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Parures à même le corps, coloriage

Nos Baluba se peinturlurent volontiers. Les couleurs dont ils s'ornent sont surtout le blanc, le noir et le rouge.

1. Le blanc s'obtient d'une argile, espèce de caolin, qu'on découvre généralement au bord des rivières. Pour le préparer, on fait dissoudre l'argile dans l'eau qu'on décante ensuite. Avant que le produit ne soit sec, on en fait une boule de la grosseur du poing. Ce devient une pierre onctueuse. C'est le « pemba ». Jamais je n'ai vu du pemba qui fut de la chaux. Pour utiliser ce produit, on le dissout et on l'applique avec les doigts.

Sur la peau noire ce blanc se détache puissamment et l'aspect est parfois très étrange.

2. La couleur rouge s'obtient de diverses manières. Ou bien elle provient de la graine de roucoulier, ou bien elle provient del'écorce ou de la raclure d'une racine d'un arbre tel que le kabamba : c'est le « nkula » ; ou bien elle provient d'une terre, ocre rouge du minerai de fer, appelé « luloba ».

3. Le noir s'obtient du charbon de bois ; et si j'ai bon souvenir, de tel ou tel arbre, d'après leurs obligations fétichistes, c'est-à-dire avec le bois calciné des arbres ou des plantes voués à leurs fétiches protecteurs.

Ces couleurs sont appliquées, soit à l'état de poudre sèche, soit mêlées à un peu d'eau ou d'huile.

Bahiba. Congo, B. c, 3i.

Elles servent à colorier la chevelure, à orner de dessins le visage ou le haut du corps dans certaines cérémonies.

L'emploi de ces couleurs est facultatif, quand il s'agit desimpie toilette; mais s'agit-il de prescriptions rituelles, les dessins sont rigoureusement déterminés.

J'ai remarqué que tout fétiche, protecteur d'homme, a son dessin; le jour oix la lune apparaît, chacun s'orne du dessin du fétiche dont il porte le nom, ou qu'il veut honorer d'un culte particulier.

D'habitude le visage, surtout le front, et la poitrine sont couverts de lignes rouges ou blanches et quelquefois des unes et des autres en même temps, conformément à un type déterminé. J'ai rencontré plusieurs personnes qui se frottaient de noir.

Rien de bien artistique dans les dessins.

Une ligne allant, par exemple, d'une tempe à l'autre; deux ou trois lignes sur la joue ; une ligne partant du milieu du front pour venir à l'oreille en passant sous l'œil; une ligne contournant l'arcade sourcilière; le front frotté de rouge ou de blanc; la figure coloriée par moitié; voilà les formes rituelles les plus ordinaires.

Je ne crois pas qu'il existe un dessin commun à tous les Baluba de l'Uruwa. Le dessin n'est commun qu'aux personnes « nguli », c'est-à-dire qui ont un même fétiche, ou encore aux membres d'une même société secrète.

Les dessins des Bambulye sont le triangle et le rond sur le front; une espèce de croix de Saint- André sur la figure ou sur la poitrine, et le zigzag. Le triangle signifie la houe, le rond signifie la lune, et le zigzag le serpent.

Les Bakazanzi (anthropophages) s'enduisent tout le buste de blanc lorsqu'il s'agit d'honorer leur fétiche mande. P. CoLLE.

BALUBA

B. — Vie Matérielle.

c) Vêtements.

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