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Modifications produites dans la jamiUe par le décès

Dès que réapparaissent au village ceux qui ont enterré I le cadavre, celui qui prendra la succession du mort

accourt au devant d'eux et les frotte au front de terre I blanche ou pemba. Ils appellent cela kuolwa kahemba ou, ' si l'on veut, bénir ou être béni.

La veuve, elle, s'en va à la rivière accompagnée de

son beau-frère. Celui-ci, la jette dans la rivière, bamuela

mu lui, ce qui signifie que tous deux entrent dans la I rivière, que le beau-frère prend de l'eau des deux mains

et en asperge sa belle-sœur. La veuve ainsi se trouve

être purifiée, mais non pas encore déliée de son veuvage, i Après un certain temps, pendant lequel la veuve aura i brassé la bière a Bikungi, elle convoque les pleureurs I et pleureuses à venir vider ses jares. Quelques semaines

plus tard, nouvelle invitation pour boire la bière a Matanga I ou a Kasuhu. Il s'agit cette fois de faire passer à son I beau-frère (le plus âgé, s'il y en a plusieurs), l'arc de I son mari défunt. Cet arc, qui depuis la mort du mari, ne i pouvait être employé et pendait tristement dans la hutte,

n'attendait ce jour de fête que pour passer à qui de droit. En ce même jour, à moins que la chose ne se soit faite i plus tôt, le beau-frère couche avec sa belle-sœur et lui ! -enlève ainsi son veuvage {kimiutentula kilebwe). Depuis , €e moment, la femme devient libre. Elle pourra donc

j ' Bahéa. Congo, G, e, ico.

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demeurer avec son beau-frère, qui a sur elle le premier droit, ou même se marier à un autre, si tant est que son beau-frère ne lui convient pas.

L'affaire devient plus compliquée quand la femme meurt la première.

A la mort de sa femme, le mari doit envoyer avertir les parents de la défunte; mais pour que ceux-ci veuillent bien se déranger, il se voit obligé de leur faire parvenir le lubiki (une houe, une hache ou quelque chose de pareil). Les parents alors se rendent à l'entrée du village. Ils s'y arrêtent et attendent le « Musinga » du mari, cadeau composé de perles ou d'étoffes. Le Musinga payé, ils entrent au village et les lamentations commencent.

Pour qu'on veuille bien procéder à l'enterrement, le mari se voit à nouveau contraint de donner un « Musinga ». Au retour de la lugubre cérémonie, la sœur de la défunte va jeter son beau-frère dans l'eau, comme je viens de le dire. C'est elle aussi qui lui enlèvera son veuvage au jour convenu. A elle encore reviendra la meilleure part des biens laissés par sa sœur : étoffes, épingles, aiguilles, etc., etc. Les membres de la famille auront chacun leur part des menus objets.

Reste maintenant au mari le soin de payer pour sa femme, qu'il a laissé mourir chez lui. Le prix ordinaire, pour un homme qui a quelque richesse, est la valeur de deux esclaves. Cette valeur est remise à l'ex-beau-père. Je dis : à l'ex-beau-père, parce que, si la femme est morte sans laisser d'enfants, le mari n'appartient pas à la famille de sa femme. Ce cadeau mortuaire, il faudra qu'il le paye coûte que coûte. L'ex-beau-père et, à son défaut, r ex-beau-frère est souvent très exigeant, il reviendra à la charge, fut-ce même durant huit ou dix ans,

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car le Nègre ne connaît pas de prescription. Si, par bonheur, la défunte laisse un enfant, le prix du payement pourra diminuer de moitié. Le mari n'aura même rien à payer si les proches parents de la défunte sont décédés.

Si la défunte laisse un ou plusieurs enfants, le mari leur donnera au nom de leur mère, un objet quelconque en souvenir, appelé le « Nfwanfwa ya nginawdi ».

P. Colle.

Baluha. Congo, C, e, loo.

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