Nutrition
On ne peut pas dire que nos Baluba sont de gros mangeurs. Assurément ils aiment bien de temps à autre de faire une ripaille et de se bourrer le ventre à éclater. Mais ce n'est pas l'habitude.
Leur estomac paraît assez élastique. !Is peuvent manger le double et le triple de nous, quitte à rester ensuite longtemps sans manger. L'indigestion ne les tourmente guère.
Ils peuvent aussi rester facilement deux jours sans manger. Je ne parle pas de la boisson : l'eau se trouve partout en abondance dans l'Uruwa.
Un souvenir. Voyageant de Lukulu à Baudouinville, nous avions pris, un jour, par le plateau de Mugela. Les villages étaient clairsemés. Nous restâmes quatre jours sans trouver de vivres sérieux ; nous n'avions que quelques petites patates, environ un kilo de patates pour chacun et de l'eau. Avec cela, nous devions abattre 25 kilomètres par jour ; et nos nègres avaient 25 kilos à porter sur la tête. Le cinquième jour nous ne trouvâmes rien; je dus leur donner ma réserve, 2 kilos de riz pour douze hommes. Malgré cela personne ne broncha. Ce fut comme s'ils n'avaient subi aucune privation. Il est vrai qu'après ils s'en payèrent une tranche !
P. Colle.
Baluba. Congo, G, ô, 199.
— gii —
BALUBA
(Congo.)
G. — Caractères anthropologiques
b) Physiologiques 200. — Influence du milieu physique.
Le sol de nos Baluba, de caolin et de sable, dégage une réverbération blanche qui nous force sans cesse à cligner de l'œil. Les montagnes ont Taspect blanchâtre.
Nos noirs cependant sont aussi noirs que leurs voisins les Babamba et les Batabua qui vivent sur un sol ou dans des montagnes rougeâtres.
C'est l'atmosphère et le soleil qui colorent le teint de la peau en Afrique; le sol n'y est pour rien.
P. Colle.
20 L — Fécondité,
L'âge de la puberté est environ 15 ans pour les garçons, 13 ans pour les filles.
Ces observations résultent de l'état-civil de nos missions, tenu depuis plus de trente ans.
L'âge critique pour les femmes arrive vers 35 ou 40 ans.
P. Colle.
Baluba, Congo, G, b. 200-201,
BALUBA
(Congo.)
G. — Caractères anthropologiques
b) Physiologiques 202. — Maladies endémiques^ épidémiques: etc,
1. La teigne tonsurante (que nous guérissons avec un mélange d'huile et de pétrole) ;
2. Le Cuba, la framboisie ou pyan, qui afflige presque tous nos nègres. Ils y passent à tout âge. On trouve des mères qui provoquent la maladie chez l'enfant, parce que disent-elles, c'est alors plus bénin et ils doivent tout de même l'avoir;
3. La variole sévit d'une façon plus ou moins régulière tous les sept ans. En 1899-1900 ce fut une épidémie terrible;
4. Maladie des petits enfants : l'éclampsie, très fréquente; la diarrhée verte;
5. Maladies de poitrine. Très fréquentes chez tout le monde ; mortelles souvent pour les vieillards. J'ai vu des gens à l'aspect de poitrinaire. Cependant la phtisie est relativement rare. Au contraire, bronchites et pleurésies sont très communes. La pneumonie est moins fréquente;
6. La maladie du sommeil a fait d'effroyables ravages. Elle était inconnue quand j'arrivai dans le pays. Elle vint et le nom vint en croupe : Kabungila, ce qui fait dormir, un petit sommeil. Je suis porté à croire que la maladie a jadis fait des ravages au pays.
P. Colle.
Baluba, Congo, G, h, 202.