‹ Les baleiniers, voyage aux terres antipodiques;Chapitre 21 sur 22 · II. lo · texte numérisé non relu

II. lo

COMMIS VOYAGEUR EN CANARDS Èf DENTISTE

Mais revenons à la table du fermier de îeo-netopo. '«^ Henoque, qui est à ma gauche, continue à plaisanter sur le nombre treize^ et Ton rit de ses plaisanteries ; mol seul, je ne ris pas ; la gaieté de mon ami me fait mal, il me semble qu'il goQaille aux dépens de son avenir; j'essaye vainement de donner un autre cours à sa faconde joyeuse, et, de guerre lasse, je me rabats sur mon voisin de droite.

Ce voisin, robuste et bloi^d gentleman tasmanien d'une trentaine d'années, était un spécimen splendide de ce monde anglais des Nouvelles-Galles du Sud,

oh revivent, au xnc* siècle, lei& typet ûepx&t léngtemps p^dUB de la vieille rate saxonne.

L'Anglo-Saion d'outre^Manche, vulgarisé p» le crayon des caricaturistes, est, sauf exception, tellement d^énéré, tellement étriqué, qu^on pourrait croire que ses aptitudes kidustrlelles et commerciales ne se sont développées q;u^au détrhnent de ses or> ganes. L'Anglo-Saxon australien, lui, est charpenié comme devait Têtre notre premlef pfere Adam; il s'est régénéré SUT celte terre vierge, dont Tatmosphère est sans souillure, et où un semis d'hommes nouv^ux promet pour Vavenir une suite de générations puls« santés par la force et par Tintelligence.

Cependant on n'avait exproprié lessâuvâges habitants de ces contrées que pour y déporter le fumier, les scories, les déjections de !a Grande-Ërelagne, et l'ivraie aurait dû germer là où Hvraie avait été jet5è; mais, n'en déplaise à certains économistes, la déportation non politique et l'émigration volontaire, obligatoire, agissent comme le feu : elles purifient 1

On mVvait présenté ce voisin de table comme

étant un personnage de haute science, et je compris, après quelques mots échangés entre nous, que j'avais affaire à un commis voyageur en histoire naturelle.

Le British-Museum envoie ses mandataires par tout l'univers. Des sociétés scientifiques, de riches particuliers font aussi voyager à leurs frais, et Londres, Edimbourg et Dublin accaparent tout ce qu'on découvre de rare sous le soleil.

Ce naturaliste profitait alors de l'hospitalité de H. Deen pour collectionner les canards indigènes de Tavaï-Pounamou. Un lord (j'ai oublié son nom), grand propriétaire d'Ecosse, qui voulait établir dans sa ferme modèle une basse-cour normale de canards, entretenait, dans les cinq parties du monde, des agents chargés de recueillir un double exemplaire, l'un mort, l'autre vivant, de toutes les espèces, de toutes les familles, de toutes les variétés de canards, connues et inconnues.

Le Tasmanien, très-fort en ornithologie, parlait un peu français, et j'aimais mieux l'écouter que de causer avec les autres convives. Il m'énuraéra ses tra-

vaux et me dit avoir exécuté Je périple entier de l'Australie et celui de la Nouvelle-Zélande, qu'il achevait à cette dernière station, toujours en voyageant pour la partie des canards. 11 avait déjà expédié à son lord d^Ëcosse plusieurs caisses et plusieurs cages de palmipèdes empaillés et vivants, et il comptait rendre bientôt visite au capitaine Jay, pour s'informer combien coûtait le fret de VAsia. Je l'aurais eu pour compagnon de route, s'il m'eût été permis de quitter le port Cooper trois jours auparavant, car il revenait aujourd'hui même d'une excursion au lac du Jade vert.

Je lui demandai s'il avait pu se procurer des échantillons de l'oiseau sans ailes, de l'aptéryx, qui est en petit ce que furent en grand les dinomis du temps jadis ; ces dinomis, grands comme quatre fois les plus grandes autruches d'Afrique, c'est-à-dire ayant au moins huit mètres de hauteur prise sur le dos, quatorze ou seize mètres des pattes au sommet de la tête, le cou tendu; vingt-cinq autres mètres de long depuis l'extrémité du bec jusqu'au croupion, et né-

cessairomeatuQQ oiroonféreaoe proportiormeUei Ah t le bel oiseau t Mai& il ne volait pas.,. ]Nk)tre apter;i& conteioporaiu ne vole pas non plus ; il egt jnaachot comme Fantassin, notre aimable pingouin que vous ccuanaisse?;. Le créateur de toutes choses s'est dispensé de lui donner les fecuUés complètes du volatile, puisqu'il n'en a pas besoin pour rechercher sa nourriture. Son bec long et pointu, véritable instru-» ment de bécasse, lui permet d'extirper les vers du fond de la vase des lacs qu'il fréquente. Il est gro$ comme une oie, et son plumage est roux ; les conservateurs des musées d'Europe en faisaient jadis grand cas» à cause de sa rareté, Dumont-d'UrviUe acheta un seul individu de cette espèce au prix de trois cents francs. Mon naturaliste répondit dédaigneusement que, Tapteryx n'étant pas un canard, il n'avait pas k s'en occuper.

