‹ Les Baluba (Congo Belge) (volume 2)Chapitre 55 sur 59 · Difformités naturelles · texte numérisé non relu

Difformités naturelles

Aucune difformité spéciale, qui dépare la population. L'absence de pigment dans la peau ne se fait guère remarquer que dans le creux des mains et sous la plante des pieds. Les poils se trouvent aux endroits ordinaires. Le goître est rare.

Accumulation de graisse dans les fesses qui disparaît avec l'amaigrissement? Non, mais les femmes recherchent une position du corps qui rappelle cet aspect le mieux possible « kumininika » : marcher la poitrine en avant, les fesses le plus possible en arrière. Elles se dandident comme des canards. C'est l'ultra du chic.

On trouve peu de bossus. Les nains sont quasi inconnus. Je dois en dire autant des jambes déformées.

P. Colle.

Baluba, Congo, G, a, igz-igS

— goi —

BALUBA

(Congo)

G. — Caractères anthropologiques

a) SOMATIQUES 194, — Déformations artificielles.

Pour le coloriage et le tatouage, voir n^s 31 et 32.

Pas de déformation du crâne ni du nez.

Déformation des dents? Oui. Les femmes d'habitude s'extraient deux dents du milieu, au-dessus. Elles se font cela entre-elles ; parfois c'est un spécialiste. On procède par une série de petits coups de marteau ; ainsi on la dégage. — Les hommes ont souvent ces mêmes dents limées en V renversé, donc formant triangle.

Déformation des oreilles ? Non. Mais le contact avec les étrangers a fait son œuvre. Les hommes se perforent maintenant le cartillage du pavillon, vers le milieu et mettent un fil avec une perle, ou une bague de perles. Coquetterie, voilà une de tes œuvres !

Allongement des organes chez les femmes? Oui. (Voir 119, secte des Bulindu). Les mères l'apprennent à leurs petites filles, qui s'entr'aident, du reste. On opère par frictions. Ceci n'attaque pas directement leur sentiment de pudeur. Les mères disent : « C'est nécessaire, c'est en vue de leur mariage ».

Allongement des seins : les femmes tiennent à honneur d'avoir des seins allongés et la poitrine proéminente. Les Balubaises cependant usent moins de pratiques ad hoc que les femmes des Watabua et des Wabuere. Il n'est pas rare de voir des seins pendre jusqu'au nombril. Notons aussitôt que nos Balubaises ont plus de

Baluba. Congo, G> a, 194.

retenue que les femmes des tribus voisines. Les jeunes mères se couvrent volontiers la poitrine d'une bande d'étoffe.

Circoncision? Voir plus haut n^ 75.

Excision? Je n'en suis pas sûr, ni non plus de l'infibulation, ni de la castration. On m'a assuré toutefois que dans la secte des Balindu (voir n^ 119) les femmes se font des entailles au moyen d'une patte de sauterelle, aux piquants très durs ; elles se grattent avec cela jusqu'à faire couler le sang : usage voulu par l'association, certainement à signification religieuse. Laquelle? Je ne sais pas encore. La sauterelle utilisée est le criquet voyageur rouge à pattes allongées, à piquants durs.

P. Colle.

— go3 —

BALUBA

(Congo.)

G. — Caractères anthropologiques

b) Physiologiques 195. — Force musculaire.

On peut dire que le Muluba n'est pas très fort mais qu'il est assez endurant. Les européens sont plus forts.

Mais pour transporter une charge de poids moyen, le Muluba tiendra plus longtemps que nous.

Au départ, il hésitera à sje mettre en route; mais une fois déclanché, il marche. Combien de fois ne l'ai-je pas expérimenté. « Père, disaient-ils, c'est trop lourd ; nous ne saurons jamais. » — Je prenais le colis d'une main, le mettais sur leur épaule. Ils réfléchissaient et disaient : « Cela ne peut être bien lourd, puisqu'il soulève le colis d'une main », Suggestionnés, ils partaient et marchaient sans broncher jusqu'à la fin de l'étape.

Seulement, cette endurance n'est pas soutenue par une nourriture substantielle suffisante.

Sensibilité? Ce sont pour ainsi dire des anormaux. Ils sont fort sensibles à une piqûre d'épingle quand on les traite pour ce bobo et ils se soumettent à des opérations douloureuses sans soupirer, telle l'extraction d'une flèche.

J'en ai vu qu'on opérait au bras ; le biceps était traversé; pour l'enlever, on perce pour la tirer de l'autre côté. Si les harpons de la flèche ne sont pas forts, l'opérateur tourne la flèche entre les mains ; cela fait trou dans les chairs ; on tire. Les opérés ne bronchent pas.

Baluba, Congo, G, i, igS.

J'ai assisté à une opération douloureuse d'enfant malade à l'aine. Le petit ne poussa pas un cri. Peu de temps après l'enfant jouait avec les autres, comme si de rien n'était.

En revanche s'agit-il d'ouvrir une pustule, ils crieront comme des putois.

Aux fesses la sensibilité est presque nulle. Ces gens sont presque toujours assis. C'est bien plus dur que chez nous.

P. Colle.

BALUBA

(Cong^o.)

G. — Caractères anthropologiques

b) Physiologiques 196. — Attitude du corps.

Le Muluba se tient droit, la tête droite. 11 a Tallure dégagée.

La femme qui veut se faire remarquer marche « poitrine » au vent et « croupe » par derrière.

Cette allure leur donne un aspect fier ; on dirait quMls ont conscience de leur importance.

Au repos, ils s'accroupissent à la façon des tailleurs et se tiennent ainsi pendant des heures, les mains sur les genoux. C'est aussi l'attitude requise pendant les palabres.

Ils dorment à plat sur le dos, sur le côté ou sur le ventre, mais toujours étendus.

P. Colle.

BaJuba. Congo, G, b, ig6^

BALUBA

(Congo.)

G. — Caractères anthropologiques

b) Physiologiques 197. — Acuité des sens.

La vue et l'ouïe sont très développées : ces gens voient et entendent nettement des choses à des distances où nous ne les distinguons même pas.

Le toucher n'est pas fin ; il sont peu sensibles du côté de la peau.

Je doute aussi de la finesse du goût.

L'odorat est bon, mais il n'est pas très délicat : ils supportent sans inconvénients d'être assis pendant longtemps à côté de cadavres en décomposition.

P. Colle.

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