INTRODUCTION. — SEJOUKS D HIVER. M. III
à l'abri du mistral, mais tout à fait ouverte à l'E. el n'ayanl que peu de promenades horizontales. Son climat, très analogue à celui de Menton, quoiqu'un peu plus chaud, est modérément excitant.
Nice est le séjour d'hiver le plus fréquenté de l'Europe. Ce sont les Anglais surtout qui l'ont mise à la mode, et la plus grande partie de sa population étrangère vient de la Grande- Bretagne. Son climat excitant peut être considéré comme le type du genre; il en a tous les privilèges, et, s'il ne convient pas aux constitutions dans lesquelles Féréthisme nerveux domine, ce n'est pas au pays qu'on peut s'en prendre. Les médecins doivent savoir si, comme tout autre remède, une station est favorable ou contre-indiquée à leurs malades.
La température moyenne de l'année (1806-1825) est de 15°,6 : hiver 9°,3, printemps 13°,3, été 22°,5, automne 17°,2.
Pour 15 années (1849-63), M. Teysseire a trouvé en moyenne :
Octobre. Novembre. Décembre.
Janvier.
Février.
Mars.
Avril.
Température à midi.
Température minima de l'hiver — 3°, 75. Dans l'hiver exceptionnel de 1820, le thermomètre descendit une fois en janvier à — 9°, 6, mais souvent il ne s'abaisse pas au-dessous de zéro. La température maxima de -f- 33°, k n'a été observée qu'une fois ; en général elle ne dépasse pas 30° à 31°.
Les oscillations thermométriques sont assez étendues, notamment en décembre et janvier, comme le prouve l'observation de Risso pour 20 années.
Matin.
Midi.
Soir.
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
L'hygromètre marque en moyenne 57n,ll et ne s'abaisse pas au-dessous de 47. Aussitôt après le coucher du soleil l'atmosphère devient assez humide pour que la rosée soit très abondante. Risso en 20 ans a trouvé pour les sept mois d'octobreavril, une moyenne de 38, 4 jours de pluie répartis ainsi :
)bre.
Novembre.
Décembre.
Janvier.
Février.
Mars.
Avril.
Dix ans (1861-1871) ont donné en moyenne 72 jours de pluie par an, dont environ 39 pour les mois de la saison hivernale. La pluie tombe par averses, quelquefois assez fortes, jamais de longue durée; bientôt le ciel s'éclaircit et le soleil se montre.
De 1862 à 1872 on a compté par an 219 jours de temps serein, dont 109 pour les six mois d'octobre à mars, et 66 jours nuageux; les nuages se montrent le matin et se dissipent à partir de midi. Le brouillard ne s'observe que rarement et seulement au printemps et en automne. La neige est très-rare.
Le vent d'E. souffle en moyenne 40 jours par an, le S.-O. ou Ubeccio, 21 jours, le N.-E., gregaou, greco, 8 jours; ljO. est rare aussi. Le N. ou tramontana et le N.-O., mistral, bien qu'affaiblis par l'obstacle des montagnes, ont encore, surtout le dernier, trop de force pour ne pas être redoutables.
Le lit du Paillon donne lieu à des courants d'air incessants et ouvre au vent un large passage.
On compte à Nice un jour sur quatre de vent plus ou moins fort, et ce vent soulève des nuages d'une poussière épaisse qui enveloppe la ville et ses environs, obscurcit le ciel, pénètre partout et constitue un véritable fléau. Le vent, la poussière et les changements brusques de température sont les défauts graves de cette station hivernale, si remarquable par son beau ciel, la pureté et l'humidité modérée de son atmosphère.
La plage de Nice, formée de galets et d'une pente rapide, est peu favorable aux bains de mer, sauf à l'E. du port dans le quartier du Lazaret.
Le séjour de Nice est excellent pour les personnes dont la constitution a besoin d'être stimulée assez fortement et dont les maladies affectent la forme torpide ; il ne peut être que nuisible dans les conditions opposées, c'est-à-dire aux sujets
INTRODUCTION. — SÉJOURS D'flIVER. XIV
facilement excitables, île constitution nerveuse et qui doivent chercher un climat sédatif, comme celui de Pau ou de Dax, el non tonique et fortement stimulant comme celui des stations provençales ou génoises.
