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Dissolution du mariage

Le mariage se dissout de diverses manières :

1) D'abord par la mort.

Toutefois la veuve, avant de pouvoir convoler à d'autres noces, devra « kutentulwa kilebwe » être i| relevée de son veuvage, par le frère du défunt (ou à son défaut, par le fils de la sœur, je crois), c'est-à-dire qu'ils seront mariés pendant un jour ou deux et useront de leurs droits mutuels; après quoi, la veuve se trouve dégagée. Ils ne consomment pas nécessairement l'acte conjugal; au cas négatif, ils se font mutuellement l'épilation (voir cérémonies mortuaires).

11 faut dire la même chose, mutatis mutandis, si la femme meurt avant le mari.

2) Ensuite par la volonté des deux époux ou de l'un d'eux.

Lorsque le consentement est mutuel, la dissolution de l'union se fait sans difficulté.

Lorsqu'il est unilatéral, la coutume a défini les motifs légitimes de dissolution, tout en les interprétant de la manière la plus large. Une dispute d'un caractère violent est une de ces causes ; les exigences trop grandes du mari en matière de travail en sont une autre; sans compter les causes classiques, l'adultère, les mauvais traitements, etc.

Baluba. Congo, C, c, 85.

Voici d'ailleurs les motifs reconnus légitimes pour que l'homme répudie sa femme :

1) L'homme renvoie sa femme pour mauvais caractère, incompatibilité d'humeur, soit avec lui, soit avec les autres épouses ; pour manque de soins envers son mari (nourriture mal préparée, eau puisée trop tard) ou dans le ménage (cabane toujours sale, champs négligés, etc.); par crainte superstitieuse, c'est-à-dire parce que le mari croit que sa femme est « buti », c'est-à-dire qu'elle a le pouvoir de voyager la nuit dans les airs sous l'emblème d'une étoile filante, qu'elle s'absente en esprit pour lancer ses maléfices et aller tendre des pièges aux humains afin de les rendre malades ou de les tuer; pour attaque d'épilepsie (ce cas est fréquent et peut être le résultat du plaisir solitaire précoce); pour refus opiniâtre de l'épouse de remplir son debitum;

2) L'épouse quitte son mari : parce que celui-ci refuse de parfaire le cadeau de noces; parce qu'il ne lui donne pas assez d'étoffes ou autres cadeaux; pour motifs de jalousie; parce que son mari s'est laissé initier à une société secrète qu'elle n'aime pas, etc.

Les conséquences de la dissolution du mariage, au double point de vue des finances et des biens, varie naturellement d'après les causes de la rupture.

Si, en tous ces cas, la séparation de corps est la première conséquence, la question de la possession des enfants n'est pas aussi claire.

En cas de dissolution de l'union par consentement volontaire, pas de difficultés, les parents règlent ce point à l'amiable comme tous les autres.

Mais en cas de répudiation de la part du mari ou de fuite de la part de la femme, il arrive le plus souvent que la mère emporte ses enfants en bas-âge, surtout

BALUBA

(Congo.)

C, 85 (suite.)

s'ils sont encore à la mamelle. Une fois en âge de se tirer d'affaires, ces enfants choisissent eux-mêmes celle des deux familles qu'ils désirent et ils construiront leur case à proximité de l'une ou de l'autre.

Il pourra se faire cependant que le père garde auprès de lui ses garçons d'un certain âge et surtout ses filles, qui ont, par elles-mêmes, une valeur bien plus considérable.

11 semble ressortir des faits observés que le droit du père prime un peu sur celui de la mère.

Dans les mœurs du Baluba, tout cela semble être assez flou et il paraît difficile de tirer des principes juridiques absolus des faits observés, qui ne se laissent classer dans ces cadres rigides du droit. Il ressort cependant de l'observation que chacun des père et mère se considère comme ayant un droit au moins partiel sur chacun des enfants.

P. Colle.

Baluba. Congo, C, c, S5.

(Congo.)

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