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Fiançailles

Les fiançailles se font ordinairement, pour les filles, dès qu'elles sont nubiles; pour les garçons, c'est bien plus variable. Ils peuvent s'engager dès qu'ils sont pubères, mais on trouve en réalité des fiancés de tout âge. Ainsi au village proche de la mission, il y avait deux fillettes de 10 ans fiancées à des gaillards de 45 ans et plus.

Parfois, le jeune homme, après s'être mis d'accord avec sa future, va trouver le père d'icelle ou à défaut de celui-ci, l'oncle.

11 lui offre un cadeau pour obtenir sa fille « que j'aime, dit-il, et que je voudrais épouser ». A proprement parler, le « j'aime » de sa déclaration a à peu près la signification intégrale du nôtre. Aimer se dit Kusanswa. Kusanswa est la forme passive de «Kusansa», faire mal, faire éprouver de la douleur (physique ou morale). Kusanswa signifie donc : éprouver un mal; il

indique que le cœur est affecté, souffre à cause de

une telle. Au fond, cette idée contient bien la notion d'amour.

Le cadeau du jeune homme consiste à offrir au père quelques perles, une poule, un peu de poisson, etc.

Dès que la jeune fille a donné son consentement, elle se cache derrière le premier obstacle venu, non sans

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regarder du coin de l'œil et faire en sorte que le chéri de son cœur la remarque. Les rendez-vous douteux se font généralement par l'entremise d'une mégère quelconque.

Pour se fiancer, le garçon n'a pas besoin du consentement de son père, ni à fortiori de sa mère.

Le fiancé se laisse guider dans son choix, pour un premier mariage au moins, par son cœur. Je demandais fréquemment à des jeunes gens qui allaient s'engager : « Mais votre amour n'est pas sérieux ; vous n'aimerez pas longtemps; réfléchissez d'abord un peu ». L'un répondait : « Non, père, j'aime et j'aimerai toujours cette femme ». L'autre ajoutait : « Si elle devient malade, je ne l'abandonnerai pas, je l'aime ». Un troisième : « Je l'aime, elle seule, et toute ma vie je n'aimerai que celle-là ».

La première femme est habituellement du rang du mari : noble ou paria.

Assurément, le profit des belles alliances n'est pas dédaigné dans ces choix.

Si le père de la jeune fille agrée la démarche, celle-ci est invitée à venir considérer le jeune homme et à donner son consentement. Bien souvent elle le connaît depuis longtemps déjà. Cela n'empêche pas que son premier mouvement en venant près de lui est... de lui tourner le dos (ainsi le veut la coutume). Un petit sourire subreptice et un hochement de tête à la dérobée, disent l'attrait de son cœur.

Mais il arrive que la fille refuse. Les parents obstinés ne manqueront ni de motifs, ni de moyens coercitifs pour soutirer son consentement. Quelquefois cependant l'entêtement de la fille triomphe.

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(Congo.) ,

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Celle-ci, en général, agrée le prétendant. Ils s'en donneront une preuve palpable la nuit suivante. En effet, ils iront dans la case de la jeune fille faire l'essai de leurs relations intimes.

Je dis, la case de la jeune fille; celle-ci a reçu sa demeure spéciale dès qu'elle s'est révélée nubile.

Le lendemain, le jeune homme offre à sa future le « lisao » ou cadeau de fiançailles, qui constitue à peu près la moitié du prix à fournir. Ce « lisao » est immédiatement transmis au père. Le reste sera fourni peu à peu. L'ensemble du lisao consiste en vingt colliers de perles, une chèvre, (ce qui est l'ancien prix d'une jeune esclave), une étoffe et quelques instruments de travail : houe, hache, puis une lance pour le père, deux colliers pour la mère. Tout à la fin, le jeune homme offre un grand panier de poissons fumés. Entre temps, la fille a reçu de son futur les « masambalala », c'est-à-dire quelques grands colliers, qu'elle portera le jour des noces, croisés sur sa poitrine comme les bretelles du sac des anciens grenadiers. Le fiancé est allé préparer ou achever de construire sa case, les parents ont brassé de la bière. Le nid est prêt, les préparatifs sont terminés, on peut procéder au mariage.

Ces fiançailles sont évidemment révocables, même sans motifs, par pur caprice de l'un des deux fiancés. Si, par exemple, le jeune homme s'est révélé impuissant au cours de cette première nuit, la jeune fille a le droit de rompre. Il en est de même de la part du

Baluba. Congo, C, c, 77.

jeune homme, s'il constate que sa future est hystérique, le cas est très fréquent et semble être le résultat des excitations précoces et répétées du sens générateur.

Après cette cérémonie des fiançailles, le jeune homme rentre habituellement chez lui. La période qui s'écoule alors entre ces fiançailles et le mariage peut être plus ou moins longue. Le retard provient souvent de ce que le fiancé n'ayant pas encore pu constituer la totalité du cadeau qu'il a convenu de fournir au père de sa future, doit travailler encore pour parachever ses ressources, et surtout parce que le fiancé n'a pas fini de bâtir sa cabane.

N'oublions pas, en effet, que le jeune homme doit, en principe, ramasser lui-même ce cadeau par son travail. Mais il va de soi qu'ordinairement son père l'aide et aussi un peu sa mère.

P. Colle.

BALUBA

(Cong-o.)

|C. — Vie Familiale.

' c) Mariage.

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