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Mœurs en général

Les Baluba aiment passionnément leur liberté.

D'un abord accueillant, ils donnent volontiers l'hospitalité aux voyageurs qui traversent leur pays, surtout si ces voyageurs viennent d'une peuplade amie. Je dois ajouter que ceux-ci ne sont pas toujours en pleine sécurité ; trop souvent, surtout s'ils appartiennent à un chef faible et peu sympathique, on les dépouille et même on les retient en otages en paiement des dettes de l'un ou l'autre membre de leur tribu.

Voleurs, ils ne le sont pas, par crainte ; mais s'ils n'ont pas à redouter un de ces châtiments terribles usités parmi eux, tels que amputation du nez et des oreilles, ils ne se gênent pas de « ramasser » comme ils disent, ce qui ne leur appartient pas,

La moralité est relativement bonne. La pudeur existe, à tel point que les enfants des deux sexes ne prennent que rarement leurs ébats ensemble, surtout à la rivière. Une fille est assez réservée devant un garçon. L'habillement est simple mais convenable.

P. Colle.

Bahtba. Congo, A, f.

BALUBA

(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

a) Soins donnés au corps.

ÎO. Soins de propreté.

Les Baluba qui se lavent le matin sont, en règle générale des gens qui ont été plus ou moins en rapport avec les Européens. Chez eux, le matin, la femme apporte l'eau tiède qui sert aux ablutions. Celles-ci se pratiquent en général dans la cour; exceptionnellement à l'intérieur de la case, en cas de mauvais temps, pluie ou froid.

Les vrais Baluba, la masse, se lavent vers le milieu du jour (de 10 heures du matin à 2 ou 3 heures de l'aprèsmidi).

Pas de savon.

Il se frottent avec de l'eau, dans la rivière, s'il en coule une à proximité. Souvent ils se mettent à deux, l'un lavant le dos de l'autre.

Lorsque deux ou trois femmes vont chercher de l'eau, elles en profitent pour se laver; habituellement les hommes s'écartent; ces Baluba sont réservés, l'un sexe pour l'autre, à l'heure des ablutions.

Les enfants aiment à patauger dans l'eau. C'est là une de leurs récréations préférées.

Le bébé est lavé couché sur le dos, sur les genoux de sa mère accroupie. Elle verse avec le creux de la main de l'eau tiède sur la figure, enlève l'eau retenue dans les « orbites des yeux » en soufflant violemment, et continue pour le reste du corps.

Balnha, Congo B, a, lo.

Lorsqu'il n'y a pas de rivière à proximité du village, les Baluba se lavent à leur case avec de l'eau qu'ils ont été préalablement quérir dans le puits, ou à la source.

Après le bain, dès qu'ils le peuvent, les Baluba s'enduisent d'huile; ils adorent cet achèvement de la toilette. Aucune circonstance plus ou moins solennelle sans qu'ils cherchent à se faire reluire. Pour une simple fête de bière même, les femmes surtout se donnent une bonne frottée d'huile ; c'est une des coquetteries de la race.

Je ne crois pas que ces mesures de propreté soient voulues par leur religion, sauf en certaines circonstances spéciales, par exemple, pour se purifier après un enterrement. La veuve, après la mort de son mari, se badigeonne le corps avec de la cendre du foyer ; après la cérémonie elle se lave : c'est une purification. La coutume l'exige. Il en est de même pour le veuf, lorsque sa femme est morte, etc.

P. Colle.

BALUBA

(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

a) Soins donnés au corps.

1 1 . Coiffure.

Hommes et femmes se rasent le devant de la tête, jusqu'à une ligne qui partirait du devant des oreilles et encerclerait le sommet du crâne. Cela dégage le front.

Les cheveux sont tressés en tresses fines, et qui sont alors combinées d'après des types dominants, mais avec des variations fantaisistes oii l'art de chacun se donne carrière.

