FRANGE. — PLOMBIÈRES
natée. M. Lefort a proposé de les classer à part, comme sulfatées et silicatées.
Connues dus l'époque romaine.
Émergence : du terrain primitif. M. Jutier a signalé un filon de spath fluor intercalé dans le granité porphyroïde que traversent les sources.
Vingt-huit sources réparties en 4 groupes : 1" sources Nationales : source du Robinet Humain, source Stanislas, source Vauquclin; 2" sources de l'aqueduc du Thalweg, désignées par numéros d'ordre de 1 à 8, plus la source Mougeol et la source du Puisard; 3° sources de la galerie des Savonneuses, désignées par numéros de 1 à 5 ; 4" sources isolées : source des Capucins, source des Dames, source du Crucifix, source Millier, source Simon, source Lambinet, source du Trottoir, source Fournie, source Dizot, source Ferrugineuse ou Bourdeille.
Débit en 24 heures : Sources sulfatées 7300 hectol.; source ferrugineuse 90 hectol.
Température : Sources isolées : de 11°,45 (source Bizot) à 50°,7 (source des Dames); sources Savonneuses : de 15° (n° 1) à 59°,5 (n° 5) ; sources du Thalweg : de 27°,7 (n° 8, filet n° 3) à 47°,7 (n° 6) et 64» (n° 5); sources Nationales : en 1861, de 67°, 2 (Robinet Romain) à 68°,4 (source Yauquelin). M. Lefort donne comme moyennes : source la plus froide 11°,45, source la plus chaude 69°,63.
Caractères particuliers : Eau limpide, inodore, incolore, d'une saveur qui n'est pas désagréable quand on la boit chaude ; l'eau savonneuse de la source Miiller est, comme son nom l'indique, onctueuse au toucher. Cette propriété, plus ou moins marquée dans les autres sources, tient à la glairine qu'elles contiennent et à la soude qui y domine, tandis qu'elles sont presque dépourvues de chaux. La source Ferrugineuse a une odeur et une saveur atramentaires.
Service médical : Un médecin inspecteur, un inspecteur adjoint.
Emploi: Boisson, bains de baignoires et de piscines, douches de tout genre, étuves.
Situation : 421 mètres au-dessus de la mer.
Climat de montagnes, chaleur vive au milieu du jour, matinées et soirées fraîches et brumeuses, orages fréquents.
Sais'm : du lô mai au 15 octobre.
Acti on physiologique et thérapeutique : Ces eaux, en boisson (sources du Crucifix et des Dames), sont excitantes des systèmes nerveux et sanguin, diuphoiétiques, apéritives, diurétiques, déterminant ordinairement la constipation au début du traitement, difficilement supportées par quelques personnes et plus facilement digérées par les unes à leur plus haute température, par d'autres quand elles sont refroidies. L'embarras gastrique et les prodromes de la fièvre thermale se montrent souvent après les premiers jours.
La source ferrugineuse agit ordinairement comme laxative, différant en ce point seulement de ses congénères pour les effets physiologiques.
Employées extérieurement, les eaux de Plombières sont excitantes et agissent secondairement comme sédatives. On a remarqué qu'en bain prolongé pendant une heure et demie à deux heures, elles ralentissent la circulation et causent de la pesanteur de tête en même temps qu'une dépression marquée des forces musculaires. C'est à peu près l'effet d'un bain semblable dans de l'eau ordinaire. L'usage des eaux de Plombières détermine quelquefois des éruptions analogues à celles de la poussée. Leur action hyposthénisante a été rapportée par M. Lhéritier à l'arsenic qu'elles contiennent, en quantité bien minime cependant. Cette action paraît être leur propriété spéciale, et c'est par là qu'elles réussissent contre les affections très-diverses qui relèvent de cette station.
Le rhumatisme est une de leurs indications principales. Lorsque l'état aigu n'a pas complètement cédé, que les douleurs persistent encore, avec Féréthisme, les bains gradués comme température et comme durée, suivant les indications, ramènent le calme et permettent d'arriver aux bains plus chauds et plus longs, à la douche et à l'étuve. A l'état chronique, ces derniers moyens sont généralement employés dès le début, avec la prudence nécessaire. Les hémiplégies, suites d'hémonhagies cérébrales, les paraplégies causées par une affection de la moelle, sont traitées avec succès à Plombières, surtout quand elles ne sont pas de date récente. Dans les paralysies rhumatismales, le résultat est meilleur encore et plus assuré. Certaines dermatoses, comme le psoriasis et l'eczéma relèvent aussi de Plombières dont les eaux assouplissent la peau, facilitent l'exhalation cutanée, font cesser l'eréthisme et le prurit qui l'entretient, agissent enfin sur la cause rhumatismale quand la maladie cutanée s'y rattache. On s'accorde généralement sur les résultats heureux que ces eaux procurent dans certaines affections du tube digestif, notamment la dyspepsie et la diarrhée chronique. M. Lhéritier les a signalées comme très-efficaces dans les fièvres d'accès rebelles, en attribuant leur action dans cette affection comme dans toutes les autres à l'arsenic qu'elles contiennent. Elles donnent d'excellents résultats dans les hypertrophies hépatiques et spléniques d'origine paludéennne; dans certaines hépatites contre lesquelles les eaux bicarbonatées fortes n'ont pas réussi ; dans les désordres consécutifs à de grands traumatisâtes. Enfin on obtient ici comme à Néris le soulagement et souvent la guérison dans le catarrhe utérin avec ou sans déplacement de l'organe.
Sans méconnaître les effets thérapeutiques de l'arsenic, on peut douter qu'une dose infiniment petite de ce métal suffise à expliquer l'action des eaux de Plombières. Ne vaudrait-il pas mieux renoncer pour ces eaux, comme pour d'autres non moins importantes, celles de Néris par exemple, à une explication qui ne peut être justifiée quant à présent.
En 1862, MM. Jutier et Lefort avaient signalé dans les eaux de Plombières des traces de fluor, déjà indiquées avec réserve par MM. Henry et Lhéritier. Peu après, Nicklès établit d'une manière certaine la pré-
FRANCK. — PLOIMIJIKHES.
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Je ce corps, et M. Jutier reconnut un filon de spath fluor dans une rocLe traversée par les sources.
Analyse (Lefort, 1862).