Propriété familiale
Il n'y a pas dans la famille des Baluba-hemba de propriétaire attitré. Chacun des deux époux est propriétaire des objets qu'il s'est procurés par son travail, par des échanges ou par héritage.
Au mari sa lance, son arc et ses flèches, sa hâche et quelquefois sa houe et ses nattes; à lui ses vêtements, ses fétiches individuels.
A la femme ses pots, sa houe et ses ustensiles de cuisine, ses perles, bracelets et autres menus objets de toilette, ses habits personnels ou ceux dont son époux lui a fait cadeau, et même les poules. J'ajoute qu'en cas de divorce, son mari réclame habituellement tout ce qu'il lui a donné.
A chacun d'eux le produit de leur travail personnel.
Mais, aux deux réunis, les champs qu'ils cultivent en commun, les produits de ces champs, les cases qu'ils construisent. Il arrive qu'en prévision du divorce, l'un des époux cultive un champ à son usage exclusif. Aux deux aussi, selon les règles dictées plus haut, les enfants issus du mariage.
Chacun d'eux peut aliéner ce qui lui est personnel ; il ]j peut s'en défaire comme bon lui semble. Pour cela, I point de règle.
Bahiha. Congo, C, d, 91,
Quant au partage éventuel des enfants, il en a été traité plus haut, n^ 87.
Le produit d'un travail commun ne peut s'aliéner que par un consentement mutuel au moins présumé. La femme récolte par exemple de l'huile, le mari pêche et fume du poisson : ces objets sont échangés; naturellement le produit est commun à l'un et à l'autre. Mais il va sans ■ dire que tout cela est plus ou moins modifié par les circonstances. Je ne connais personne dans la famille qui ' ne recueille le produit de son travail. Les esclaves eux- i mêmes conservent à cet égard leurs droits. Il est î bien entendu qu'ils sont exposés plus que d'autres aux | injustices et exactions, comme je l'ai déjà dit en passant.
L'épargne n'est pas la vertu dominante des Balubahemba. Cependant, ils savent épargner. Tel un jeune j homme, qui doit recueillir son Ixsao ou cadeau de noces, est forcé d'épargner. Je ne connais pas d'exemple d'épargne familiale. Chacun pour soi, ici plus qu'ailleurs.
Les travaux communs sont la culture des champs, la t construction de la case, la confection des vêtements \ pour les enfants pour autant que cela doive se faire en j commun. Ainsi en est-il d'une étoffe de coton indigène i pour un enfant : le fil sera préparé par la mère et tissé par le père. Ainsi d'une natte, que la femme prépare et que le mari achève, etc. Les enfants aident selon leurs aptitudes.
P. Colle.
BALUBA
(Con^o.)