Ce personnage, dont quelques veiTes de porto avaient délié la langue, se leva tout à coup de table et disparut comme une ombre. Les autres convives parlaient commerce, Évangile et politique ; l'ennui

me prit ; je sortis de la salle et me mis à errer sur le préau devant la ferme. Une grange illuminée attira mon attention. Je voyais le foyer petilkar à travws la porte. J'entrai par curiosité et pour me chauffer» et je fus agréablement surpris de ti'ouver là mon Tasmanien. Cette grange servait ordinairement d'atelier le jour et de lieu de veillée le soir.

Mon naturaliste paraissait très occupé. Une douzaine de femmes et d'enfants et trois ou quatre hommes avaient déserté le foyer et entouraient le Tasmanien, qui se tenait penché vers un Mahouri assis sur une souche. D'instant en instant, le Tasmanien se redressait et montrait aux sauvages un objet qu'il tenait délicatement entre le pouce et l'index; et les sauvages riaient et criaient : < Kapaï ! kapaï ! » Curieux de connaître ce qui se passait dans le groupe, je m'approchai. Un paquet d'étoupes flamboyant dans une grande coquille de moule pleine d'huile éclairait la sctoe. Et que vis-je alors, grand Dieul Je vous le donne à deviner en cent, en mille et en cent mille. — Je vis le naturaliste qui arrachait une dent à un Ma-

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liourl assis devant lui, puis une seconde dent, pois une troisième, une quatrième, une dnqmème, une sixième, enfin toutes les canines et les încîâTes de la mâchoire supérieure... et l'on aurait dit que FaiTmcheur de dents opérait sur un cadavre, tant le Mahouri, la tête rejetée en arrière et la ixNidie baveose de sang, gardait stoïquement une immoUlité sikocieuse. Ah i il était bi^ digne de m<Mitrer, âsdé dans la peau de sa jBgure, un épais tatouage, symbde de courage et de résignation dans la douleur, odui qui, san» trahir ses souffrances, supportait un pareil martyre.

Après lui, un autre Hahouri prit place sur la sellette, et ses dents tombèrent; puis vint le tour d'un troisikne, auquel succédèrent quelques femmes.

— Ahl me dîsais-je, ils ont donc tous les dents gâtées I Je croyais cependant leur avoir tu une magnifique dentition !

Le bourreau, comme s'il n'eût pas été las d'extirper tant de canines et d'incisives, essupit ûnpitoyal)lement scm davier et qm^ait encore du r^ard de

nouvelles victimes; mais, voyant bientôt que nul patient ne se détachait du groupe, il enfouit dans un petit sac de peau sa récolte et se prépara à quitter la grange, me laissant tout ébahi et fort indigné.

Évidemment, ces Mahouris ne se faisaient pas travailler ainsi la mâchoire par suite de carie; — pourquoi donc alors? Était-ce par plaisir? singulière jouissance ! ou bien par coquetterie ? — Non ; les plus beaux hommes et les plus belles femmes, le grand monde, Taristocratie d'Oéteta, du port Olive et d'Akaroa, etc., etc., ne se font pas brèche-dents pour obéir à la mode.

Et lui, le naturaliste dentiste, pourquoi opérait-il

sans nécessité, sans urgence ? Était-ce dans le but de

se faire la main, de s'entretenir le coup d*œil, et de

parvenir aux extrêmes limites de la prestesse et de

l'habileté? Non, non, car alors il ferait fi des dents

qu'il vient d'arracher et les abandonnerait là où elles

tombent, tandis qu'au contraire il les recueille avec

sollicitude et les compte avant de les emporter.

Mon confrère de l'Angélina^ s'il n'était pas de- II. 15.

meuTé à tosler avec les autres convives, me donnerait peut-être le mot de cette énigme.

Et J'allais aller le lui demander quand mon tayo s'élança au milieu du cercle, et, arrêtant le Tasmanien, qui partait, ouvrit démesurément la bouche et lui montra un magnifique clavier de dents plus blanches que l'ivoire le plus blanc.

