plus beaux panoramas des environs de Luchon; — (3 kil.) la tour de Caslelvieil, située à 772 met., et du pied de laquelle on découvre une belle vue; — (3/4 d'h. aller et retour) cascade de Montauban (entrée : ô0 cent.) ; — (3 kil.) cascade de Juzet (40 met. de hauteur) ; — (33 kil.) Saint-Bertrand de Comminges, V. de 744 hab., située sur un rocher que domine son ancienne cathédrale, et Valcabrèrc: — (38 kil.) grotte deGargas, une des plus belles des Pyrénées; — (19 kil.) ascension du Montnê (2147 met.); — (à h. 1/2) ascension du pic de Monlaigu (2403 met.); — (19 kil.) lac et cascade (265 met.) d'Oo ou de Séculéjo; — lacs à'Espingo et de Saounsat; — (9 ou 10 h. aller et retour) ascension du Céciré (2397

FRANI E.

BAGNKRF.S-OF.-LUCIION.

met. ; admirable panorama) ; — (13 lui.) vallée du Lys, cascades d'Enfer, du Cceur et du gouffre d'Enfer; — (8 h. aller et retour) le lac Vert; — (10 kil.) cascades des Demoiselles et du Parisien; — (4 h. 30 min.) col de la Glère (2323 met.) ;— (10 kil.) Hospice; — (16 et 18 kil.) ports de Venasque et de la Pieade; — (17 kil.) ascension de ['Entécade (2220 met.); — (12 kil.

1|2) ascension du Couradilles (1985

met.); — (13 kil. 1|2) Bosost; — (!) kil. 1/2) ascension du Poujaslou (1930 met.) ; — ascension de Bacanère (2195 met.) et du l'aies de Burat (2150 met.), une des plus belles courses des environs de Luchon ; — (21 kil.) Saint-Béat, célèbre par son château et par ses carrières de marbre; — (2 jours) ascension de la Malade lia; — '33 kil. 1/2) Venasque; — (35 kil.) la vallée A'Aran, etc.

les eaux. — Eaux thermales ou froides, sulfurées sodiques, ou ferrugineuses bicarbonatées.

Connues dès l'époque romaine.

Émergence : Pour la plupart des sources, du terrain primitif, granité, pegmatite grenatifère, schistes siliceux, ou d'atterrissements modifiés.

Soixante- di.i: *<'/>( griffons d'eau sulfureuse, dont le groupement en neuf sources principales forme, dit M. Filhol, la série d'eaux de ce genre la plus belle et la plus complète qui soit connue. Les sources ferrugineuses sont relativement moins importantes, cependant plusieurs sont utilisées et généralement bues aux repas. Les sources principales pour bains sont : Ferras, Êtigny, Bosquet, Bordeu, Richard ancienne, Richard nouvelle, la Blanche, la Reine, la Grotte inférieure. Les buvettes forment les trois groupes suivants : 1° Grotte, Reine, BU' nche; 2° Ferras ancienne, Enceinte, Ferras nouvelle; 3° Pré n" 2 et 3. Les sources les plus fortes, attribuées aux grandes douches, sont Bordeu, Bayen, Reine et Grotte supérieure.

Débit en 24 heures de toutes les sources sulfureuses : GO.ïO hectol.; lors des grandes infiltrations, 4720 hectol.

Densité : 1,00015 à 1,00018.

Température ■■ Reine, .j.">0,2ï> ; Bayen, 6G°; Azémar, o3°,17; Richard nouvelle, n0°,04; Grotte supérieure, 5S°;44 ; Blanche, 47°,21; Ferras nouvelle, 39°;96; Bordeu ancienne, 53°,5; source Froide, l%° (Annuaire), 17°, 1 (Rotureau).

Caractères particuliers : Eaux limpides, incolores, à odeur prononcée d'oeufs couvés, à saveur hépatique; dégageant au griffon une quantité notable d'azote ; quelques-unes déposent de la glairine colorée en noir par le sulfure de fer, ou grisâtre et translucide, d'autres des filaments blancs de sulfuraire. Elles s'altèrent lentement et peu à peu au contact de l'air, d'après les expériences de M. le docteur Lambron; quelques-unes dégagent dans leurs conduits de l'acide sulfhydnque; décomposé par l'air, cet acide produit de l'eau et du soufre qui se sublime à la partie supérieure des canaux ou des réservoirs dans des points que l'eau n'atteint jamais. Un phénomène caractéristique de la

plupart des sources de Luchon, c'est le blanchiment. Ces eaux se décomposent dans la baignoire comme dans les conduits et réservoirs, sous l'influence de l'acide silicique en excès, et l'acide sulfhydrique, au contact de l'air, précipite du soufre, dont le mélange avec Peau donne à cette dernière une teinte laiteuse.

Le degré sulfhydrométrique des sources de Luchon est variable et ses oscillations paraissent se lier à celles du baromètre, aux changements des saisons et aux infiltrations d'eau froide dans le sol environnant (Filhol).

Service médical : Un médecin inspecteur, deux inspecteurs adjoints.

Emploi : Boisson, eaux pures ou coupées avec du lait, bains d'eau, d'étuve, de vapeur, douches, piscines, salles de humage avec tubes séparés, individuels, amenant à l'état aénforme les principes spontanément dégagés par les eaux ; douches pulvérisées, percutantes avec appareil ordinaire ou à colonne mobile.

Situation : 629 met. au-dessus de la mer.

Climat de montagnes, tempéré, mais sujet à des variations thermométriques brusques et fréquentes; les baigneurs doivent se munir de vêlements de laine et de vêtements légers.

Saison : du 1'"' juin à la fin d'octobre.

Action physiologique et thérapeutique : Ces eaux en boisson comme en bains sont, à différents degrés suivant les sources, excitantes ou sédatives des systèmes nerveux et sanguin, elles ont comme toutes celles du même genre une action stimulante particulière sur la peau et les muqueuses.

Les eaux de Luchon déterminent, en général, par l'usage externe, des démangeaisons, des picotements et quelquefois la poussée : en boisson, elles sont généralement bien supportées, quelquefois cependant il faut les couper.

Luchon possède en quelque sorte le résumé des eaux sulfureuses de la chaîne pyrénéenne, et la réunion sur un même point de sources différentes, pouvant se modifier mutuellement, est un précieuxavantage pour cette station thermale.

L'herpétisme est l'indication dominante des eaux de Luchon, et les auteurs s'accordent sur les résultats excellents qu'elles donnent dans les maladies de peau tenant à la diathèse dartreuse. Elles réussissent également contre les dermatoses d'origine rhumatismale et contre les scrofulides. L'ecthyma, l'impétigo, les acné de date assez récente, cèdent presque toujours ou sont très-amendes; l'eczéma, l'herpès chroniques, guérissent aussi dans le plus grand nombre des cas, surtout quand il sont, comme c'est l'ordinaire, unis au lymphatisme ; le lichen et le prurigo se montrent plus rebelles, quoiqu'un traitement prolongé puisse être suivi de succès. Parmi les formes squameuses, le psoriasis, l'iclithyose non congénitale et récente, sont traités heureusement par les sources les plus actives. Enfin on compte des succès dans le lupus, l'esthiomène et l'éléphantiasis des Arabes.

L'action des eaux de Luchon contre les affections cutanées explique

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