Ces tresses ont une longueur habituelle d'une dizaine de centimètres. En général, le monument capillaire s'édifie par derrière la tête; le devant et le dessus étant plats. Sur le derrière de la tête donc, les tresses s'entrecroisent du nord au sud et de l'est à l'ouest, ou se couvrent, celles du dessous dépassant en haut et en bas tandis que sur toute l'étendue elles sont couvertes de tresses transversales. Il arrive que des tresses tombent gracieusement sur les épaules.

Les cheveux défaits démêlés, ont une longueur de 30 centimètres; les tresses sont beaucoup plus courtes : 7, 8 jusqu'à 15 centimètres.

Il est des gens qui peuvent garder leur coiffure durant des mois, d'autres pendant une dizaine de jours seulement.

C'est toute une affaire de se coiffer. Quand il faut tout refaire, il faut un jour entier ! Le mari est le coiffeur

Balubs. Congo, B. a, ii.

de sa femme et celle-ci coiffe son époux et ses enfants. Mais il arrive aussi que les voisines s'entr'aident.

11 faut que je vous dise que les mères mettent de la coquetterie dans la coiffure de leurs enfants, des petites filles surtout. A la ligne extrême du front dégagé, se déroule un bandeau de l'une oreille à l'autre, formé de plusieurs tresses, tandis que par derrière les tresses se croisent jusqu'à égalité d'angle.

L'opéré se couche à plat ventre, la tête sur les genoux de l'opérateur généralement assis à la tailleur.

L'opération terminée, on enduit d'huile, puis on imprègne de poudre de charbon ou de poussière rouge (soit de nkula, soit de terre ferrugineuse réduite en poudre, soit surtout de poudre plus précieuse obtenue avec la graine de roucoulier) pour former des dessins conformément au goût de l'opérateur.

Les huiles dont on se sert sont diverses : la préférée c'est l'huile des Baluba, la BuLongo (sésame); puis l'huile de palme, l'huile de ricin et l'huile de mpafu (arbre à encens) enfin l'huile d'arachides, mais ceci est plus rare.

Ces mêmes huiles servent pour le vernissage de la peau.

Quand se coupe-t-on les cheveux ? Mais jamais. Un Muluba dira : « Je me suis rasé », pour signifier : « J'ai renoncé à toutes mes coutumes, j'ai adopté les usages des blancs ». Habituellement en Uruwa, il se servira de cette expression pour attester qu'il est sorti de l'une ou de l'autre secte, qu'il est converti.

Je ne crois pas que le peigne était pratiqué par les Baluba avant le contact avec les blancs. Lorsque notre mission fut établie dans la contrée, de rares peignes s'y trouvaient, encore n'était-ce que chez des jeunes gens qui avaient voyagé. Aujourd'hui, le peigne est d'usage

BALUBA

(Congo.)

B, 11 [suite).

presque général chez les jeunes gens; les vieux n'en usent pas.

Comme ornements de la coiffure, on remarque : a) Les épingles en fer ou en bois de 10 à 15 centimètres à têtes en cône ou à têtes spatulées ; la pointe sert à piquer comme toutes les épingles, et même à gratter ; sous l'épaisse couche de cheveux enduits d'huile et de poudre, les poux se livrent à des ébats joyeux mais chatouillants ; alors tandis qu'il vous entretient, le nègre enlève son épingle et pourchasse les insectes; c'est presqu'un geste de la conversation courante.

h) Les épingles plus courtes, en fer aussi, qu'on pique au hasard de la coquetterie, surtout au bout des « chignons ».

c) Des perles.

d) Des amulettes, dont souvent le scarabée rouge-noir, «l'immortel» ; souvent aussi de petites cornes emplies de remèdes contre telle ou telle maladie. Tout le monde n'en porte pas. Mais ceux qui en ont sont nombreux : il y en a rarement plus d'une ou deux.

P. Colle.

Baluba. Congo, B, a, ii.

BALUBA

(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

a) Soins donnés au corps.

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