I . (Congo
C, 8î {suite.)
i mère esclave ne peuvent pas succéder. Ils sont cependant libres aux yeux de tous.
Le jour où son mari aura acquis une femme de « buko », cette femme esclave passera la seconde, deviendra « mwina buluo » (sœur plus jeune dans le mariage). Ce n'est pas que la dernière venue soit regardée comme plus proprement sa femme, c'est plutôt une simple règle de préséance.
Cette femme reste non seulement sa femme, mais sa vraie première femme. Il ne la quittera plus, sauf pour incompatibilité d'humeur. Il peut alors user de son droit de propriété, la vendre ou la remettre à ses premiers maîtres.
Ainsi, me direz-vous, quoi qu'on fasse, cette femme reste et restera toujours esclave.
Ecoutez plutôt.
Le fait de devenir femme d'un homme libre ne rend pas l'esclave libre. Non. Elle est toujours esclave. Elle ne peut se libérer elle-même que par la fuite chez ses propres parents. Voici comment :
Nkulu, garçon libre, a dans le temps jadis perdu sa sœur, qui est tombée dans l'esclavage. Après des années, il apprend que sa sœur, qu'il croyait perdue à tout jamais, est mariée à un homme du village de Kyombo. Il va de suite chez le mari et maître de sa sœur et lui dit : « J'avais perdu ma sœur, je la retrouve aujourd'hui», ce qui se traduit par le seul mot «Nakikila»; il lui donne soit une flèche, soit quelqu'autre petit objet.
Baluba. Congo, C, 6, Ci.
Par le fait même, le mari et maître n'a plus le droit de i vendre ou de marier celle-ci à un autre. Le frère seul a I le droit de la reprendre dès qu'il aura la somme ( requise.
Si cette femme esclave vient à savoir oii demeure son u frère non esclave et parvient à s'échapper et à se réfugier > i chez lui, elle devient libre par le fait même. Le frère t s n'aura pas à payer pour sa sœur, parce qu'il n'a pas « kukikila ». Le maître ou le mari aura le droit de redemander au premier propriétaire la somme qu'il a ; i donnée pour cette esclave, pourvu qu'il la demande ; dans les deux mois. S'il Ta demande après les i deux mois, il n'a plus le droit. Si la sœur s'enfuyait après que son frère serait venu la voir au village de sa captivité, il est supposé l'avoir poussée à la fuite et doit ! payer. :
Arrive-t-il qu'une femme libre s'unisse à un esclave? ,
Je n'ai pas rencontré de cas, mais je ne vois pas que les coutumes s'y opposent. i
Cas de mariage de deux esclaves. Ce mariage est-il i libre et, par conséquent, véritable ? Voici :
D'après le jugement des nègres, il paraît y avoir mariage entre deux esclaves d'un maître, quoiqu'il ( puisse y avoir des circonstances qui rendent le mariage ; nul.
Un maître a plusieurs esclaves de l'un et de l'autre sexe. 11 peut donc toujours craindre, s'il ne les unit entre eux, qu'un jour ou l'autre l'esclave du sexe masculin ne lui amène des difficultés. En effet, si l'esclave a commis l'adultère avec une autre femme, tous les ennuis qui en viennent retombent sur le maître. Voilà pourquoi il tâchera de procurer à cet esclave une de ses femmes-esclaves et au besoin il lui en achètera
BALUBA
(Congo.)
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une ou même il s'accordera avec un parent, possesseur d'une femme esclave, afin que ces deux esclaves puissent se marier.
En donnant cette femme, il dit à l'homme esclave : « Demande si elle te veut pour époux ». D'ordinaire, ' les deux consentent. Cependant, dans ce cas, il faut bien observer les circonstances pour savoir si le consentement est réel; la crainte peut tirer un consentement apparent. A partir de ce jour, ces deux esclaves sont considérés comme mariés aux yeux de tous.
Ils tâcheront d'avoir des enfants. Ces enfants, aux yeux des gens, restent les enfants des parents, mais esclaves du propriétaire. Si parmi ces enfants il y a une fille, il est plus que probable que le propriétaire la prendra dans son harem, dans le but de la marier quand elle aura l'âge de puberté.
Près de la mission il y avait un village formé de descendants d'esclaves du chef Kyombo. Or chaque première fille issue de ces mariages revenait de droit au chef.
P. Colle.
Baluba. Congo, C. c, 8i.
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