‹ Les baisers: comedie en 1 acte et en proseChapitre 22 sur 29 · SCÈNE XVIH · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIH

suis le neveu de monsieur Rémy, ce neveu dont Antoine t'a parlé quelquefois. C'est moi qui, pendant que mon oncle était à Versailles, jouais les rôles de lutin et de docteur.

JEANNETTK.

Ah ! haîi ! ah î bah !

CHARLES

Tu as SOUS les yeux un homme amoureux de ta maîtresse, et qui veut qu'ellelui appartienne. Elle est riche, je n'ai rien, mais ce sont des détails dont l'amour ne se préoccupe pas... elle doit m'aimer, je l'aime !

Monsieur, ce n'est pas une raison...

CHARLES

C'est la meilleure : elle m'aimera... Est-ce que je ne suis pas bien tourné î Est-ce qu'il y a quelque chose h reprendre à ma personne?

JEANNETTE

Je ne dis pas... non, maintenant...

CHARLES

Elle m'aimera, je l'ai deviné dans son air, car j'ai causé avec elle toul-à-rheure; elle a fait semblant de me prendre pour mon oncle rajeuni... elle m'a mystiOé, elle me doit une réparation, n'est-ce pas? Elle me la donnera; il me la faut, je la veux.

JEANNETTE

Quelle animation ! quelle chaleur !

CHARLES

Qui n'a pas aimé hier, aimera demain, a dit un ancien.., elle m'aimera demain... Ne vois-tu pas que la maîtresse s'ennuie, elle laisse évaporer sa beaux jours... l'imprudente ! Elle en ignore la pétillante ivresse.

JEANNETTE

Ce garçon -là a du vin de Champagne dans les veines. [On entend sonner la grosse cloche de la porte de l'hôtel,)

CHARLES

Mon oncle ! je reconnais sa manière de sonner, que devenir !

Voilà l'ivresse qui passe.

CHARLES

Ta maîtresse ?... (A Jeannette,) Attention ! il y va de ton mariage avec Jean-Pierre.

JEANNETTE

Vous savez.

CHARLES

Je sais tout.

JEANNETTE

Ce n'est plus un lutin, mais le diable en personne. SCÈlNE XIX.

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