‹ Les ballonsChapitre 38 sur 110 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

d'une carte sur laquelle les rumbs étaient tracés, qu'il devait nous porter sur Bourg-en-Bresse. Les deux flèches du plan joint à ce procès-verbal, indiquent sa direction nord -nord-ouest.

Nous étions chargés de cent livres de lest, trente à l'avant, soixante-dix à l'arrière de la gondole, de deux bouteilles pleines d'eau pour prendre de l'air, des provisions, des habits pour nous défendre du froid, etc., le tout pesant environ vingt-cinq livres, non compris les instruments.

L'abaissement du mercure dans le baromètre était à peine sensible, que la dilatation était déj^ considérable. Nous vîmes le ballop très-arrondi, et une légère vapeur autour de l'appendice nous annonçait que le ga? comr mençait à s'échapper par la soupape d'assurance placée à son extrémité ; nous l'aidâmes à s'ouvrir en tirant la ficelle qui descendait jusqu'à la gondole; le fluide en sortit avec tant de rapidité que nous nous déterminâmes à faire jouer la soupape supérieure; le gaz en sortit avec un, sifflement que nous prîmes d'abord pour le bruit d'une chute d'eau. C'est ainsi que nous en avons constamment usé, vidant d'abord la soupape du bas, pour juger de la nécessité d'ouvrir celle de dessus, et cela afin de ménager la force d'ascension, et de ne pas nous exposer à voir crever le ballon. La dilatation par la chaleur du soleil, ef la continuité de l'écoulement du gaz par la soupape supérieure, fît juger que le ballon s'était ouvert en cetle partie. Nous devons à la bonté de nos soupapes, et à l'atiention continuelle que nous y portions, d'avoir évité ce danger; mais on verra aussi que cette distraction fréquente a beaucoup nui à nos projets de direction en donnant lp temps au vent, quelque faible qu'il fût, de gagner sur nous.

Pour faire connaître jusqu'à quel point nous avons

réussi dans cette entreprise, nous n'avons pas trouvé d'autre moyen que de tracer sur la carte la ligne que nous avons suivie, en indiquant les villages, les bois, les chemins sur lesquels nous avons passé , qu'il nous était facile de reconnaître n'étant pas fort élevés, que nous nous sommes môme fait nommer quelquefois par les habitants, et distinguant avec soin les espaces dans lesquels nous avons manœuvré, et ceux où nous avons été gouvernés par le vent.

Ayant suffisamment fait jouer les soupapes pour nous tranquilliser sur l'effet de la dilatation, nous observâmes que le vent nous avait portés de A, point de départ, en I, du côté du parc B. Le baromètre n'était descendu qu'à 26 pouces 4 lignes. Nous résolûmes d'essayer les manœuvres à la vue de toute la ville, et de là tourner de l'est au nord ; nous reconnûmes avec plaisir qu'elles produisaient leur effet : le gouvernail déplaçait l'arrière et portait le cap du côté que nous désirions , en changeant chaque fais la direction d'environ 3 à 4 degrés sur la boussole , ce qui fut estime très-exacte™ est par M. de Virly sur une boussole portant un second cercle divisé en heures et quarts d'heure. Le déplacement se trouva de deux divisions ou d'un 96«.

Les rames jouant d'un seul côté, appuyaient le gouvernail et hâtaient le déplacement ; jouant ensemble , elles faisaient aller en avant. Nous parcourûmes ainsi l'espace de à à 2, laissant Crommoy à peu de distance de notre gauche, le vent nous rejetant sensiblement sur l'est. Nous restâmes là quelque temps stationnaires, ouvrant de temps en temps la soupape , et les flammes pendant à l'avant nous ayant fait connaître que l'air était plus calme, nous portâmes 6ur Pouilly, et nous en fûmes ai pou détournés que nous passâmes entre le parc E et le ha-

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