‹ Les ballons pendant le siége:Chapitre 3 sur 4 · HO · texte numérisé non relu

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Mais jamais aéronaute, qui connaissait son arl, n'a dû recevoir un projectile dans son aérostat. Les balles, les bombes, les artifices n'étaient à craindre que pour les descentes forcées ou les ascensions rasantes.

Il n'en est point de Taéronaute comme du marin, qui, malgré tous les vaisseaux cuirassés du monde, n'a pu trouver le moyen de se mettre à Tabri des plus grosses pièces de terre.

Zlésnltat's scientifiques des ascensions du siège.

Ces résultats n'ont point été aussi noml)reux qu'on aurait pu l'espérer, si l'on avait pris quelques mesures barométriques et thermométriques très-simples. Mais les commissions scientifiques, improvisées sous l'Empire, ne comprenaient point que le seul moyen de rendre les ascensions utiles, était de s'adresser à des savants, à des physiciens, pour guider les aérostats dans les airs. Cependant on a pu recueillir quelques résultats curieux sur la viteëse moyenne des voyages. Le maximum a été de 132 kilomètres à l'heure. Quatre expériences ont donné des vitesses supérieures à 80 kilomètres. Les grandes vitesses

Les Ballons de la Commune.

Le pouvoir parasite qui sMntroduisit à rhôtel de ville à la suite de terribles malentendus, devait avoir ses ballons et ses aéronautes comme le Gouvernement de la Défense nationale. Une compagnie fat organisée à la fin du mois d'avril, sous prétexte de préparer des ascensions captives. On lança des ballons de papier portant des proclamations qu'un ressort faisait successivement tomber, et que Taérostat à Taide d'un mouvement d'horlogerie semait tout le long de sa trajectoire; ce procédé était analogue à une disposition qui avait été indiquée au Gouvernement de la Défense, et qu'on avait eu le tort de négliger. Car on aurait pu

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de la sorte répandre sur tonte la soHace de la France, les nonvelles de Paris, les proclamations palriotiqnes. Des bommes à courte vue, inspirés pent-êlre par des sentiments hostiles, s'opposèrent à rexécotion de ce système, sous prétexte que Pennemi pourrait s'emparer des messages?

La Commune réalisa cette inventioD d'une façon assez imparfaite, mais elle obtint quelques résultats qoi eussent été sérieux, si sa cause eut été moins déplorablement mauvaise.

Enhardie par de premiers résultats partiels, la Commune avait, dit-on, formé le projet de mettre en l'air une flotilie aérienne chargée de matières inflammables, et destinée à brûler Versailles. Mais cette opération plus compliquée aurait nécessité une précision dont les agents d'un pouvoir désordonné étaient profondément incapables.

La flottille aérienne resta à Tétat de projet. La Commune ne sut même pas accoucher d'une tentative avortée comme

celle des Autrichiens qui cherchèrent i incendier et à bombarder la ville de Venise !

Lorsque nous lûmes dans VO/ficiel des communards, le décret établissant la compagnie d*aéronautes, nous nous trouvions à Lille. Nous écrivêmes à VIndépendance belge une lettre que publia ce journal et dans laquelle nous dénoncions les véritables projets des conspirateurs : « Ne croyez pas, disions-nous, que les membres de la Commune sinquiétent le moins da monde d'observer les mouvements militaires des Versaillais ; s'ils gonflent des baîlons, c'est afin de pouvoir se dérober au châtiment qui les attend, comme le ht Robert Macaire ; mais quelque aveugle que soit le peuple de Paris, il ne Test point assez pour ne pas comprendre le véritable mobile de ces fuyards. Aussi la Commune ne pourra pas gonfler ses ballons, les lâches qui voudraient s'envoler seront retenus par la garde nationale elle-même !

Nous avions été excellent prophète.

Dans les derniers jours de la Commune, une tentative d'ascension eut lieu à l'usine de la Villette. Mais les obus et les boulets des Versai liais tuèrent ou blessèrent plusieurs des gardes nationaux qui avaient la simplicité de tenir les cordes.

