Vêtements proprement dits
La matière habituellement employée est l'écorce de rafia, ou encore la fibre d'une plante semblable au yuka. Nos noirs emploient aussi le coton indigène, l'écorce de certains ficus, et même une racine fibreuse.'
L'écorce de ficus et la racine fibreuse sont simplement battues avec un maillet de bois ; ce martellement chasse les matières non fibreuses, et donne aux fibres ainsi dégagées une grande souplesse.
Les Baluba en font des vêtements de différentes grandeurs.
Les fibres de rafia sont tendues sur le métier, et tissées aux dimensions ordinaires de 1 mètre environ sur 0.60 de large. C'est l'habit ordinaire de fête. Les personnages importants, les chefs surtout en cousent parfois 3, 4 et 5 ensemble, de manière à pouvoir mettre autour des reins tout un paquet d'étoffes. C'est leur habit de cérémonies.
On trouve encore un vêtement très ample, long de deux brasses, large d'une brasse, qui enveloppe le corps, des aisselles aux chevilles.
Autre forme donnée au tissu. Trois bandes de 1 m. de long sur 0.15 de large sont cousues ensemble. Quelquefois chaque bande a une couleur différente; c'est i'habit de fêtes pour femmes et filles, le Katandabulwa.
Les Baluba emploient le coton sauvage qu'ils tordent
Baluba. Congo, B, c, 34.
pour en faire un fil grossier. Ce fil est tissé aux dimensions de 1 mètre sur 0.40 pour les femmes; aux dimensions de 1 mètre sur 0.60 environ pour les hommes. Au lieu de coton, ils se servent aussi de simples ficelles de fibres tordues.
Enfin l'habit le plus répandu, parmi les pauvres surtout, reste toujours la simple peau d'antiloppe ou de chèvre.
La cotonnade européenne commence à se répandre au point que le métier de tisserand indigène tend à disparaître du pays.
Le petit garçon jusqu'à l'âge de 7 à 8 ans, n'a d'autre vêtement que sa peau noire.
La petite fille dès sa naissance reçoit le plus souvent un embryon d'habit, un petit chiffon, grand comme un papier à cigarettes. Vers 4 ou 5 ans on lui donne une bande d'étoffe qu'elle porte jusqu'à l'âge de la puberté. Cette bande large de 10 à 20 centimètres entoure les reins et se fixe sur le côté à l'aide d'une épingle ou d'une épine. Par devant elle porte une bande pareille qui pend en tablier. Quand elle doit faire un travail où elle est obligée de se baisser, elle passe cette bande entre les jambes et la fixe sur les reins.
Bien souvent cette bande est remplacée par une peau de singe, très souple. La tête de cette peau est fixée à la ceinture par devant, la queue qui flotte librement en temps ordinaire, se passe entre les jambes pour le travail.
Vers l'époque de la puberté, la petite commence à se couvrir de vêtements plus larges, mais qui n'entourent jamais que les reins. Sur son habit d'enfance, elle passe, pour sortir et se promener, une étoffe large d'une coudée et longue de deux, composée si possible, de trois
BALUBA
(Congo.)
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bandes, comme je viens de le dire. Alors aussi elle se couvre de bracelets et de perles.
Devenue femme, elle conserve le même habit; elle y ajoute quelquefois une étoffe de rafia plus ou moins coloriée, pour les visites et les danses.
Vieille et abandonnée, elle ramasse ce qu'elle trouve; c'est le plus souvent une simple peau usée.
Le garçon commence à s'habiller sérieusement vers 8 ou 9 ans. Son habit ordinaire n'est autre qu'un bout de peau. Un peu plus tard, il se procure un vêtement plus large, le vêtement des hommes. Mais il revient volontiers à la peau de bête.
Rarement voit-on un homme recouvert de la grande étoffe. Tous tiennent à avoir la poitrine nue.
J'en dirai autant des femmes. Elles aiment à marcher les seins découverts. J'excepte de nombreuses personnes devenues mères qui par modestie, semble-t-il, se couvrent les seins d'une petite bande d'étoffe.
Un curieux privilège est accordé aux chefs et aux grands du village. C'est de mettre leur étoffe d'une telle façon que le haut des fesses soit bien visible. C'est ce qu'ils appellent « lutobyo ».
P. Colle.
Baluha. Congo. B. c, 3j.
BALUBA
(Congo.)
B. — Vie Matérielle.
c) Vêtements.