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Pas d'engrais. A ce propos, je ferai remarquer que les Baluba ignorent la valeur de l'engrais des bestiaux. Ils n'emploient que les cendres et les feuilles ou immondices de nature végétale.

10. Le millet était rare dans ma région; mais au Nord, à deux heures de marche, on le cultivait davantage.

Le tabac, qui se consomme beaucoup (voir n^ 26), se cultive à proximité des villages, sur des tertres spéciaux.

Au moment des grandes pluies, les saletés éparses autour des huttes familiales sont accumulées pêle-mêle avec les mauvaises herbes arrachées; on en fait des tertres sur lesquels se cultive le tabac.

Les semis se font tout autour de la cabane, de deux ou trois côtés ; ce sont de petites plates-bandes qu'on recouvre d'épines afin d'éloigner les chèvres et les poules.

Dès que ces semis ont atteint la taille requise, on les plante dans les tertres. Puis, plus de soins spéciaux. Ni pincée, ni cultivage de fleurs.

D'habitude cette plantation se fait en février et la récolte s'opère en mai-juin.

Quand les feuilles sont grandes, on les enlève et on les met faner au soleil ; après quoi on les tresse par trois; ces tresses sont roulées et c'est ainsi que le tabac se conserve dans la cabane, à moins qu'on ne l'échange contre d'autres produits, soit dans, soit hors du village.

Ignames.

Il y en a trois espèces. Une espèce atteint un mètre de long, on l'appelle l'oreille d'éléphant. Cuite, elle est farineuse et blanche comme de belles pommes de terre, elle en rappelle le goût.

BALUBA

(Congo.)

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Une espèce est plutôt ronde, diamètre 30 centimètres; à chair rougeâtre. Encore bonne à manger.

Une autre rappelle par sa forme les patates douces ; elle a la pelure noire, chair blanche.

Toutes sont plantes grimpantes, elles donnent un fruit appelé « litu, plur. matu », à chair noire. Ce fruit est comestible ; beaucoup de blancs croient erronément que c'est là Tigname; c'en est pourtant la partie la moins bonne. L'igname veut un terrain profond et léger.

Patates douces.

On choisit un terrain humide. On y fait des lits de jardin ou tertres allongés oii l'on pique des boutures, plusieurs ensemble : six mois après on a des tubercules. Il y a trois espèces de patates douces :

Patates blanches, chair blanche, pelure blanche; 2e Patates rougeâtres, chair rougeâtre, peau blanche ; 3e Chair blanche, peau rouge. Ce sont les meilleures.

Séchées, on peut les conserver fort longtemps. Pour cela on les coupe en fines lanières que l'on expose au soleil jusqu'à dessication complète. Les boutures se conservent par ci par là dans un petit coin humide et serviront pour la prochaine saison.

Une patate peut atteindre trois et quatre kilogs, dans une terre légère et riche.

Il convient de planter les boutures de novembre à décembre; alors on récolte en mai-juin.

Baluba. Congo, B, e, 5i.

Haricots.

a) Nkunde. Dans une longue gousse se trouvent 20 à 30 petits haricots, semblables à de petits pois applatis, de couleurs diverses, tout comme les haricots ordinaires. Le nkunde peut remplacer les lentilles. On les sème avant les premières pluies, soit sur des tertres, soit entre le manioc, les patates etc. Ils poussent leurs branches par terre, comme les patates douces. Récolte se fait trois mois plus tard. Le nkunde se contente d'une terre maigre.

11 se conserve difficilement. La semence est conservée dans la gousse, au-dessus du feu, dans la fumée.

b) Petits pois (tuzila). Ils ne réussissent pas ou fort peu en Uruwa, bien que fort cultivés près du Tanganika. i

c) Petits haricotsverts (chooko), gros comme des grains de millet. On les sème aux premières pluies. La récolte se fait trois à quatre mois après. Ils sont excellents à man- • ger; une fois secs, se conservent bien.

Cette plante se contente d'une terre maigre. i

Le verger.

La fraise pousse bien, elle donne de bons fruits; un peu moins de feuilles et plus de fruits serait désirable.

La canne à sucre pousse sans soins dans les endroits marécageux. Il suffit de piquer dans le sol une bouture.