Les aéronautes se réfugièrent du côté de Saint-Mandé, et gonflèrent le ballon dans lequel devait partir un nommé Parisel, membre du Comité de salut public, qui voulait profiter d'un bon vent frais, marchant vers l'Est, pour aller chercher son salut particulier en Allemagne. Pour mieux veiller à son salut privé, ce membre du Comité de salut public, avait cru devoir couper la barbe opulente dont son menton démocratique était orné dans les circonstances moins solennelles. Cette précaution le perdit. Car un bataillon de la garde nationale fédérée, qui passait par là, voyant le membre de la Commune tout frais rasé, -ne voulut point croire au projet d\nscensions captives. On fit dégonfler le ballon, et la Commune expi-

rante rendit, bien malgré elle, un décret déclarant qu'il n'y aurait plas d^ascensioas captives.

Mais les lâches conspirateurs qui | avaient trompé si odieusement nos braves compatriotes, avaient malheureusement plus d'une porte pour fuir. Les Prussiens, leurs bons amis les Prussiens, étaient là pour les recevoir à bras ouverts.

xvn.

Les Ballons et le Goavernement anglais.

Le gouvernement anglais sentit le besoin de s'occuper des aérostats, et Ton chargea deux officiers, appartenant au service militaire scientifique, de diriger quelques expériences qui eurent, à ce que Ton m'a dit, lieu à Chatam. En quoi consistèrentelles? C'est ce que je ne saurais dire, quoique j'aie été plusieurs fois au Wor- Office\ et je crois que les chefs de bureau du Wor-Offîce n'en savaient pas plus long que moi à cet égard. Quand je partis pour Lille, j'écrivis de nouveau au gouvernement britannique, qui envoya, en effet, un officier distingué, colonel dans Tarmée active, pour inspecter la station. Mais on s'était si peu pressé, qu'il y avait déjà quatre mois qu'on n'y faisait plus d'expériences. Cependant, cet officier vint me

trouver à Paris et je lui expliquai mes plans pour rétablissement d'un service aéronautique complet. Cet officier, dont je demanderai la permission de taire le nom, me déclara qu'il allait faire un rapport entièrement favorable à mes propositions, mais que, suivant son opinion, il n'y serait donné aucune suite. En effet, le gouvernement britannique ne veut point entrer dans la voie des armements. Il est décidé que les agrandissements de la Prusse ne peuvent en aucune façon alarmer TAngleterre, qui a sur le trône une famille allemande. On ne saurait faire une exception pour les ballons, qui ont en outre eu le tort de rendre service à la République française. Les ballons furent traités en suspects, au moins pendant toute ,1a durée de la guerre, peut-être parce que le duc d'Argyl, président de la Société aéronautique et ministre de Tlnde, est maintenant le beau-père de la princesse Louise, fille de * la reine d'Angleterre. Il fut impossible d'obtenir que la Société aéronautique tint

une seule séance, alors qu'nne idée heureuse, un appui, un conseil aurait pu permettre aéronautiquement de grandes choses !

Pour éviter de parler, la prudente Société omit de se réunir. Une période, qui aurait pu être féconde, fut changée en période d'engourdissement volontaire. L'opinion publique fut entretenue, surexcitée par quelques charlatans remplissant les journaux de projets chimériques ayant pour but de ravitailler Paris par air !

L'accueil magnifique que je reçus, m*a prouvé que, dans cette occasion comme dans bien d'autres, le gouvernement de M. Gladstone était bien loin de représenter l'Angleterre.

XAon.

Progrès dans Fart de la Navigation

aérienne i.

Les études auxquelles je me suis livré-

pendant quelques mois avec une activité

passionnée, m'ont permis de réaliser ou

de concevoir quelques améliorations dont

je demanderai la liberté d'entretenir le

lecteur. Je dirai, pour me faire pardonner

mon audace, qu'elles ont été accueillies

avec plaisir par l'Académie des sciences.

Je me suis aperça que les nuages

marchent en général dans la direction du

vent, comme les vagues de la mer ; on

dirait qu'ils sont composés d'une matière,

ramassée par le vent dans la substance

même de l'air.

La position de ces lignes permet donc de voir la route, par rapporta l'aiguille de boussole. Le nuage qui cache les objets terrestres peut devenir un signal aérien pour l'aéronaute !

La rotation du ballon est un obstacle dont il serait possible de se débarrasser à l'aide de la moindre hélice directrice ; car la force qui donne naissance au mouvement gératoire est souvent presque insensible. £n tout cas, il est facile de l'évaluer

en employant une sorte de cadran solaire horizontal, pourvu d*un limbe gradué, et portant au centre un style vertical, autour duquel, comme pivot, tourne une aiguille destinée à marquer les positions successives de Tombre.

