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Formes du mariage

Les Baluba ne prennent jamais pour femme des personnes qui leur sont tant soit peu apparentées du côté de la mère : par consanguinité (voir n^ 82).

Ils cherchent femme soit dans, soit hors de leur village. Nombreuses sont les femmes étrangères esclaves épousées par des gens de la contrée où je résidais. Nombreux aussi les anciens esclaves qui se sont libérés, mariés aux femmes Baluba libres.

Les hommes libres peuvent épouser des femmes d'autres peuplades.

Le régime matrimonial des Baluba, c'est la polygamie. Les hommes ont autant de femmes qu'ils peuvent s'en procurer et entretenir. La femme est la source et le signe de la richesse des hommes et c'est un capital placé.

Kyombo, le chef de notre résidence, comptait, en 1900, 21 femmes; un an plus tard, il en avait 28; depuis, la mort fit son œuvre et aussi la fuite; à mon départ, il lui en restait 8.

Les nobles du même village comptent de deux à cinq femmes.

Les gens du commun en possèdent une. Beaucoup n'en ont pas ; les esclaves surtout.

Souvent ceux-ci doivent attendre longtemps avant

Bahiba. Congo, C, c, 80.

d'en avoir une. Je ne connais pourtant pas d'homme âgé qui n'ait été marié.

Dans une famille polygame, il y a toujours une différence entre la première femme et les autres. Elle s'appelle muntwa bene (personne libre), tandis que les autres se nomment bena buLuo (les cadettes du mariage).

Mais il ne faudrait pas s'imagimer qu'en fait il y ait des différences bien marquées quant aux occupations et à la vie de ces deux catégories d'épouses.

Ce n'est que dans les maisons bien ordonnées, que la première jouit de plus de considération, qu'elle commande aux autres, qui sont ainsi plutôt ses servantes pour le ménage et les divers travaux de la famille.

On peut rapporter ici le cas d'un jeune homme qui achète une esclave qui lui plaît, et qu'il veut s'unir en mariage. Il lui demande son consentement. Si elle agrée, elle devient « muntwa bene » ; si plus tard, il s'unit à une femme libre, une « mukazi wa buko », c'est-à-dire à une femme de beaux parents, elle devient par le fait « mwina buluo », parce que une esclave ne peut avoir sous elle une femme libre.

J'ai constaté que bien souvent les premières épouses, parvenues à un certain âge, donnent, en général, l'exemple du travail, de la propreté, du soin du ménage, qu'elles sont aussi plus réservées; en un mot, qu'elles se montrent plus épouses. Elles sont aussi plus considérées et leur conseil a plus de poids que celui des concubines.

Toutes les épouses paraissent avoir un droit personnel semblable aux faveurs du mari, qui les visite ordinairement à tour de rôle.

Une cheffesse ne possède jamais qu'un mari. Pas de polyandrie simultanée. Mais elle prendra des servantes qui seront les épouses de son mari, comme dans tout autre ménage polygame. p Colle.

BALUBA

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