‹ Les ballonsChapitre 26 sur 110 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

qu'il n'a pu tenir, on n'a pas encore beaucoup de confiance en lui ; cependant on lui a permis d'ouvrir une souscription à 3 livres le billet, et les amateurs pourront aisément voir le mécanisrhe de sa machine à commencer du 6 de ce mois, h

Plus loin, page 4 37, on trouve encore :

« L'expérience de M. Blanchard est décidément fixée au mardi 2 ttiors. Elle aura lieu dans le Champ-de-Mars , et toutes les précautions sont prises pour établir le bon ordre et maintenir la libre circulation des voitures, de manière à empêcher les accidents.

C'est Dom Pech , religieux bénédictin de Saint-Martindes-Champs, physicien estimé et enthousiaste des ballons, qui doit monter et Voguer aveô M. Blanchard. Suivant lé bruit général, il paraît que ce religieux a eu beaucoup de peine à obtenir la permission de ses supérieurs, et l'Église en général voit aven inquiétude un de ses enfants concourir à cette œuvre diabolique, puisqu'elle tendrait à anéantir les miracles les plus extraordinaires, tels que l'ascènsion de Jésus-Christ , etc.

Au reste, Dom Pech est un petit homme maigre, fluet, qui fera bien le pendant de M. Blanchard. »

Et eriflh , à la date du 5 mars :

« Hier, M. Blanchard , jaloux de tenir sa parole envers lè publié, même quant à l'heure, se disposait à parlir à midi, et il élait déjà embarqué aVec Dont Pech, lorsqu'un élève de 1 École-Militaire, nommé Dupont de Chambon (on attribue faussement ce fait à Napoléon, qui s'en défendit plus tard), qui avait fait avec ses camarades le pari de monter dans le bateau volant, a réalisé les extravagances qu'on a racontées de Lyon en pareil cas. 11 s'est précipité dans la gondole, l'épée nue à la main, et a voulu partir avec ces messieurs. Furieux d'être rejeté, il a brisé le parasol, les ailes, et les a

laissés hors de service ; il a même blessé à la main M. Blanchard; il a fallu l'arrêter et le conduire en prison.

Dom Pech, voyant alors qu'il devenait inutile, puisque le voyage ne pourrait s'exécuter que suivant la méthode de M. Charles, est redescendu ; M. Blanchard, resté seul, n'en est pas moins parti vers midi, et, à l'aide de son seul gouvernail, a fait réellement des évolutions, est allé et revenu, il a passé et repassé la rivière, et a même navigué contre le vent. Il est descendu vers deux heures sur le chemin de Versailles, près la verrerie de Sèvres, à très-peu de distance de la Seine. On ne peut rendre tout ce que la jalousie et l'envie ont débité à ce sujet, pour affaiblir le mérite de M. Blanchard et atténuer son expérience, dans son imperfection préférable encore à celle de M. Charles , puisqu'il a montré un moyen de direction et fait faire un pas de plus à la science de la navigation aérienne.

On estime qu'il a été, dans son ascension , porté à environ 2,000 toises. D'après ce calcul, c'est de tous les aérostats le sien qui s'est élevé le plus haut; c'est à cette grande élévation que les jaloux de ce mécanicien attribuent la variété de sa marche en sens contraire. Ils prétendent qu'il ne faut nullement l'attribuer à son art , mais à la diversité des courants d'air qu'il a rencontrés , dont il a été obligé de suivre, malgré lui, les directions; de là les quatre mauvais vers suivants, pour l'intelligence desquels il faut savoir aussi que sur la banderole de sa machine était cette devise tirée de Virgile : Sic itur ad astra.

Au Champ-de-Mars il s'envola , Au champ voisin il resta là, Beaucoup d'argent il ramassa.

Messieurs, Sic itur ad cuira.

Ces gens, qui prétendaient que Blanchard avait pris pour des effets de direction le ballottement imprimé à son aé-

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