Quand on aperçoit la terre, on a intérêt à déterminer rigoureusement la direction de la trajectoire et la vitesse de translation. Ces deux opérations peuvent s'exécuter avec un tube vertical renfermant un réticule mobile et ne portant même point de verres, si ce n'est un verre placé pour mieux marquer la position de l'œil.

Le baromètre ordinairement employé par les aéronautes est trop paresseux ; il est sujet à des caprices provenant de la multiplicité des rouages dont il est composé. Il fallait simplifier sa construction, le rendre plus régulier, plus sensible, sauf à sacrifier du diamètre. La netteté s'obtiendra à l'aide d'une graduation spéciale et d'une loupe.

La boussole et le thermomètre ont dû

également recevoir des dispositions spéciales, dans le détail desquelles il est impossible d'entrer sans figures.

Les aéronautes se servaient toujours de jumelles marines, dans lesquelles les objets sont redressés au grand préjudice de la netteté des images, de la pénétration, du grossissement et de la grandeur du champ.

J'ai eu ridée d'associer deux lunettes astronomiques, qui donneront un instrument très-commode, même à terre, pour les aéronautes, et je ne serais pas étonné qu'il fût assez puissant pour permettre de retrouver les satellites de Jupiter. Tous ces appareils figurent actuellement à l'Exposition universelle de Londres, dans la section française. Mais ils ne sont point de nature à réveiller le zèle des questions aéronautiques. Il ne faudrait rien moins qu'un troisième siège de Paris, pour les remettre à l'ordre du jour.

Des perfectionnements ont été apportés à la manière dont la soupape est construite, cimentée, vernissée, attachée au

ballon, dont Tancreest amarrée, à sa forme, à sa manœuvre ; l'orifice inférienr a été garni d'une soupape supplémentaire, ouverte d'une façon particulière.

Que resteraitril de tout cela ? du vent, du vent, pas même du gaz, si la France retombait sous le joug de quelque monarchie, de quelque empire. Il n'y a que les ballons républicains qui puissent se lancer audacieusement, courageusement dans les airs.

L'avenir des Ballons.

Nous avons dû laisser de côté, malgré nous, le récit d'un grand nombre de circonstances curieuses et intéressantes, que le public apprécierait certainement, si on les lui soumettait. Mais nous ne pouvons dépasser les bornes d'une publication populaire. C'est au peuple, au peuple seul, qu'il appartient d'arracher les ballons à

rinjuste oubli aaquel ils auraient été condamnés depuis bien des années, si le peuple n'avait toujours aimé les aéronautes.

Avant la guerre, nous avons écrit plusieurs volumes pour demander des réformes bien simples, bien nécessaires en matière de navigation aérienne. Nous n'avons rien pu obtenir. Nous avons échoué devant rhostilité des partisans du plus lourd que Fair, autant que devant rindifférence des hommes étrangers à toute idée de navigation aérienne, à Taide d'un procédé quelconque.

Nous avons été beaucoup plus heureux depuis la fin de la guerre ; quoique nous n'ayons rien encore obtenu d'essentiel, nous voyons se développer dans l'avenir de séduisantes perspectives. Nous pouvons entrevoir que l'appui de TAcadémie nous sera acquis pour une grande expédition, lors du prochain passage de l'essaim des étoiles de novembre. Mais en serait-il autrement , fussions-nous le clamons in

deserto, que notre voix ne cesserait jamais de se faire entendre.

Il faut au moins racheter Thonneur de notre âge, en soutenant avec énergie l'avenir d'une invention française, si éminemment française, essentiellement appelée à rendre tant de services, d'abord à la France, puis au monde entier.

Lorsque les siècles futurs nous donneront raison, nous confierons sans crainte nos remarques au verdict de l'humanité future. Un jour viendra où les ballons, dans lesquels le vulgaire ne voit qu'un jouet, rendront des services dont nul n'est à même de deviner l'importance ni même la nature ! Mais préparons-nous à lutter contre l'ignorance des gens qui ne savent que remuer de la terre, comme ce ridicule autocrate des plantations de Paris, qui refusa de déplacer un buisson pour permettre de construire le grand ballon captif à vapeur de M. Giifard.

En vente ohez tons le» libraires.

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