DE PARIS À SCHINZNACH PAR BELFORT ET BÂLE
De Paris à Schinznach par Troyes, Belfort, Mulhouse, Bàle et Brugg, 587 kil. — Chemin de fer de l'Est, chemins de fer allemands et suisses.
3 conv. par jour. Train express en 14 h. 46 min. Train semi-direct en 20 h. ir' cl. 70 fr. 05 c; 2e cl. 52 fr. 35 c.
De la station aux Bains, env. 1 kilom. Service de voitures.
Les Bains de Schinznach ou
de Habsbourg, sont situés au pied du Wùlpelsberg, sur la rive dr. de l'Aare. Le village de Schinznach (1167 hab.) est sur la rive g. La station du chemin de fer est à michemin entre les bains et le village.
Les bains de Schinznach comptent parmi les plus fréquentés de la Suisse. L'Établissement thermal se compose d'un vaste édifice demicirculaire, formant les nouveaux bains et qui se relie à un grand bâtiment de date plus ancienne.
L'ensemble de ces constructions renferme une vaste salle qui sert de promenoir par le mauvais temps, une salle à manger de grande étendue, des salons de conversation, des salles de concert, de bal, de jeux, etc.; enfin des chambres destinées au logement des baigneurs et comprenant 450 lits. Les anciens bains sont divisés en deux parties, dont une est consacrée aux indigents.
L'installation balnéaire comprend 120 cabinets de bains ou de douches et 200 baignoires. Les baignoires, doublées en carreaux de
faïence, sont assez grandes pour que deux ou trois personnes puissent y tenir à l'aise. Ce sont en réalité de petites piscines. Deux robinets les alimentent d'eau minérale à sa température naturelle ou chauffée à la vapeur. Les appareils pour douches de toutes sortes répondent aux exigences actuelles de la science.
Promenades. Outre le jardin de l'établissement, un petit bois attenant offre une promenade agréable.
On visite surtout le château de Habsbourg, berceau de la maison d'Autriche, bâti au xie siècle, à 514 met., sur le Wùlpelsberg. Il se composait de trois corps de bâtiments, dont il ne reste qu'une seule tour carrée, adossée à un édifice d'une forme irrégulière et d'une enceinte peu considérable. Les murailles de la tour, qui est restée debout ont 3 met. d'épaisseur. Du sommet, on embrasse d'un seul coup d'œil la vallée de l'Aare, c'està-dire tout l'ancien patrimoine de la maison d'Autriche ; mais la vue s'étend bien au delà sur le cours des trois rivières qui vont se réunir au-dessous de Brugg, — l'Aare, la Reuss et la Limmat ; — sur la Vindonissa romaine et l'abbaye de Kœnigsfelden ; au S., sur les ruines du château de Brunegg, au-dessous duquel est le v. de Birr, où mourut et fut enterré Pestalozzi; enfin sur une grande partie de la chaîne des Alpes, depuis le Glarnisch jusqu'au Stockhorn.
A 4 kil. de Schinzbach, au pied du Wùlpelsberg, se trouve )Vil-
SUISSE. — SCHINZNACH. R31
degg, petit village dominé par le château du même nom, et qui possède une source minérale émergeant d'un puits artésien foré en 1838. Il n'y a pas d'établissement
thermal à Wildegg et cette eau n'est pas utilisée sui place, mais elle se transporte et on l'emploie souvent à Schinznach, comme adjuvant du traitement.
schinznach. — i.es eaux. — Eau thermale, sulfurée calcique.
Connue depuis 1658, exploitée depuis 1694.
Émergence : D'une roche calcaire, dans le voisinage de massifs de trias et au milieu d'un terrain où l'on rencontre essentiellement le muschelkalk, des gypses, les formations jurassiques, la mollasse et le nagelfluh. L'eau sort de plusieurs ouvertures de la roche en jets qui diffèrent sous le rapport de la température et de la teneur en soufre.
Une source formée par la réunion de ces différents jets, est reçue dans un réservoir en bois.
Débit en 24 heures : 2808 hectol.
Densité : 1 ,0022 à 1,0024 (Lôwig, Bolley et Schweizer), 1,0021 (Grandeau).
Température : Variable suivant les saisons et plus élevée en hiver qu'en été. De 1844 à 1866, différents observateurs l'ont trouvée de 33°,75 à 34°,70 en janvier; 34°,75 en mars; 34°,8 à 36 en novembre; 34°,7 en décembre; 28°, 5 en août et septembre. — La proportion d'acide sulfhydrique contenu dans l'eau paraît être en rapport avec sa températurc; pour 1 litre d'eau : à 34°,7, 0er,09145;à 28°,5, 0sr,05145 ou0«',0558.
Caractères particuliers : Eau limpide en tout temps, légèrement verdàtre sous un petit volume, vert de mer, en masse plus grande, à sa température naturelle, et bleu d'outremer quand elle a été chauffée; dégageant beaucoup de petites bulles de gaz; forte odeur d'aeide suifhydrique, goût sulfureux prononcé, un peu amer, salé. Exposée à l'air elle se trouble et se couvre d'une pellicule; elle se trouble aussi dans les bouteilles, sous l'influence du peu d'air qu'elles contiennent, et dépose quelques flocons imperceptibles; en 24 ou 48 heures elle redevient limpide. Elle revêt les parois des réservoirs d'une couche de soufre sublimé et dépose dans les chaudières un sédiment terreux.
