FRANCE. — EAUX-BONNES
monte par une pente assez raidc à l'établissement thermal, et de quelques rues nouvelles, qui forment au S. et au N. E. de la Grande-Rue les quartiers neufs de l'Eglise, de la rue des Guides, de la rue de la Cascade et d'Orteig. Quand on entre aux Eaux-Bonnes, on a sur la g.
une ligne de maisons et d'hôtels, et, sur la dr., un espace assez vaste planté d'arbres, appelé le jardin anglais ou Darralde, et au-dessous duquel passe la Sourde canalisée. Au S., on aperçoit à travers les arbres une rangée d'hôtels neufs adossés à la montagne.
Au delà du jardin Darralde, la rue est bordée des deux côtés de maisons ou plutôt d'hôtels, jusqu'à l'établissement et à l'église. Au delà encore, tout un nouveau quartier s'est élevé récemment dans la vallée de la Sourde. En 1806, il n'y avait aux Eaux-Bonnes que des maison^ de bois. Depuis cette époque s'élèvent chaque année, souvent à la place des rochers que la mine a fait sauter, des constructions plus ou moins élégantes.
Les Eaux-Bonnes ont deux établissements thermaux.
Le Grand Etablissement contient 20 baignoires, des salles de pulvérisation, de gargarismes, de bains de pieds et une buvette, le tout alimenté par la source Vieille.
L'établissement d'Orlech ou Orteig, gracieux édifice, construit au bord du Valentin, bien aménagé et renfermant une buvette, 8 baignoires et une installation pour douches d'eau pulvérisée.
Une buvette, alimentée par la source Froide et abritée sous un kiosque, est située près deïhospice , maintenant consacré aux écoles.
On trouve de plus aux Eaux- Bonnes un établissement hydrothérapique, installé sur la rive droite du Valentin.
Promenades. — Le jardin Darralde, ombragé de grands arbres et embelli par des massifs de fleurs, est le principal rendez-vous des promeneurs et des guides. — Deux sentiers montent à la Promenade Gr amont qui conduit jusqu'à l'un des premiers plateaux du Gourzy (belle vue) . — Mentionnons encore :
la Promenade Jacqueminot , qui monte à travers une belle forêt de sapins ; — le Kiosque, petit pavillon bâti sur une hauteur rocheuse et boisée qui domine la gorge de la Sourde; — la Promenade Eynard, taillée sur les pemes boisées qui dominent la rive g. du Valentin; — la Promenade Horizontale qui contourne le flanc de la montagne de Gourzy et doit, quand elle sera terminée, rejoindre la route des Eaux-Chaudes; — h promenade de la Montagne Verte (I h. des Eaux- Bonnes au sommet) ; — les Cascades formées par le Valentin. — Parmi les buts d'excursions plus éloignés nous citerons (10 h. env., aller et retour), l'ascension du Pic de Ger (2613 met. ; beau et vaste panorama); — (6 kil.) le Lac d'Artousle, entouré de toutes parts de rochers élevés; — (8 kil.) les Eaux- Chaudes (F. ce mot), où conduit un omnibus plusieurs fois par jour (1 fr. 10 c. par place); — (19 kil.) la Grotte d'Izesle; — ('ine forte journée) ; l'ascension du Pic du Midi d'Ossau (2885 met.), l'une des plus agréables promenades qu'on puisse faire aux environs des Eaux- Bonnes; de cette cime on découvre un panorama presque aussi beau que celui du Pic du Midi.
les eaux. — Eau thermale ou froide, sulfurée sodique.
Connue depuis le commencement du seizième siècle.
Émergence : du calcaire, non loin du point d'affleurement des ephites.
Cinq sources : Source Vieille, source Nouvelle, source i'En-bas, source d'Ortech, source Froide.
Débit en 24 heures : Source Vieille et source d'Ortech 452 hectol. (Cazenave) La Compagnie fermière estime le débit tolal des sources à 900 hectol.
Température : Source Vieille, 32°; source Nouvelle, 31°; source d'En-bas, 28°; source d'Ortech, 22°; source Froide. 12°.
Caractères particuliers : Eau limpide, onctueuse au toucher, à odeur hépatique. On se lait rapidement à cette odeur, et le goût même de l'eau n'est pas désagréable.
Service médical •• Un médecin inspecteur, un inspecteur adjoint, nombreux médecins consultants.
Situation : 748 mètres au-dessus de la mer.
Climat : Doux, assez constant pendant la belle saison, atmosphère habituellement calme.
Saison : D j 1" juin au 1er octobre.
Action physiologique et thérapeutique : Les Eaux-Bonnes agissent en stimulant les fonctions des muqueuses et de la peau, elles sont excitantes du systèuje nerveux et de la circulation, enfin elles sont reconstituantes. Sous leur influence l'appétit s'accroît et les sécrétions de la muqueuse bronchique éprouvent des modifications heureuses. Ces eaux deviennent diurétiques à la dose d'un demi-litre, dose minime pour d'autres eaux, mais assez élevée pour celles-ci que l'on a signalées depuis longtemps comme devant être employées avec prudence et surveillées dans leurs effets. Le traitement interne est aujourd'hui beaucoup plus en usage que l'externe, qui jaùs était presque seul employé. Célèbres alors sous le nom d'eaux d'arquebusades, comme guérissant les plaies, et quoique pouvant être fort utiles dans certaines formes des maladies de la peau, dans les manifestations lymphatiques ou scrofuleuses, en un mot, dans la plupart des indications communes aux eaux sulfurei.ses, les Eaux-Bonnes ne sont guèie employées maintenant que contre les maladies des voies respiratoires. On comprend dès lors que le traitement externe soit peu usité. Parmi les affections des voies aériennes, celle qui amène le plus de malades, pour ne pas dire presque tous les malades, à cette station, c'est la phthisie, et, de toutes les ea x justement préconisées à ce point de vue, aucune ne compt plus de> succès. Il s'en faut de beaued p pourtant que tous les phthisiques puissent être envoyés aux Eaux -Bennes avec des chances égales daméli" ration dans leur état et même sans risques d'aggravation.
La phthisie est une indication des Eaux-Bonnes lorsqu'elle revêt la forme torpide, chez vn sujet lymphatique, faible, à fibre molle et peu excitable; lorsque le mal, encore obscur, ne se trahit pas par des