DE PARIS À TARASP PAR BALE,COIRE ET PONTE
De Paris à Coire par Troyes, Belfort, Montreux-Vieux, Mulhouse, Bâle, Zurich et Sargans, 732 kil. — Chemin de fer. 3 conv. par jour. Trains express en 18 h. 15 min. Train semi-direct en 24 h. 45 min. lr* cl. 85 fr. 60 c; 2e cl.
De Coire d Ponte par Lenz, les bains d'Alveneu, Filisur, Bergùn et le col de l'Albula, 66 kil. — Boute de poste. Diligence tous les jours en été. Trajet en 11 h. 50 min. Coupé 20 fr.; intér. 16 fr. 65 c.
De Ponte aux bains de Tarasp par Zernetz, Sûss et Ardetz, 52 kil. — Boute de poste. Diligence tous les jours en été. Trajet en 4 h. 40 min.
Prix (de Samaden), coupé 16 n\ 40 c; intér. 12 fr.
On peut aller aussi de Coire à Tarasp par le col du Julier et Samaden.
Le trajet est aussi beau, mais un peu plus long et plus cher.
Les Bains de Tarasp ou de
Tarasp-Schuls sont situés sur la rive g. de l'Inn, entre le village de Tarasp, dominé par son vieux château, au S. O., et le bourg de Schuls, en roman Scuol, au N. E.
Les thermes occupent l'emplacement de l'ancienne ferme de Nairs, à 1 kil. en amont du confluent de l'Inn et de la Clemgia.
Le bourg de Schuls, divisé en haut Schuls et bas Schuls, est situé à '2 kil. de l'établissement de Tarasp, sur la rive g. de l'Inn; il possède aussi un établissement de bains, annexe de celui de Tarasp.
Sur la rive dr. de l'Inn, en face
et au S. des thermes de Tarasp, auxquels une bonne route le relie, est le hameau de Vulpera.
Au point de vue thermo-minéral, ces trois localités sont les parties solidaires d'un même groupe. Les sources jaillissent sur la rive dr.
ou la rive g. de l'Inn et près de Tarasp, de Schuls et de Vulpera.
Hôtels. — L'établissement de Tarasp loge un grand nombre de baigneurs. — A Schuls : Ancien et nouveau Belvédère, la Poste, à Porta, Kœnz, Helvelia, Adler, etc.
— A Vulpera : Bellevue, Steiner, Alpenrose, Vanoss, Tell, Conradin, etc.
V Etablissement ou Curhaus de Tarasp est un vaste édifice mesurant en façade 260 met. sur 18 met.
de hauteur et composé d'un corps de bâtiment central et de deux ailes. L'aile dr. renferme une vaste salle à manger, richement décorée et ornée d'un plafond à caissons en bois de pin cembro. Au rez-dechaussée du bâtiment central sont les salons de conversation, de lecture, de jeux, un café, etc. L'aile g.
contient 56 cabinets de bains avec baignoires en bois, et 2 cabinets de douches, répartis en deux divisions, l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Enfin sur la terrasse qui borde l'Inn, un promenoir long de 90 met., et servant à la fois de salle de concert et de bazar, conduit à la buvette, grande rotonde surmontée d'une coupole et dont l'architecture est un peu lourde.
L'établissement renferme 166 cham-
SUISSE. — TARASP.
bres ou salons destinés au logement des baigneurs et peut recevoir 275 personnes, dont 50 dans une élégante villa située à l'Est du jardin des thermes. Ce jardin s'étend entre les bains et l'Inn ; c'est une jolie promenade avec de grandes allées, de beaux groupes d'arbres et un jet d'eau de 15 mètres de hauteur.
L'Etablissement thermal de Schuls renferme 20 cabinets de bains et 2 cabinets de douches.
Promenades et excursions. — Les environs de Tarasp sont renommés pour leur beauté et peu de bains, môme en Suisse, offrent de plus belles promenades à leurs hôtes et aux touristes. Une route en lacets mène à (15 min.), Vulpera hameau situé à 1275 met. d'altitude et formé en grande partie d'hôtels.
De là, traversant la gorge de la Clemgia puis l'Inn, on peut gagner Schuls, d'où plusieurs routes con-
duisent à l'établissement de Tarasp. On visite aussi (45 min.) le village de Tarasp, au-dessus duquel, près d'un petit lac et sur un rocher à pic, s'élève le château du même nom, belle vue sur les environs; — (1 h. 30.) le Kreuzberg, très-belle vue; — (2 h.) la ferme (ÏAvrona; — (2 h. 30 min.) le Schwarz-See, belle vue sur le Piz Linard ; — (2 h. 30min.) la Muotla- Naluns, ascension facile ; le Piz Glua (2400 met.), d'où l'on découvre une vue étendue ; — (4 h.) le Piz Chiampatsch (2923 met.), où l'on peut aller à cheval, beau panorama; — (5 à 6 h.) le Piz Lischan (3103 met.) sentier jusqu'au sommet; vue magnifique; — (6 h.) le Piz Minschun (3001 met.); — (7 h.) le Piz Foraz (3094 met.); — (8 h.) le Piz Saint- Ion (3042 met.) ; -, (8 h.) le Piz Pîsoc (3178 met.), etc.
les eaux. — Eau froide, chlorurée sodique bicarbonatée, ou ferrugineuse bicarbonatée, ou sulfurée sodique, ferrugineuse.
Connues et utilisées dès le xvi« siècle.
Emergence : Du schiste désigné par les géologues sous le nom de schiste des Grisons (Bundner Schiefer). Les sources sulfureuses du Val Plafna émergent de rochers de serpentine.
