‹ Les Baluba (Congo Belge) (volume 2)Chapitre 47 sur 59 · Commerce · texte numérisé non relu

Commerce

Les articles d'échange sont, en règle, les produits agricoles. Assurément, chacune des familles ou même chacun des individus au sein des femmes, récolte et emmagasine ce qui est nécessaire à la consommation normale. Mais le surplus, chacun en dispose et est porté à le vendre aux meilleures conditions possibles.

Ce sont les « débrouillards » ou les hommes à « femmes actives » qui réussissent à réaliser ces surplus destinés au commerce.

Assurément beaucoup dépend du sol et de ses ressources.

Ces produits agricoles et autres sont échangés contre des perles, des étoffes, etc. ; parfois c'est pour finir par se procurer un esclave ou une femrne; parfois aussi pour s'acquitter d'une dette.

Les articles les plus courus sont l'huile de sésame, le fer, le sel, le poisson sec. De toutes parts, les Baluba accourent aux salines de Kalamata (en amont de Kiambi) pour y faire du sel. Ils évaporent par ébullition l'eau salée dans de grands vases de terre. Ils font à ce sujet un accord avec la population et le chef du pays.

Un autre objet de trafic, ce sont les houes des tribus Baluba de l'Ouest et l'huile des gens du Nord.

Un peu partout, le long du fleuve et des rivières, on pêche le poisson pour l'échange.

Baluba, Congo. F, b, 162.

Souvent le Muluba va vendre son huile de sésame aux Batabwa, qu'il parvient à « rouler » plus aisément.

Autrefois, ces voyages de commerce étaient dangereux; s'ils rapportaient beaucoup en cas de réussite, il arrivait qu'on laissait tout dans une embuscade, même la peau et la vie. De là, l'habitude de la caravane : quatre, six individus et plus, accompagnés chacun de deux ou trois esclaves et d'une femme tentaient l'aventure de concert. Aujourd'hui, les routes sont plus sûres; mais l'habitude est prise; les caravanes continuent. Elles vont parfois loin, très loin, suivant les besoins ou les profits.

Il n'y a guère de foire ni de marché.

Le commerce, notons-le, ne se pratique pas seulement ainsi de région à région et de village à village, mais au sein du même village et même du quartier.

Il ne manque pas de commerçants qui achètent à Pierre pour revendre à Paul ; ils ont acheté presque pour rien, ils revendent cher.

Un noir a-t-il quelque chose à vendre ? Il s'établit quelque part au village, n'importe oii, là où il escompte le passage du client. Il s'assied avec sa marchandise devant lui. L'amateur passe, s'arrête. — Eh ! cette mesure de sel, combien ? — Dix perles ! — Discussion. Accord. On troque; pas de formalité; c'est tout.

En cas de dispute, on va porter la palabre devant un des dignitaires du chef ou devant le chef lui-même. Chacun plaide. La sentence est prononcée.

Si le débiteur est insolvable, le vendeur a le droit de l'arrêter. S'il est plus fort, c'est facile. Il amène l'homme et le met à la cangue.

En somme, le commerce n'est pas général. C'est une chose exceptionnelle.

Depuis l'arrivée du blanc, le commerce s'est fortement accru. La sécurité plus grande en est la cause principale. P. Colle.

BALUBA

(Con;:^o.)

F. — Vie sociale

b) Régime économique

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