‹ Les Baluba (Congo Belge). Avec une préface de Cyr. van OverberghChapitre 57 sur 98 · Travail du bois · texte numérisé non relu

Travail du bois

Nos Baluba-hemba sont des sculpteurs de bois réputés. Avec les instruments des plus primitifs, ils parviennent à le tailler, je dirais presque avec art.

Une petite herminette plate, une herminette en becde-corbin, un couteau et une hache, voilà pour entailler. Des feuilles sèches à duvet rude, voilà de quoi polir : c'est leur papier à Fémeri.

Le sculpteur fait des assiettes, des tabourets, des oreillers, des cuillers, des linteaux, des manches de hache, des lances, des vases à boire, des porte-flèches, des bois de lits, des canots et des pirogues, etc. Les fétiches et les bâtons de chefs sont réservés en général à un sculpteur spécial le « Bwana mutumbo ».

Ces ouvrages prennent sous Therminette des sculpteurs Baluba un cachet artistique, dénotant le sens des proportions, je dirais presque le goût du beau. Les parties accessoires sont bien souvent sacrifiées à la partie principale. Le Maluba semble ne comprendre que cette partie. C'est ainsi qu'il mettra une tête démesurée (et cependant bien proportionnée en elle-même) sur un corps trop court, à peine ébauché.

Le bois employé le plus couramment est le « lisala » blanc et léger. Ils le travaillent fraîchement abattu. Voici d'ailleurs une série de bois qui peuvent servir à nos menuisiers :

Baluba. Congo, B. #, 58.

lia

Le kibarebare, bois rouge et dur qui n'est pas attaqué par les insectes, tels que « tarauds », etc. Sec, il se laisse bien travailler.

Le mutondo secrète un jus couleur de sang, moins dur que le précédent. Il y a le blanc, le brun et le rouge. Le second, appelé « Mutondo mukazi », c'est-à-dire mutondo femelle est le meilleur; puis vient le blanc. Il rappelle un peu le noyer, par sa couleur. Son fruit ressemble à une châtaigne entourée d'un disque plat.

Le kizolo ou arbre à fusil, comme disent les noirs ; bois pâle couleur de hêtre, avec des nodosités noires comme du charbon. Une variété appelée « Nfinzi », qui pousse sur les termitières est moins bon.

Le lungwa luholo est un peu attaqué par les insectes ; il convient mieux pour les poutrelles que pour planches.

Le kabamba rouge à petites feuilles, par opposition au pâle, à larges feuilles, secrète un jus couleur de sang. Exposé à l'air, il devient écarlate; quand il pleut, la pluie qui en découle est toute rouge. On dirait du bois de campêche. 11 est extrêmement dur; ce qui empêche de le raboter. 11 fait d'excellentes poutres à charpente.

Le mujutu^ de couleur blanche, est excellent. Léger, se laissant bien travailler, il n'est pas attaqué par les insectes.

Le paramusi ou mwabi; mêmes propriétés que le précédent. Il est très reconnaissable à son écorce toute blanche. n

Le tuntunrulu on kabangabanga ressemble au buis.

Le luhe est doux et onctueux, comme le buis dont il a la couleur et les qualités. Réduit en poudre, il sert à sécher les plaies.

Le mubangabanga est bon, mais il faut le travailler vert. C'est une sorte de teck.

P. Colle.

BALUBA

(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 59. — Cor dette.

Les Baluba font des cordes à la minute. Tout le monde masculin est cordier. Une fibre est placée en travers de la cuisse à côté d'une autre. De la main gauche on les tient par un bout, de la main droite on les fait rouler sur la cuisse; par le fait, elles se trouvent unies. On tord Tune fibre à l'autre à mesure qu'on avance, et de la sorte on obtient une ficelle aussi longue qu'on la désire, sans nœuds.

La matière employée est de toutes espèces de fibres et même de vulgaires écorces d'arbres trempées.

Ils font encore des cordes non tressées avec des écorces. Celles-ci sont mises à tremper, puis coupées en fines lanières et employées de suite.

P. Colle.

Baluba. Congo, B, /, jg

BALUBA

(Con^o.)

B. — Vie Matérielle.

é) Moyens d'existence, Métiers, Occupations.

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