FRANCE. — VICHY
augmente, mais les forces diminuent et la dépression est presque toujours sensible à la tin du traitement.
Les eaux de la seconde classe doivent nu fer d'être toniques et analeptiques en même temps qu'elles agissent comme alcalines. On ne voit pas se produire sous leur influence la dépression des forces, elles ont du reste des effets analogues à ceux des autres sources comme eaux résolutives, et contribuent singulièrement à la richesse thérapeutique de cette station minérale par leurs propriétés spéciales. Tel malade qui ne pourrait sans danger être soumis à l'usage de la Grande-Grille ou de l'hôpital, guérit promptement sous l'influence d'une des sources ferrugineuses, employée seule ou associée à des bains d'eau non ferrugineuse. Le traitement est presque toujours à la fois interne et externe. Les bains stimulent énergiquement la peau et, au début, les fonctions en général; de même que l'eau en boisson, ils rendent l'urine alcaline, augmentent la transpiration, ralentissent la circulation, tout en disposant à la congestion cérèorale, et contribuent à l'action résolutive et dépressive qui se manifeste à la fin du traitement. Ces divers effets sont faciles à modérer dans leur marche par une direction méthodique. Ils sont d'ailleurs assez peu marqués en général, et ce qui doit surtout attirer l'attention, dit M. Durand-Fardel, c'est « qu'il est inutile, pour les résultats définitifs du traitement, que des phénomènes physiologiques extérieurs se manifestent; que plus l'action physiologique du traitement est insensible, mieux on doit augurer de son action curative ».
En résumé, l'usage exclusif des eaux non ferrugineuses de Vichy est généralement contre-indiqué che/. les malades à constitution très-lymphatique, anémiques ou profondément débilité?, tandis que ces eaux conviennent parfaitement aux sujets robustes et pléthoriques, à ceux qui peuvent, impunément ou même avec avantage, perdre quelque chose de leurs forces. Isolément ou associées, les différentes sources donnent les résultats les plus remarquables et les plus heureux.
Parmi leurs nombreuses indications figurent en première ligne les maladies de l'estomac et surtout la dyspepsie simple, non accompagnée de douleurs ni d'état saburral. La dyspepsie douloureuse ou gastralgie est une contre-indication aux eaux de Vichy, sauf quand elle se présente par accès, avec intermittences bien marquées. Alors, au contraire, les eaux de Vichy réussissent presque toujours, à la condition d'être données seulement dans la période d'intermission. Elles sont également indiquées dans la dyspepsie intestinale avec point douloureux et diarrhée glaireuse, ainsi que dans la dysenterie chronique des pays chauds. Pour les autres formes de l'entéralgie et, généralement, pour les maladies de l'intestin, le succès est plus douteux. Les affections du foie, coliques hépatiques, gravelle biliaire, hépatite chronique, engorgements consécutifs à l'hépatite aiguë ou à la fièvre intermittente, sont autant d'indications spéciales à Vichy. Mais c'est quand l'état aigu a cédé complètement qu'on peut conseiller ces eaux; le malade doit savoir aussi que souvent l'efficacité du traitement ne se montre qu'après la saison
minérale. L'eau de la Grande-Grille est celle qui s'emploie le plus contre les maladies du foie.
Dans la gravelle urique et les coliques néphrétiques, les eaux de Vichy agissent sur la diathèse même, et le succès est la règle générale. Chez certains malades trop excitables ou quand les coliques sont trèsrapprochées, des eaux moins fortes doivent être préférées. — La goutte aiguë mais régulière peut trouver à Vichy un amendement notable, toutefois le traitement hydro-minéral est ici palliatif et non curatif dans le sens absolu. C'est en dehors des attaques et jamais pendant leur durée qu'il doit être appliqué, toujours avec beauco ip de prudence et de ménagement; il est formellement contre-indiqué dans la goutte irrégulière avec tendance métastatique.
« Les eaux de Vichy, dit M. Durand-Fardel n'offrent au diabète qu'un traitement palliatif mais qui s'adresse directement aux caractères les plus essentiels de la maladie, et qui vient seconder à un très-haut degré les ressources imparfaites de l'hygiène et de la thérapeutique. Cette action des eaux de Vichy, si incomplète qu'elle soit, est cependant assez formelle pour qu'on place leur usage parmi les indications les plus constantes du traitement du diabète. »
La chlorose et l'anémie ne relèvent pas directement de Vichy, mais les sources ferrugineuses de cette station peuvent rendre de grands services dans la dyspepsie et d'autres troubles fonctionnels, quand ils sont causés par l'anémie. La cachexie paludéenne, les engorgements du foie ou de la rate et les autres accidents qu'elle détermine sont également traités avec le plus grand succès par l'usage de ces eaux.
Les eaux de Vichy se transportent en quantité considérable.
Analyse (Bouquet, 1835).
GRANnE- PUITS PUITS