Arbres fruitiers : papayers, bananiers (10 espèces), manguiers, corossolliers, néfliers du Japon, pêchers du midi, avocatiers, jacquiers, cerisiers de Madère, orangers, oliviers, goyaviers, mandariniers, figuiers, palmiers dattiers (elaïs), cocotiers etc. Le théier, le cacaoier caféier (moka de Zanzibar) sont représentés et poussent dans la mission.

BALUBA

(Congo.)

B, 51 {suite.)

La vigne se montre revêche. Il en est de même des fruits d'Europe. Ils n'ont pas encore réussi jusqu'à présent.

On ne cultive pas à la nouvelle lune, non plus après un jour de grêle.

Pour cultiver un champ d'arachides, on se peint le front de nkula, on porte une peau de simba (genette) devant, un arc à la main ainsi qu'une flèche empoisonnée, sans cela les arachides ne pousseraient pas.

Après avoir planté les arachides, un enfant en prend quelques-unes, court de côté et d'autre pour les jeter en disant : « toi, perdrix, ne viens pas, toi, chacal, ne viens pas, ou je te tue ».

A la mission les gens travaillent tous les jours de l'année, 8 heures par jour... chez les Pères, sauf le samedi après-midi et le dimanche, sauf encore deux mois pendant l'année, au début de la période des pluies. Vient qui veut, les travailleurs ne nous manquent pas.

Outre ces 8 heures par jour, ils travaillent encore un peu sur leur champ.

Quand un noir a ses trois mois pour travailler à son champ, il a de quoi vivre toute l'année.

Ces gens vivent dans l'abondance. Assurément l'homme et la femme travaillent. Du reste ils ne peuvent travailler qu'en novembre, décembre, janvier, février (pour préparer leur champ et ensemencer).

Chaque famille de cinq à sept personnes a besoin de

Baluha. Congo, B, e, 5i.

trois hectares de culture; avec cela ils ont Tabondance. Donc avec peu de peine ils ont la vie douce et agréable.

P. Colle.

BALUBA

(Congo.)

e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations. 52. Elève de bestiaux,

1. Pas de bêtes à cornes, dans FUruwa, si Ton excepte celles que les blancs ont introduites dans quelques stations.

2. Les animaux domestiques principaux qu'on élève sont les chèvres, les moutons et les porcs. Ils étaient très abondants dans la région avant l'arrivée des blancs. Aujourd'hui ils se font rares par la raison qu'à cause de la construction des chemins de fer on est venu faire une raffle générale. L'indigène a tout vendu ou à peu près.

Mais l'élevage continue, et au bout d'un temps normal on peut espérer que les pertes actuelles seront réparées.

L'indigène ne connaît pas l'usage du lait de chèvres.

Pour loger les chèvres et les moutons la nuit, il y a des bergeries : ce sont de grossières cabanes de tailles diverses suivant les besoins : des toits posés sur des sticks; la porte est formée de gros bâtons placés en travers, derrière des vantaux primitifs, deux morceaux de bois dont les pointes sont fichées en terre.

Le jour, chèvres et moutons errent dans le village et dans les alentours, sauf à l'époque de la maturité du maïs ; on les retient alors pendant un mois environ.

3. Les cochons domestiques sont nombreux en Uruwa. Ils errent en liberté. Ils se tiennent volontiers, jour et nuit, dans les marais avoisinant le village.

Bahiba. Cong-Q, B, e, 52.

Chaque propriétaire reconnaît toujours les siens. Lorsqu'on en désire pour la consommation, on les chasse à la lance. La saignée est inconnue.

4. Le petit chien roux, le kelb des Arabes pullule; on rélève partout. Il reçoit sa nourriture de ses maîtres : du manioc et de temps en temps un os.

On le mange parfois ; il y a la secte des mangeurs de chiens : les ba-kabwala.

Mais il sert surtout pour la chasse.

C'est un mauvais gardien ; il aboie fort peu.

5. Les poules sont fort nombreuses et s'élèvent avec facilité. Elles sont plus petites que nos poules belges.

Les Baluba ne mangent généralement pas les œufs de poule. Ils les tiennent pour la couvée. Mais si les œufs ne sont pas fécondés, et qu'il y a déjà eu plus de jours qu'il ne faut pour l'éclosion, ils les cuisent et les mangent. Ils les cuisent en les mettant tout entiers dans le feu de braise.

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