‹ Les bambousChapitre 19 sur 44 · RO EU ARE · texte numérisé non relu

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vants : Gylindrique dans presque toute sa longueur, à l’exceplion de l’extrémilé, où elle diminue de grosseur; sans ramifications à sa parlie inférieure (fig. 45), d’une couleur verte, intense, luisante, légèrement pulvérulente; avec gaines spathiformes persistantes (fig. 45), d'une couleur jaune grisätre, glabres, enroulées autour de la tige et ne portant plus de limbe. Nœuds un peu saillants, marqués en dessous d’une sorte d’auréole d’un blanc pruineux. À partir de la moilié de la tige, on remarque à chaque nœud un faisceau de ramifications, lequel, avec son axe très-court mais élargi, embrasse la moitié de la circonférence. Ces ramifications, qui se développent sur le chaume de haut en bas (fig. 45), à l'inverse des Phyllostachyées, forment un demiverticille; elles sont généralement au nombre de 13. Au centre est une ramification plus forte; c'est autour et à la base de celle-ci que les autres sont venues se grouper. Au bout de quelque temps, le point d'adhérence de ces ramifications forme comme une gibbosité d’un petit volume. Toutes ont à leur base de petites gaines spathiformes de formes diverses, lesquelles, au fur et à mesure de leur allongement, se modifient et portent à leur extrémité un limbe plus ou moins élargi ; c'est ce qui constitue alors la véritable feuille. La gaine de la feuille est longue de 6 à 8 centimètres, fortement appliquée sur la petite tigelle qu'elle enroule ; elle est légèrement striée, glabre ; sa couleur est verdâtre ou quelquefois légèrement violacée. La ligule est assez développée ; elle est tronquée horizontalement ou légèrement arrondie à son sommet, de couleur blanchâtre ou grisätre, et glabre.

Le limbe est lancéolé, elliptique, acuminé, long de 20 à 25 centimètres, large de 2 environ, plus ou moins ; la face supérieure est glabre, verte et lisse; la face inférieure est très-légèrement glaucescente ; les bords portent quelques petites dents épineuses ; la nervure médiane est blanche, plus saillante en dessous ; de chaque côté, on en remarque cinq qui sont plus petites ; elles sont plus apparentes en dessous. Le limbe, en outre, est légèrement strié. Quelquelois, à sa base et au sommet de la gaine, se rencontre une expansion

membraneuse divisée en petites lanières filiformes plus ou moins longues et qui forment comme des faisceaux de poils de couleur blanche.

Chaque ramification prise en particulier, une fois qu’elle a atteint sa période de végétation, est composée à sa base de quatre à cinq gaines spathiformes, mais qui ressemblent à des écailles de longueurs variables : la première pouvant avoir 0",01, les autres atteignant jusqu’à 0",05. Elles sont de couleur jaunâtre, de forme à peu près acuminée, et terminées par un limbe parfois peu apparent. Observées plus haut, les gaines se modifient et se terminent toujours par un limbe parfaitement développé, qui constitue une véritable feuille. Chaque ramilication ne porte toujours à son extrémité que quatre à cinq feuilles.

Les ramifications se subdivisent elles-mêmes en nombreux rameaux partant d’un même nœud, soit plusieurs ensemble, soit solitaires; on voit toujours à leur sommet ce faisceau de quatre à cinq feuilles, et à leur base les caractères que nous avons déjà signalés. Les ramifications sont relativement grêles et disposées obliquement.

Voici les observations que nous avons faites sur la première floraison de l'Arundinaria Simoni qui a eu lieu dans les cultures du Jardin du Luxembourg, en mai 1876 :

Fleurs hermaphrodites ;

Inflorescence en épi simple porté à l'extrémité d’un ramuscule plus ou moins long, de 0",10 à 0",15, naissant d’un nœud des ramifications (fig. 48) ;

Épi composé de cinq, six, sept ou huit épillets (fig. 49) unifores, à disposition distique, sa longueur pouvant varier de 0",04 à 0",06.

Chaque épillet à une seule fleur se décompose ainsi :

|° Une glume (bractée scarieuse), longue de 10 millimètres environ, de forme naviculaire, longuement acuminée, mince, glabre, striée, de couleur verdâtre et purpurine au sommet;

2 Unc glumelle (bractée supérieure), longue d’environ 10 millimètres, bicarénée, c'est-à-dire fendue à son extrémité, de forme naviculaire un peu fermée, molle, mince, un peu

transparente, marquée de deux stries vertes longitudinales sur les angles du dos, et couverte extérieurement de petits poils blanchâtres ;

3 Deux glumellules (paléoles), très-petites, très-minces, comme pelliculeuses, de forme irrégulière un peu allongée ; l'extrémité est fimbriée, pectinée. La couleur est blanchâtre, transparente, avec des stries Jaunätres. Ces deux organes qui enveloppent complétement l'ovaire allernent avec la glumelle ;

4 Les étamines. Celles-ci sont au nombre de 3; elles sont pendantes (fig. 48). Le filet de chacune d'elles est long de 8 millimètres environ, très-grèle, filiforme, de couleur blanche. Les anthères sont biloculaires, c’est-à-dire à deux loges, de couleur verdâtre d’abord, mais devenant jaunes par la suite, s’ouvrant seulement à leur sommet pour laisser échapper le pollen, qui est très-abondant ;

o° Un pistil. Il se compose de l'ovaire, qui est sessile, de forme ellipsoïde un peu arquée, de couleur verte et comme adhérent à la base de la glumelle, dans laquelle il est emprisonné. Le style est très-court, ou plutôt il n’existe pas. Le stigmate parait alors sessile ; il est bifide, plumeux et de couleur blanchâtre.

