‹ Les Baluba (Congo Belge) (volume 2)Chapitre 7 sur 59 · Esprits de l'Ouest · texte numérisé non relu

Esprits de l'Ouest

a) Nkulu, est le principal peut-être des esprits de l'Ouest; il se manifeste dans une courge à queue, vidée et remplie de poudre blanche et de petits cailloux ferrugineux. C'est le Mboko. Cet objet est placé par le croyant sous une cahute sacrée appelée Kayaba. C'est là, qu'à la nouvelle lune, le fidèle vient offrir ses hommages, faire les libations et le sacrifice. D'ordinaire les fidèles de Nkulu sont les Baluba porteurs de ce nom (1).

C'est le moment de rapporter comment ce nom s'acquiert; ce que nous disons ici pour Nkulu s'applique, mutatis mutandis, aux autres esprits et aux Baluba qui portent le nom de ces esprits. Un exemple : Nkulu, le génie, poursuit une femme enceinte; cette poursuite s'accuse par des indispositions de la future mère ; le sorcier consulté découvre et fait connaître cette cause « spirituelle ». Pour que le génie se tienne tranquille, la

(i) Il y a d'autres cas, et cela encore s'applique aux autres esprits. En voici un exemple : un sorcier a indiqué comme remède à une maladie dont est affecté un de ses clients, d'offrir des libations à Nkulu ; en conséquence le client s'exécute et vénère Nkulu au moins jusqu'à la guérison.

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femme promet que l'enfant à naître portera son nom. En attendant, elle lui construit une cahute; aux jours prescrits elle rendra à Nkulu le culte que devrait lui rendre l'enfant de demain. Remarquons que déjà le plus souvent le nom a été porté par un ancêtre. Les noirs disent entre eux : « L'ancêtre aura demandé à Nkulu d'agacer la femme enceinte afin que celle-ci donne son nom à l'enfant qui va naître ». Il s'ensuit que tous les enfants du nom de Nkulu sont les protégés de ce génie. Entre eux subsiste, au cours de la vie, une certaine « camaraderie ». Ces liens sympathiques ne vont cependant pas jusqu'à la parenté; ainsi ces Nkulu peuvent parfaitement se marier entre eux. — Cet homonyme s'appelle le nguli et désigne en même temps le génie protecteur et tous ceux qu'il protège en raison d'un commun nom. Ce nom s'applique aussi à l'objet ou à l'animal dans lequel le génie réside ou agit.

Outre le nom homonyme ou nguli simple, il y a le nguli ya bwanga ; c'est le nom de l'animal qui est nguli d'un membre d'une secte. Ainsi Luhele (dignitaire mugabo) a pour nguli le ngandu ou crocodile. (Voir n^ 104.)

11 est à remarquer que Luhele, qui signifie tourterelle, n'a pas cet oiseau pour nguli.

11 arrive que d'autres génies tourmentent la femme en même temps ou successivement, afin d'obtenir que les enfants à naître leur soient voués ; la mère promet qu'elle les leur offrira par ordre d'ancienneté. La première femme du chef Mazanza a été saisie huit fois. Près

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de sa cabane, elle a construit huit édicules, dédiés à huit génies différents. Quatre enfants lui sont nés; quatre génies sont donc satisfaits; les autres attendent.)

b) Ngoy, qui est censé habiter le crocodile vivant (voir 104), a comme fétiche une courge vide, sur laquelle on a fixé deux cauries, représentant les yeux.

Ce fétiche doit être placé dans la maison du propriétaire. Même rite que le précédent.

A la nouvelle lune, la mère qui a été poursuivie par le génie Ngoy, et, plus tard Tenfant, tracent sur le côté gauche de la figure une ligne blanche qui va de l'arc du nez par dessous l'œil vers le haut de l'oreille. Ils font de même au fétiche. Pendant qu'ils procèdent à ce rite, ils disent : « Obe ngoy wami, tuikale bukomo tukwate m wita » « Toi, mon ngoy, puissions-nous rester en bonne santé, puissions-nous prendre de la viande (que notre chasse soit heureuse).

c) Mirambwe, est le génie des eaux ou, plutôt, des rivières. Son fétiche est une barquette minuscule dans laquelle on met du pemba ou terre blanche et un peu de nkula. On place cette barquette dans une cahute, sur le bord de la rivière. Rite semblable aux précédents.

d) Mwamba Kongolo, le génie de l'arc-en-ciel, a pour fétiche une petite gargoulette de terre à deux, trois, quatre ou cinq goulots. Ce pot, est peint en rouge. A l'intérieur on met de la poudre rouge de nkula, sur laquelle j'ai retrouvé un peu de pemba. On met ce fétiche sous la cahute Kayaba. Même rite que ci-devant.

On m'a rapporté que, dans certains cas, les malades nommés Mwamba font porter leur fétiche à un carrefour. Si là, quelqu'un par mégarde le renverse, il attrappe la maladie et le premier est guéri.

Etc.

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