Voies de communication
Le moyen de communication ordinaire consiste dans les routes et sentiers.
Il y a plusieurs sortes de routes et sentiers. Le nom générique est lisinda (plur. masinda). Le grand chemin, large de 1.50 à 2 mètres, se nomme museho. Le chemin de traverse, qui coupe le village dans toute sa longueur pour aboutir à la cour du chef, s'appelle lilimbwa. Le sentier délaissé s'appelle lisoke. Enfin le sentier en formation, à sa première phase, est le mweo.
Les sentiers indigènes se forment par le passage des gens. Exemple : un village se déplace; des villages voisins un des habitants se rend au nouvel emplacement à travers les herbes et les broussailles. Le second qui s'y rend suit les traces du premier et ainsi de suite. De leurs pieds, ils écrasent l'herbe (c'est le mweo); petit à petit, le sol durcit et le sentier se forme coutournant tous les obstacles. Un arbre ou une grosse branche viennentils à tomber en travers du sentier, personne ne songera à les écarter. On les contourne. Avec le temps, branches et tronc auront disparu, mais le détour du sentier restera. Ainsi chaque détour du sentier a son histoire, histoire perdue quelquefois dans la nuit des temps. Voilà le lisinda proprement dit.
Les Baluba arrangent les chemins près de leurs villages, vers les champs, vers la rivière où l'on puise
Baluba. Congo, F, b, 164..
Teau. Dans ce but, ils abattent à l'aide d'une traverse de bois les herbes qui bordent le sentier, ou bien, ils les arrachent avec la houe, dans le but d'empêcher la rosée de mouiller les passants. Ce travail relève d'une corvée générale sous le commandement d'un des dignitaires du village, qui prêche d'ailleurs d'exemple. C'est le musebo.
Nulle part, nos noirs ne font quoi que ce soit pour améliorer les routes de village à village, surtout quand ceux-ci sont éloignés. Rarement songent-ils à améliorer un tantinet le sentier qui relie deux villages voisins.
Sur les rivières, ils font tomber des arbres, dont les troncs servent de pont. Sur des rivières plus larges et trop profondes pour être passées à gué, ils établissent parfois des ponts de lianes, suspendus aux branches des arbres des deux côtés (voir n^ 137).
11 n'existe pas dans l'Uruwa de droits de péage sur les sentiers, mais bien sur les rivières.
En fait de route, il convient d'accorder une mention spéciale aux chemins des commerçants; ce sont des sentiers qui ne sont pour ainsi dire qu'indiqués au cœur des forêts; ils contournent savamment les villages et les évitent avec le plus grand soin. Ils servent aux marchands qui désirent se rendre aux lieux de leur trafic en évitant le plus possible les gens qui pourraient leur nuire ou leur tendre des pièges. Et en Afrique, surtout avant l'arrivée des Blancs, tout indigène de rencontre était un ennemi, sinon un brigand.
2. Le transport par eau est surtout pratiqué sur les grandes rivières. Le Lualaba qui est navigable jusqu'à une demi-heure en amont de Kiambi, en aval jusqu'à Kongolo, et la Lukuga qui est navigable jusqu'à une certaine distance, sont les grandes artères commerciales par eau. (Voir n^ 137.) Le voyage commercial a surtout lieu par caravanes.
Personne de nos nègres ne songe à l'entretien des fleuves ou des rivières. P. Colle.
BALUBA
(Congo.)