Un peu avant le complet développement d’une fleur de l’'Ar. Simoni, on remarque que l’anthère de l’une des trois étamines est logée dans la glume (bractée inférieure), tandis que les deux autres sont accolées dans la glumelle (bractée supérieure). Mais, dès que les organes sexuels sont arrivés à leur apogée d’accroissement, la glume et la glumelle s’écartent ; les étamines alors s’échappent de leur prison, le stigmate étend ses divisions pour recueillir un abondant pollen, et l'acte de la fécondation a lieu. Aussitôt après, les étamines s'inclinent du même côté, la glume et Ja glumelle se rapprochent et s’emboîtent, de manière à mettre l’ovaire à l'abri durant sa croissance. Quant aux étamines dont les filets sont pris entre les deux bractées, elles restent ainsi pendantes et se détruisent au bout de quelque temps.

Le fruit de l’Ar. Simoni est long de 15 millimètres environ; il à assez de ressemblance avec une graine de seigle, mais

sa forme est arquée, ellipsoïde, c’est-à-dire pointue au sommet et obtuse à la base (fig. 50). Ce fruit est remarquable par un sillon profond qui le parcourt dans toute sa longueur sur sa partie ventrue (fig. 90 bis); en outre, il porte de petits sillons transversaux irréguliers. Sa couleur est luisante et jaunâtre. Lorsqu'il est arrivé à maturité, il tombe, emportant avec lui son réceptacle ; mais si on détache celui-ci, la base du fruit parait comme tronquée.

Le rhizome de l'Ar. Simoni est jaune, de dimensions moyennes, à nœuds parfois assez distants. Il présente ce curieux caractère de s’enfoncer à 0",50 ou 0",80 au-dessous de la surface du sol. Les tiges, très-enterrées, émettent des racines à chacun de leurs nœuds, jusqu’à leur sortie de terre. Par suite de ces particularités, ce Bambou est peut-être une des espèces les plus rustiques.

La multiplication de lAr. Simoni est rendue assez incertaine par suite de la profondeur à laquelle descendent ses rhizomes. Si l’on enlève une touffe par éclat, il est rare de ne pas laisser soit les tiges, soit les rhizomes profondément enterrés ; aussi la reprise est-elle difficile. Il est essentiel, en tout cas, d’enterrer complétement toutes les parties qui avaient séjourné dans le sol, sans quoi elles s’altèreraient au contact de Pair.

Le tronconnement du rhizome donne d’assez bons résultats ; mais la végétation n'est guère accentuée qu’à la deuxième ou troisième année, c'est-à-dire lorsque les rhizomes sont parvenus à une certaine profondeur.

Nous n'avons pas réussi à faire enraciner à Pair libre, ni par tous les moyens artificiels en usage dans nos serres à multiplication, les nœuds très-ramifiés des tiges.

Ce Bambou très-tracant émet un grand nombre de chaumes sur son rhizome, qui lui-même se ramifie sous le sol. Il forme en peu de temps des massifs assez compactes. Son chaume, de 6 à 8 mètres de haut, est très-droit, garni de ramifications nombreuses, courtes, droites, serrées dans la partie supérieure. Ses feuilles sont vertes, lignées de blanc quand elles sont jeunes, comme celles du Phalaris arundinaria varie-

Fi. 50 bis. Fic. 50, Fic. 49. Fc. 48.

ARUNDINARIA SIMONI.

FiG: 48. Inflorescence. — F1G. 49. Épillet, — FiG. 50-50 bis. Graines

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gata ou Chiendent panaché. Les gaines sèches de l’axe principal et des ramifications lui donnent, par leur persistance, un aspect souffreteux et malpropre. L'ensemble est verdâtre et terne : il a pourtant un certain cachet au point de vue décoratif, et surtout un rôle utile dans bien des circonstances. car son chaume est très-épais (coupe transversale, fig. 43), et de consistance dure et serrée.

Par suite de la croissance rapide de ses tiges, qui peuvent atteindre 6-8 mètres de long à Alger, dans l’espace de quelques semaines, et en raison de leur résistance et de leur direction très-droite, l'Ar. Simoni pourra être utilisé dans l’industrie. Comme, en outre, c’est une des Bambusacées les plus traçantes, puisque ses rhizomes s’enfoncent parfois à 0,80 dans le sol, il pourra rendre de grands services sur les berges, sur les talus des chemins de fer, et aussi dans les dunes, pour retenir les sables, à condition toutefois que le sol ne soit pas trop salin ; nous avons déjà fait, dans ce sens, des expériences qui ont réussi.

Résistant dans le nord, mais principalement dans le midi de la France, l’Ar. Simoni végète complétement bien dans le midi de l’Europe et en Algérie, même dans les parties les plus chaudes.

On élève quelques doutes sur l’identité de cetle espèce; on prétend même qu’elle n’est qu’une forme ou variété d’un Bambusa où Arundinaria Maximowiczii ?

Arundinaria Japonica, Sieb. et Zucc.

Synonymie. — Bambusa metake. Sieb. et Hort.

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