Mon étonnement redoubla. Lui aussi, le tayo, qui croquait si lestement une galette de biscuit sans la faire d'abord ramollir dans l'eau, il voulait désarmer ses maxillaires. Ah i quelle rage de dents les a tous pris, les malheureux I Les a-t-il donc ensorcelés, cet homme aux canards? Que leur donne- t-il, que leur promet-il en échange des douleurs qu'ils endurent et de la dévastation de leur bouche?

Le marché ne se conclut pas sans longues discussions entre l'Anglais et le tayo. Ce dernier débattait ses intérêts comme un bas Normand débattrait les siens. Je ne comprenais pas un mot de leur dialogue; mais, à leurs gestes, je devinais que lemotifprincipal de cette polémique était la fixation du prix de chaque

4i^nt. L'un offiait tant; Tautre demandait tant« Si Tacheteur consentait à une hausse de prix^ le vendeur rognait de ses prétentions, mais peu, bien peu, très peu,.. Des deux côtés il y eut des concessions^ et on finit par s'entendre : l'Anglais, toutefois, ayant monté beaucoup plus que ne descendit le Mahourl,

Je n'avais plus aucun doute sur la nature de cet honnête trafic. Il se faisait ici une traite d'un autre genre que la traite de l'ivoire d'éléphant à la côte d'Afrique. Une traite d'ivoire humain !

Le dentiste, prêt à opérer, appuyait donc sa large main sur l'épaule du tayo pour le faire asseoir devant lui et lui entr'ouvrait déjà les lèvres, du pouce de la main gauche, quand le tayo, subitement atteint d'un accès de méfiance, se redressa, se dégagea des griffes du Tasmanien, et exigea que le prix de ses dents lui fût compté à l'avance.

Le Tasmanien refusa d'abord de payer par anticipation, alléguant qu'il solderait ce nouveau client le lendemain matin , en même temps que ses autres compatriotes. Mais le tayo tint bon, et invoqua mon

témoignage pour prouver que, dès le lendemain avant le point du jour, il quitterait la ferme avec moi. Il &]lait donc aller lui chercher ce qu'il exigeait avec tant d*opiniàtretë, car il avait de si belles dents, que le racoleur se fût bien donné de garde de laisser échapper une telle aubaine.

Je fus alors témoin d'une scène où Tenfant de la nature en remontra à l'homme de la civilisation.

Le tayo vendait ses dents pour une certaine quantité de poudre de chasse; une écaille d'huître dix fois plr^lne do poudre lui serait livrée en échange de chaque dont.

L'Anglais apporta donc dans la grange un petit baril do poudre, et commença à mesurer les quantités convenues. Le tayo suivait tous ses mouvements d'un œil avide et scrutateur, et lui arrêtait le bras chaque fois qu'après avoir rempli Técaille de poudre, il voulait la verser dans la calebasse du Mahouri ; le tayo y faisait ajouter encore de la poudre, et passât ))ur-dessus un petit morceau de bois à l'instar des mosureurs de froment.

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Une fois les dix premières écailles pleines, acceptées, l'Anglais, sans doute pour se venger du peu de confiance qu'on lui témoignait, déclara qu'avant de continuer à livrer sa marchandise, il voulait arracher une dent.

Le tayo se trouva pris. Son adversaire avait raison, il le sentait. . . Aussi, après un instant de réflexion pour découvrir quelques moyens dilatoires, vint-il s'asseoir piteusement sur la fatale sellette. Et j'entendis le fer du davier crépiter le long de ses dents... C'en était fait, elles allaient tomber... et tomber lentement une à une. Mais, inspiration soudaine I le sauvage se relevé tout à coup, repousse l'Anglais, et, souriant comme sourit un plaideur qui vient de découvrir une fin de non-recevoir, saisit une pincée de la poudre qui était livrée comme poudre de chasse, étend cette pincée dans le creux de sa main, et en examine attentivement la granulation, en se rapprochant sans trembler du foyer d'étoupes qui éclaire la grange; puis, s' éloignant du feu, il souffle fortement avec sa bouche sur cette poudre qui s'envole, et, pre-

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nant une pose majestueuse d'indignation, s'avance en face de l'Anglais et hii montre une grande tacbe noire qui remplit le creux de sa main, tandis qoe la poudre n'y est plus.

Gela voulait dire qu'on leur vendait de la poudre à canon qu'on avait écrasée pour lui donner l'apparence de la poudre de chasse.

Un cri d'indignation retentit dans le groupe de& Mahoims, et les femmes, comme des furies, s'élancèrent vers le Tasmanien, qui battit en retraite et s'esquiva, poursuivi par leurs clameurs. Le tayo gesticulait, pérorait et semblait les convoquer à la vengeance. Mais ils n'étaient ici que trois ou quatre hommes, et n'auraient pas eu beau jeu' en attaquant la colonie,

M, Deen, prévenu par le fuyard, intervint aussitôt et harangua les mécontents. Il fit et dit si bien qu'ils se calmèrent, et regardèrent comme erreur ce qui était vraiment une fraude. Un domestique euro* péen se dévoua et encourut publiquement les reproches de son maître pour s'être trompé en prenant

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dam h magasin un baril de poudre à canon au lieu d'un baril de poudre de chasse.