Emploi : Boisson, bains, douches, pulvérisation. Souvent on associe l'usage de l'eau de Wildegg à celui de l'eau sulfureuse.
Situation : 350 met. au-dessus de la mer.
Climat salubre, assez doux; les jours de pluie sont rares.
Saison: Du 15 mai au 30 septembre.
Action physiologique et thérapeutique : C'est principalement au soufre que l'eau de Schinznach doit ses propriétés. Elle est à cet égard des plus riches et des plus puissantes. Excitante et résolutive, elle agit fortement sur la peau et sur les muqueuses; aussi doit-elle être employée avec précaution. Elle détermine presque toujours, chez les baigneurs, le phénomène de la poussée, sous une forme érythémateuse plutôt que pustuleuse. Souvent aussi elle cause une conjonctivite qui paraît due à l'action des vapeurs sulfureuses sur la muqueuse oculaire.
Une fièvre très-modérée accompagne quelquefois ces phénomènes qui généralement cèdent au bout de quelques jours. Autrefois on buvait l'eau de Schinznach à très-forte dose, on prenait les bains très-prolongés, comme à Louèche; ces errements ont fait place, depuis une vingtaine d'années, à un traitement plus doux et plus rationnel. Cette eau excite la circulation et le système nerveux, elle cause la sécheresse de la gorge avec surabondance de salivation ; bue à dose modérée elle augmente l'appétit et facilite la digestion ; à dose très-forte elle est mal supportée par l'estomac dont elle trouble les fonctions ; elle est diurétique et aphrodisiaque.
Les maladies de la peau sont l'indication principale de l'eau de Schinznach, qui donne d'excellents résultats dans les dermatoses de forme humide et même dans le lichen, le pityriasis et les autres affections sèches. Les diverses manifestations du lymphatisme et de la scrofule, engorgements ganglionnaires, accidents superficiels de la peau et des muqueuses laryngo-pharyngienne, nasale, oculaire, arthrites, maladies des os, etc., sont également traitées avec beaucoup de succès à cette station minérale, ainsi que l'intoxication métallique. On obtient des résultats moins complets dans le catarrhe des voies aériennes. Quant aux maladies des voies urinaires, elles contre-indiquent généralement l'usage de l'eau de Schinznach qui doit être absolument interdit dans l'éréthysme nerveux, aux pléthoriques et dans la tuberculose à tous les degrés.
Analyse (Grandeau, 1866).
Eau, 1 litre.
Sulfate de chaux 1«', 091
— de magnésie 0, 120
Chlorure de sodium 0, 585
— de potassium 0, 086
Carbonate de chaux 0, 250
Alumine 0, 010
Acide silicique 0, 011
Sesquioxyde de fer 0, 005
Sulfure de calcium 0, 008
Gaz acide carb. libre et combiné. . . 90cc-,8 — — sullhydrique 37, 8
wildegg. — les eaux. — Eau froide, chlorurée sodique.
Connue depuis 1838.
Emergence : A 4 kil. de la source de Schinznach, d'un puits artésien d'environ 250 met. de profondeur, dans le calcaire jurassique, la marne et la mollasse.
Une source.
SUISSE. — VVILDEGG. 633
Débit en 24 heures : environ 1 heclol.
Densité : 1,012.
Température : 12°,4, à la surface du sol.
Caractères particuliers : Eau limpide, incolore, à odeur d'eau de mer, à saveur très-amère, très-salée et désagréable (Rotureau).
Emploi : En boisson.
Situation: 350 met. au-dessus de la mer.
Action physiologique et thérapeutique : Eau très-active, tonique et reconstituante; purgative à la dose de 1/2 verre à 2 verres, elle constipe quand on n'en boit que 1/4 de verre à 1/2 verre, en doses fractionnées. Cette eau, riche en chlorure sodique et notablement iodurée, trouve des indications spéciales dans la diathèse strumeuse et s'emploie souvent à Schinznach comme adjuvant du traitement externe par l'eau sulfureuse.
Analyse (Laué).
Eau, 1 litre.
Iodure de sodium Or, 0283
Bromure de sodium 0, 0308
Chlorure de sodium 10, 4475
— de potassium 0, 0052
— de calcium 0, 2565
— de magnésium 1, 6233
— d'ammonium 0, 0064
— de strontium 0, 0199
Sulfate de chaux 1 , 8454
Nitrate de soude 0, 0420
Carbonate de chaux 0, 0760
— de fer 0, 0080
— de manganèse traces
Silice 0, 0040
Gaz acide carbonique 63c.c-
Bibliographie: J. J. Amsler; les Bains de Schinznach en Suisse, Lensbourg, 1854. — Notices cliniques relativement à l'action curative des eaux thermales de Schinznach, 1862. — Die Heilquellen zu Schinznach und Wildegg... Zurich, 1864, traduction française; Genève, 1865. — A Robert, Notice sur les eaux thermales sulfureuses de Schinznach; Strasbourg, 1865. — Grandeau, Recherches chimiques sur l'eau thermale sulfurée de Schinznach ; Paris, 1866.