Vingt-trois sources émergent dans un rayon de quatre à cinq kilomètres et forment trois groupes différents par leur minéralisation. Les principales sont, sur la rive dr. de l'Inn : Grosse ou Luciusquelle, grande source ou source de Saint-Lucius; Kleinc ou Emeriiaquélle, petite source ou source de Sainte-Emérita ; Bonifaciusquelle, source Saint- Boniface; (Jarolaquelle, source de Charlotte; source sulfureuse du Val Plafna (non utilisée) ; — sur la rive g. : Ursusquelle, source de Saint- Ours; Neue Badequelle, source nouvelle des Bains; Campcllquelle ou Fontana da Wy} source Campell ou de Wy; Florinus ou Suotsassquelle, source de Saint-Florin ou de Suotsass; source sulfureuse du Val Dragun ou de Chialzina (non utilisée). Les 13 autres sources, de nature ferrugineuse, ne sont pas utilisées.
Outre les sources minérales, il existe aux environs un certain nombre de mofettes dégageant un mélange d'acide carbonique, d'azote et d'acide sulfhydrique.
Débit en 24 heures : Sainte-Emerita, 170 hectol.; Saint-Ours
134 hectol.; Saint-Lucius, 126 hectol.; la source nouvelle des bains débite une quantité d'eau plus considérable que la source Saint-Ours, mais non déterminée. Le débit des autres sources paraît n'avoir pas été jaugé.
Densité: Varie suivant les sources de l,00'i33l, Saint-Ours, à 1,012380, Sainte-Emérita (Husemann).
Température : Carola, 6°; Saint-Lucius et Sainte-Emérita, 6°, 2; Saint- Boniface,7°,5; Saint-Ours, 8°,1; Campell, 8°,75; Saint-Florin, 9°,3.
Caractères particuliers: Saint-Lucius, eau limpide, incolore, pétillant dans le verre dont les parois se revêtent de bulles de gaz, à saveur piquante avec arrière-goût amer et salé, d'autant plus marqué que l'eau a perdu plus de gaz ; exposée à l'air, elle dépose un précipité de carbonates terreux. Les sources Sainte-Emerita et Saint-Ours présentent à peu près les mêmes caractères. Les sources de "Wy, de Saint- Florin, de Charlotte et de Saint -Boniface se distinguent par un goût frais, agréable mais plus ou moins styptique, elles forment dans les bouteilles un léger dépôt ferrugineux; enfin l'eau des sources suifureuses est limpide, incolore et d'une odeur hépatique très-prononcée.
Emploi : Boisson, bains, douches.
Situation : L'établissement à 1221 met., Vulpera à 1275 met., Unter- Schuls à 1210 met.
Climat assez rude, température moyenne des mois de juillet et d'août 16°, variations brusques et fréquentes, matinées et soirées fraîches, air sec et tonique mais avec une àpreté qui ne convient pas aux constitutions nerveuses.
Saison : Du 1er juin au 30 septembre.
Action physiologique et thérapeutique : L'eau des sources chlorurées est laxative à la dose d'un verre de 25 centilitres; elle constipe au contraire à la dose de 10 à 12 centilitres. Elle est diurétique; facilement supportée par l'estomac, elle en active les fonctions, augmente l'appétit, relève les forces et agit comme résolutive, tonique et reconstituante, sans déterminer trop d'excitation. Les bains aident notablement au succès du traitement interne.
Les sources ferrugineuses sont diurétiques, excitantes des fonctions en général et ne causent pas la constipation comme d'autres eaux analogues. — Les sources sulfureuses sont très-peu excitantes, elles agissent doucement sur les organes digestifs sans produire ni relâchement du ventre ni constipation
La dyspepsie atonique, l'état congestif, l'obésité, l'engorgement et l'hypertrophie du foie, ainsi que la plupart des troubles que ces causes [amènent dans les fonctions digeslives; la constipation opiniâtre, la congestion hémorrhoïdaire et l'ensemble des accidents qui constituent la pléthore abdominale des Allemands; la gravelle hépatique ou rénale, la prédisposition à la goutte, enfin les engorgements du foie et de la rate dans la cachexie paludéenne sont des indications formelles à l'usage des eaux chlorurées de Tarasp. Ces eaux ont également des résultats excellents dans les diverses manifestations du lymphatisme et de la scrofule, notamment dans les engorgements ganglionnaires du jeune
SUISSE. — TAHASP.
âge, et dans certaines affections de la peau, comme l'eczéma quand il tient à la cachexie strumeuse.
Les sources ferrugineuses réussissent parfaitement dans la chlorose, l'anémie et les troubles si variés qui procèdent d'une hématose insuffisante, dans l'affaiblissement général suite d'excès, de certaines hémorrhagies ou de maladies graves; elles doivent à leur teneur en chlorure et en sulfate sodiques de laisser le ventre libre, et constituent un médicament complexe dont on obtient des effets que les eaux uniquement ferrugineuses sont souvent impuissantes à produire.
Les sources sulfureuses, qui contiennent une proportion notable de fer, sont indiquées dans la plupart des dermatoses, de forme humide surtout, et dans les maladies des voies respiratoires ou digestives qui procèdent de l'herpétisme. Très-peu excitantes, au contraire de la plupart de leurs congénères, ces eaux peuvent être employées dans les affections où l'on pourrait craindre de rappeler trop vivement l'état aigu.
La station minérale de Tarasp a le grand avantage de posséder des eaux qui, différentes dans leurs principes et dans leurs indications spéciales, peuvent se compléter mutuellement comme action thérapeutique.
Analyse (de Planta, 1858, Husemann, 1874).
SOURCE
SAINT-