INTRODUCTION
« Le Bambou sera un jour à l’industrie européenne ce que la Pomme de terre est à l'alimentation, » nous écrivait, en septembre 1869, un des membres les plus éminents de la Société zoologique d’acclimatation, M. le baron Jules Cloquet.
Cette opinion se confirme de plus en plus: la culture du Bambou end à se généraliser, principalement dans les climats tempérés, qui offrent des conditions beaucoup plus favorables au développement de ce très-intéressant végétal; aussi, à diverses reprises, l’atlention a-t-elle été appelée sur lui; diverses notes, disséminées, sont venues, à certains intervalles, apporter un peu de jour, quelquefois sur le côté pratique, rarement sur le côté théorique de la question. C’est alors que la Société d’acclimatation a pensé qu’il serait bon de faire une élude toute particulière des Bambous; de définir avec plus de certitude les caractères jusqu'alors bien incertains qui pourraient aider à établir une nomenclature moins douteuse; de constituer, autant du moins qu'il est possible en l’état actuel de nos connaissances sur ces végétaux, les divisions et les groupes au moyen desquels se régulariserait la culture ; de traiter enfin cette dernière dans tous ses détails de multiplication, de croissance et de récolte.
C’est la tâche, honorable mais ardue, quenous avons acceptée de la Société d’acclimatation. Aux renseignements édités par quelques voyageurs, nous avons ajouté tousceux qu'une étude de neuf années a pu nous faire recueillir, au milieu mème des plantations dont nous entreprenions l’étude. De ces observations réitérées nous avons déduit des faits de végétation passés jusqu’à présent inaperçus; nous avons surpris des caractères