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La boisson générale est l'eau

2. Puis viennent les diverses espèces de bières. Comme on l'a vu, au n^ 26, il y a cinq espèces de bières.

a) Le musimi est la plus misérable. Voici comment elle se fabrique : On prend du manioc séché; on gratte la pellicule noire externe; c'est cette raclure de manioc qu'on met dans l'eau tiède à fermenter.

Cette boisson n'est guère appréciée, c'est celle des misérables qui n'ont pas d'autre pombe ou malwa.

N'oublions pas toutefois que ce musimi sert de base au vrai pombe, la bière nationale de nos Baluba.

b) Comment on obtient ce pombe^ voici : On fait fermenter le maïs ; les graines décortiquées sont mises dans l'eau et gonflent. Puis on les enlève ces graines pour les mettre à l'ombre, sur une natte étendue par terre. Après quelque temps ces graines germent. Le tout doit durer quatre jours. Le moment est venu de placer le maïs germé au soleil. Après dessication, on l'écrase dans le mortier.

Ce maïs concassé se mêle alors au musimi qu'on a fait recuire dans ce but. Le mélange est mis à bouillir. On l'allonge généralement d'une certaine quantité d'eau. On laisse refroidir le liquide. Le lendemain il est en fermentation. Il est buvable. Cependant avant de le boire, on attend d'ordinaire le surlendemain.

Bahiha. Cong-o, B, b, 27.

C'est là le pombe ordinaire, celui qu'on boit dans les réunions.

c) Mais il y a mieux. On ajoute au pombe précédent une certaine quantité d'éleusine. Dans ce cas, on fait subir à cette graine une préparation pareille à celle du maïs. On mélange au moment de mettre le musimi. Plus il y a d'éleusine, et plus la bière est fine.

d) On fabrique parfois de la bière d'éleusine pure. C'est le fin du fin pour un gourmet Muluba. Mais ce nectar est rare ; il coûte trop cher.

e) Le pombe de bananes est très peu connu dans rUruwa sauf tout à fait au Nord.

Le musimi ne soûle guère ; il est inoffensif.

Au point de vue de l'ivresse, le pombe d'éleusine est deux fois plus fort que le pombe ordinaire.

Remarquons que la politesse exige chez nos Baluba, que ceux qui ont été invités à une beuverie, soient ou fassent semblant d'être ivres, en se retirant. Alors ils titubent et chantent.

/) Le vin de palme se boit peu fréquemment. Sa récolte est meurtrière pour la flore. Les Baluba coupent le palmier élaïs au pied et l'étaient par terre. Ils coupent les branches principales. Puis, dans le tronc, vers la tête, ils pratiquent une incurvation qui forme récipient ; c'est dans ce récipient que la sève s'emmagasine goutte à goutte. Le matin et le soir, nos hommes vont vider ce récipient avec un pot. Et l'opération recommence aussi longtemps que l'arbre contient une goutte de sève.

Assurément VEtat avait défendu d'abattre sans autorisation les palmiers élaïs, plutôt rares dans la région ; mais allez-moi veiller au respect de ces dispositions légales en dehors du cercle très restreint des postes de blanc ! P. Colle.

BALUBA

(Congo.)

B. — Vie Matérielle.

b) Alimentation.

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