La ville de Cannes est située dans un pays ravissant, avec un beau ciel et une mer admirable. La plage est hospitalière aux baigneurs, la végétation luxuriante, les promenades sont faciles aux malades. « Cannes, dit M. le docteur de Valcourt, réunit, comme séjour d'hiver, trois conditions essentielles : 1° abri contre les vents continentaux, grâce à un amphithéâtre de collines et de montagnes orienté en plein midi et n'offrant aucune solution de continuité; 2° absence de tout torrent dont le lit habituellement à sec et échauffé par le soleil puisse être la cause d'un courant d'air incessant; 3° possibilité de placer les malades, suivant les indications, soit au bord même de la mer, soit assez loin du rivage pour les mettre hors des atteintes île la brise ».
La température moyenne de l'année est de 16°,^ ; automne 18°, hiver (décembre, janvier, février,) 9°, 6 ; pour janvier, le mois le plus froid, 8°,9 ; printemps 13°, 8 ; été 2<i°,2. La température maxima ne dépasse guère 32°. Le thermomètre ! sscend rarement au-dessous de zéro.
On compte pour les six mois de novembre à avril, 103 jours de temps serein, 60jours nuageux, 18 de temps couvert, 70 jours pluvieux. La pluie tombe par fortes averses, après lesquelles le le ciel redevient serein. On n'observe jamais de brouillard. L'hygromètre os ille, de novembre en avril, entre 57 (mars) et 69 janvier).
Les vents dominants sont : le S.-E., l'E. et le N.-E.Le N.-O., mistral, souille assez rarement et, sauf en mars, il est relativement faible.
Le climat de Cannes, moins excitant que celui de Nice, l'est assez néanmoins pour ne pas convenir aux malades chez qui l'éréthisme nerveux est constant ou se produit facilement. En revanche il est très favorable à ceux qui ne doivent pas craindre l'air marin et dont la constitution a besoin d'être stimulée. Dans les cas où la contre-indication n'est pas formelle, on
placer les malades sur des points de la station où l'influence de la mer se fait sentir moins que sur la plage, et le village du Oaimet. situé à 3 kil. au N. de Cannes, présente à cet égard des conditions excellentes.
Hyères est la plus méridionale de nos stations d'hiver sur les côtes de Provence. Située à 5 kil. de la mer, elle n'en subit que peu l'influence. Il y fait un peu plus chaud que sur les autres points de la côte fréquentés par les malades; l'air y est pur, sec et tonique, moins excitant qu'à Nice, mais assez pour ne point convenir aux personnes nerveuses et dont la constitution n'a pas besoin de stimulant. « L'air d'Hyères, dit Carrière, est le plus sec de tous les points méditerranéens, les vents y sont moins excitants et moins âpres qu'à Nice; la pluie y est moins froide et moins fréquente, aussi les poitrines délicates y sont moins impressionnées ».
La moyenne annuelle de la température est de 15°, 1. En 30 ans (1810-1840) le thermomètre est descendu 23 fois audessous de zéro, dans les mois de décembre, de janvier ou de février, dont une fois (11 janvier 1811) à — 11°, 9, une fois (30 décembre 1837) à — 6°, 3, deux fois (janvier 1814 et 1815) à — 5°, 9. En décembre, janvier et février 1863, janvier et février 1864, les oscillations thermométriques de 8 h. du matin à 2 h. ont été un peu moins étendues qu'à Nice, mais plus qu'à Menton. La moyenne des jours de pluie est, suivant les uns, de 40 pour l'année, suivant d'autres de 45, pour les mois d'octobre en avril ; il ne pleut presque pas en été. La neige tombe une fois ou deux chaque année, mais il est très rare qu'elle persiste un jour. Abritée des vents du N., du N.-E. et du S.-O., la ville ne l'est pas contre le mistral qui souffle en moyenne 10 à 11 jours par an, quelquefois assez faiblement, parfois avec violence, et oblige les malades à garder la chambre. Les autres vents sont moins redoutables par leur influence sur la température que par la poussière qu'ils soulèvent.
Amélie-les-Bains, station thermale des plus importantes, située à 243 met. d'altitude, au S.-E. du Canigou, est choisie comme séjour d'hiver par un assez grand nombre de malades.