Empêchement au mariage
Le mariage ne crée pas, pour la femine, d'affinité avec les frères et les parents de son mari.
Le mariage est absolument prohibé entre parents dans la ligne droite et collatérale à tous les degrés du côté oii se fait l'héritage, c'est-à-dire du côté maternel. Ainsi entre cousin et cousine du côté maternel, défense absolue; mais entre cousin et cousine du côté paternel, la prohibition n'existe pas, même au deuxième degré. Une fille ne peut marier son père, mais un fils peut marier les femmes de son père, qui ne sont pas sa propre mère. Actuellement, un des fils du chef Kyombo vit avec une femme divorcée de son père et cela dans le même village. La fille peut se marier aussi à son oncle paternel, mais le cas est fort rare.
Je n'ai jamais entendu parler de mariage incestueux, au sens que les noirs attachent à ce mot.
Un jour, on me narra l'épilogue d'une union incestueuse involontaire. Deux esclaves, frère et sœur, s'étaient épousés sans connaître le moins du monde leur consanguinité : excellent mariage, du reste. Lorsque la chose se découvrit, le mari s'enfuit et on ne le revit plus. La honte profonde écrasait ces pauvres victimes de la fatalité des circonstances.
Nos noirs, comme on le voit, sont fort sévères sur
Baluba. Congo, C, c, 82.
runion de parents vrais, consanguins pour les distinguer des parents par alliance. A aucun degré ils ne peuvent se marier. Et cependant ils ne se font pas scrupule de commettre l'adultère entre cousins sous-germains, etc.
D'oii provient cette honte qui jaillit du mépris de la peuplade? Est-ce de la transmission du fétiche protecteur de la descendance^ Est-ce d'une crainte superstitieuse? Je ne sais. Les noirs disent que cette honte provient du « bumvu », honte résultant du respect de soi; ils disent encore que de tels mariages gâtent le sang : « i hantu masi mabi », à cause du sang corrompu.
P. Colle.
BALUBA
(Congo.)