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Situation de F habitation

En Uruwa, c'est la plaine mamelonnée; au flanc de ces petites collines s'accrochent la plupart des villages. Les maisons sont ainsi à plusieurs centaines de mètres de la rivière. Pourquoi cette distance? C'est, sans doute, pour se protéger contre la grande humidité du sol des vallées, et se mettre à l'abri du vent. Y a-t-il d'autres motifs? Je ne sais. L'hygiène est inconnue; la fraîcheur, ils ne s'en soucient guère. Ce n'est pas non plus pour voir l'ennemi, puisque ils s'entourent de champs de manioc, si peu faits pour éviter une surprise de l'ennemi.

A ma connaissance il y a peu de fortes sources dans le pays. Presque partout dans les vallées l'eau suinte du sol. Toutefois je connais nombre de petites sources où les habitants vont puiser une eau blanchâtre, chargée de magnésie et légèrement laxative. On dirait un lait de chaux.

Habituellement c'est aux rivières cependant que les indigènes se rendent pour leurs besoins journaliers. Rarement un village sera édifié loin d'un cours d'eau.

Les maisons ne sont pas orientées d'une manière systématique ; l'indigène ne s'inquiète pas de leur orientation. Ce qui l'intéresse c'est le plan général du village et le rapport de sa case avec l'ensemble. Il dispose aussi

Baltiba. Congo, B.d, Zg.

son village de manière à être pour ainsi dire toujours sur pied de guerre. Le tompa ou chef éclaireur habite du côté opposé à la cour du chef. Les flancs sont gardés par les Bisaka ou quartiers des jeunes (ceux-ci doivent toujours être aux avant-postes). Derrière, c'est-à-dire du côté opposé à l'ennemi probable est la cour du chef et de ses conseillers. La symétrie d'un village bien construit est remarquable.

Aucune habitation fournie par la nature; il n'y a d'autres cavernes dans la contrée, que les grottes, que les indigènes disent être très profondes, du Mont Suya, entre Kiambi et Ankoro, à mi-chemin, sur la rive droite du (Luvwa) Lualaba. Les membres de la société secrète du Burungu les disent entées par les mânes des morts. Elles ne sont pas habitées par les vivants.

Les naturels, ayant choisi l'emplacement du village, débroussent et nivèlent chacun le terrain qu'il lui faut.

Notons ici que presque toujours, chacun des habitants opère dans le cadre d'un plan général dressé d'avance. Je me souviens d'avoir assisté aux préliminaires de la construction d'un gros village. Le chef entouré de ses notables avait décidé de quitter l'ancienne installation. Il vint choisir avec eux le terrain de la nouvelle. Voici un endroit ombreux et charmant : cela ferait l'affaire de la cour du chef! Aussitôt on défriche en commun la plus grosse brousse; le chef trace sur le sol l'emplacement de sa case et de ses accessoires. Puis, il se place avec ses notables au milieu, et l'œil fixé sur un point de repère, devant lui, il trace de la pointe du pied, sur le sol à moitié nivelé les lignes de la rue principale du village, en piste perpendiculaire donc à la ligne de sa cour.

Les autres rues sont ensuite tracées, parallèles à la première. Il y en a trois ou quatre ou même davantage.

BALUBA

(Congo.)

B, 39 {suite).

Et tout cela est fait à l'œil, sans mesures. Comme c'est droit et juste! Ce chef avait un compas et une règle dans l'œil.

Quand un chef de la famille Kyombo déplace son village, il ne fait point de sacrifice et ne suit point de rites religieux. Il laisse à l'ancien emplacement son fétiche protecteur « Mpungwe » ; un de ses neveux est préposé à sa garde. Le nouveau village achevé, ou au moins la cour du chef construite, le chef se procure une chèvre, des poules, fait brasser de la bière, donne le tout au neveu gardien du fétiche tutélaire en lui disant : « Rassemble tous les neveux, et amène-moi mon fétiche ». Les neveux accourus amènent alors processionnellement à travers tous les petits villages dépendants du grand chef, le Mpungwe. Partout les femmes acclament le fétiche par des youyou bruyants. Toute poule ou chèvre qui traverse les sentiers devant Mpungwe devient propriété des neveux. Ainsi le veut l'esprit protecteur.

Arrivés au village, on appuie celui-ci contre un arbre. Le Munkana ou neveu gardien lui dit alors : « Obowa nkambo ikala ne bantu ba kibundi biya, bêkale bakomo. Batembo ba mu ntanda batahe mwita, baye balambule ; muhika watambe kungi tuboye kuno » ; c'est-à-dire : Toi grand-père, reste en paix avec les gens du village; qu'ils soient bien portants; que les batembo (chasseurs pygmées) de la brousse tuent du gibier et viennent l'offrir en cadeau; que nous ramassions ici l'esclave venu d'ailleurs.

Ainsi se termine la cérémonie. P. Colle.

Baîuba. Congo, B, d, Sg.

B. — Vie Matérielle.

BALUBA

(Congo.)

d) Habitation.

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