L.es Mahouris ont appris à leurs dépens à connaî-^ tre la qualité des poudres, et, comme vient de le démontrer le tayo, ils ont une pierre de touche. Si la poudre est de bonne qualité, sises granules, quoique très-fines, sont entières, elle ne macule pas le creusa de la main, et un souffle la balaya tout entière. Le contraire a lieu si Ton expérimente avec de la poudre à canon, dont les gros grains ont été écrasés sur une feuille de papier, à l'aide d'une bouteille faisant cylindre, méthode que j'employais souvent moi-même quand les munitions me manquaient.

Gomme ils sont changeants et inconstants, comme ils passent facilement des larmes aux rires, de l'extrême méfiance à l'extrême confiance, ces grands en^ fants de Mahouris !

Le dentiste, qui ne se rebutait pas pour si peu, apparut de nouveau parmi eux, mais cette fois-ci avec un baril de poudre véritablement poudre de chasse. Et le tayo, après avoir échangé sa première livrai-

son contre une nouvelle, reprit place sur la souche.

La cupidité de l'acheteur et du vendeur me causèrent alors un tel dégoût, que je résolus de m'opposer à ce commerce. J'avais pris le tayo à mes gages; je l'avais enrôlé vigoureux, bien portant et jouissant de toutes ses facultés; j'étais donc en droit d'exiger qu'il remplît ses engagements sans qu'il lui fût permis de se défaire^ volontairement de tel ou tel moyen d'action. Or, perdant ses dents, il perdait la faculté à^ se nourrir de nos vivres pendant cette excursion; car nos vivres, vous le savez, étaient durs et diificiles à mâcher, et, en ne se nourrissant pas suffisamment, il ne pouvait résister aux fatigues d'un long voyage à travers les montagnes. Que ferions-nous ensuite sans guide? Et puis ne risquait-il pas d'être attaqué, dès demain matin, d'une énorme fluxion qu'il aurait, du reste, bien méritée, mais qui ne faisait pas notre compte, puisque nous n'aurions pu continuer notre route.

— Tayo, je veux que tu gardes toutes tes dents, m'écriai-je en m'avançant sur lui, Et vous, mou-

sieur, dis-je à l'Anglais, épargnez, je vous prie, la mâchoire de ce pauvre diable.

Le tayo, qui ne comprenait pas mes paroles, comprenait fort bien ma pantomime, et répliqua par un signe qu'il avait plus grand besoin de poudre que de ses dents pour vivre. Et l'Anglais répondit gravement qu'il ne violentait pas cet homme, que cet homme avait son libre arbitre que nous devions respecter, et qu'il allait opérer, puisque cet homme demandait l'opération.

Je calculai aussitôt que mes tentatives ne seraient couronnées de succès que si j'offrais au tayo une surenchère du prix de ses dents.

— Tayo, si tu veux garder tes dents, je te donne ta pleine calebasse de poudre fine, de la vraie poudre de la république française... le veux-tu? Voyons, lève-toi, et songes-y bien, tu auras, à notre retour, à bord de VAsia^ ta grande calebasse, oui, ta grande calebasse toute pleine de poudre... Et je te promets, en plus, de te laisser charger dix fois ton fusil avec ma poudre.

Le sauvage hésita, sourit, puis se leva, s'éloigna de TAnglais quand il vit que je levais la main droite en signe de serment.

— Monsieur, dit l'Anglais vexé, ce que vous faîtes n'est pas cordial; vous' ignorez, sans doute, qu'outre la mission de naturaliste qui m'est confiée, j'ai aussi mandat de recueillir des dents pour le compte de la maison \^ils and Son's de Régent street, le plug célèbre physicien dentiste de la Grande-Bretague. j

— Eh f que m'importent vos dentistes physiciens de Régent street? Puisque vous invoquiez tout à l'heure le libre arbitre de ce Mahouri pour lui arracher ses dents, moi, je l'invoque à mon toiir pour qu'il les conserve.

Mon confrère et deux ou trois autres personnes, qui avaient suivi M. Deen dans la grange, au moment où il était venu calmer la colère des Mahouris, s'iu- I terposèrent entre le Tasmanien et moi, et, grâce k

leurs bons offices, il n'y eut pas pour le moment de concours ouvert entre la boxe et la savate.

On croira peut-être que ce que je viens de racon-

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