mètres de hauteur, — 0,020 à 0,095 de diametre
\Végétation vernale el rhixomes tracants.)
Est-ce bien une véritable espèce que le Phyllostachys aurea? Son nom lui a été donné par M. Carrière, parce que ses liges deviennent d’un beau jaune en vieillissant, caractère très-commun à bien des espèces voisines. Par son mode de végétation et par ses organes extérieurs, il a beaucoup d’analogie avec le Ph. mitis, dont il ne diffère guère que par les nodosités très-rapprochées, plus ou moins nombreuses et plus ou moins accentuées, que l’on remarque toujours vers la base de ses tigos (fig. 37). Ces nodosités sont très-constantes ; elles se maintiennent du moins très-rigoureusement dans les cultures de notre Jardin du Hamma, depuis que nous avons observé ce caractère pour la première fois, 1l y a quelques années déjà.
ielativement à ce caractère, M. Martins, le savant botaniste et Directeur du Jardin des Plantes de Montpellier, pense que ces nodosités ne sont dues qu’à une influence locale, influence que subissent souvent les végétaux, des modifications très-profondes pouvant se produire souvent sur l’ensemble d’un même végétal, au point que celui-ci s’écarte assez sensiblement de son point d’origine pour constituer une race ayant des formes extérieures particulières; c’est probablement le cas qui se présenterait pour le Phyllostachys aurea, qui aurait pour point de départ le Ph. mitis, modifié, suivant lui, par des circonstances locales. C’est néanmoins un fait fort intéressant à étudier dans des localités différentes, en y cultivant simultanément les deux plantes; par ce moyen l’on verra au bout de quelque temps si des modifications se produisent, et si l’on remarque quelque retour de forme vers la plante originelle.
Nous ne sommes pas très-éloignés de partager, mais non
FiG. 36. — PHYLLOSTACHYS AUREA.
Bourgeon ou turion, avec ses limbes avortés en forme de languettes flexueuses.
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complétement, l'opinion de M. Martins, pour plusieurs raisons : d’abord parce que, au Jardin du Hamma, lorsqu'on veut distinguer le Ph. aurea du Ph. mitis, on ne peut le faire qu'au moyen de ces caractères extérieurs, les nodosités; c’est déjà une remarque digne d’attention. Les organes appendiculaires, les gaines spathiformes, qu'on voit sur le chaume au moment où celui-ci croit, sont assez semblables à ceux du Ph. milis; nous ajoutons que semblable est également le mode de végétation. Cependant nous devons dire que dans nos cultures, où les Bambous sont nombreux, les Ph. mitis n’ont jamais dégénéré en Ph. aurea, ni l'inverse ne s’est produit. Ces deux espèces restent constamment avec leur même type, et le Ph. aurea conserve, en dehors de caractères différents, une taille plus petite. Ces espèces, transportées dans d’autres localités, sont restées exemptes de modifications, du moins pendant ces quelques années que nous les étudions.
Nous dirons encore, en faveur de la fixité de cette espèce ou de cette forme, que des Bambous venus sans noms de la Chine et du Japon nous ont représenté la même plante avec les mêmes caractères de superposition de nœuds. A l'Exposition universelle de 1878, convient-il d'ajouter aussi, ce Bambou à nœuds superposés figurait comme un des types les plus usités dans l'industrie. |
Quoi qu'il en soit, dans la description que nous allons donner, on verra la presque identité des deux Bambous, ou du moins la grande ressemblance du Ph. aurea avec le Ph. mitis jeune.
En Algérie, le bourgeon ou turion sort de terre du 15 avril au 1* mai. Il est très-vigoureux, très-conique, sensiblement aplati, teinté d’une légère couleur vineuse parsemée de quelques taches et macules plus foncées, striées. Il est accompagné de limbes en forme de languettes très-longues, de 0",08 à 0,10, étroites de 4 millimètres, flexueuses (fig. 36), bordées d’un liséré très-clair. Il est lisse au toucher. Les gaines qui le forment se dessèchent immédiatement sur leurs bords en larges plaques.
Le chaume, garni de ses gaines spathiformes, est de moyenne
grosseur. Les trois ou quatre premières gaînes de la base sont quelque peu persistantes, hautes de 5, 6, 8, 10 centimètres, de couleur jaunâtre; elles embrassent le chaume par leur partie basilaire seulement; leur sommet est un peu en pointe ou un peu arrondi. Elles sont peu épaisses, légèrement coriaces, striées, glabres sur toutes les parties. La ligule y est peu développée et glabre. Le limbe est court, presque droit, apiculé ; 1l atteint parfois, sur la quatrième gaine, de 8 à 15 millimètres.
Les gaines spathiformes qui succèdent à celles de la base sont caduques; leur longueur peut atteindre 0",30 et quelquefois davantage ; leur largeur est subordonnée à la grosseur du chaume. Elles sont minces, quelque peu coriaces cependant, et striées. Leur couleur est violacée, mais elles jaunissent en vieillissant, ou plutôt en se desséchant. Elles ont, sur leur partie dorsale, quelques taches irrégulières, généralement petites. Le sommet est plus ou moins arrondi, mais 1l est brusquement tronqué horizontalement.
La ligule est relativement petite, courte, glabre, entière sur la moitié de la longueur de la tige, mais fimbriée ou pectinée sur les gaines qui succèdent et la terminent.
Le limbe est linéaire, lancéolé, effilé, variable dans ses dimensions ; il est long de 0",03 à 0",15, et large à peine de 2 à 4 millimètres; court, il est presque droit; long, il est légerement flexueux. En outre, il est bordé de petites dents épineuses; ses faces inférieure et supérieure sont légèrement scabres. Sur les dernières gaines de l’extrémité de la tige, le limbe devient plus long et plus large; en se développant, il est rubané de blanc. Cette panachure disparaît assez promptement; le limbe alors devient vert et jaunâtre, comme sur les saines inférieures.
On voit, d’après ces caractères des gaines spathiformes, que le Ph. aurea a bien de l’analogie avec le Ph. mailis.
Les gaines de la base sont terminées par un appendice foliacé linéaire, long de 0,03 à 0",04; ce n’est autre chose que la feuille à l’état rudimentaire ; il se modifie peu à peu sur les gaines supérieures ; il prend alors tout à fait les carac-
tères de la feuille. Les bords de la gaine sont peu ou point ciliés, ce qui la distingue de celle du Ph. viridi-glaucescens, avec lequel ce Bambou a également des caractères de ressemblance. La ligule est courte, verdâtre, peu ciliée, et ne porte pas de cils barbigères sur les côtés, comme ledit Phyllostachys.
Après la chute des gaines, le chaume apparait d’un vert presque glauque avec une auréole olaucescente au-dessous de chaque nœud.
Le chaume du Ph: aurea est très-droit ; il s'élève à 35 ou 4 mètres; son diamètre est de 20 à 25 millimètres. Les mérithalles sont courts, canaliculés; les nœuds assez saillants, comme nous l’avons fait remarquer; les feuilles moyennes, vertes en dessus et glauques en dessous.
Les caractères qui distinguent encore ce Bambou du Ph. viridiglaucescens sont : une ramification beaucoup plus dense, plus feuillée, due d’abord au peu d’écartement des mérithalles de
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sa base (fig. 37), et ensuite à ce que ces ramifications descendent, ou à peu près, jusqu'à la base de la tige. Beaucoup moins traçant que le viridi-glaucescens, il forme une touffe plus compacte et d’un plus grand effet.
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F1G. 37. — PHYLLOST. AUREA.
Nœuds de la base des liges.
On le considère comme traçant peu, ou même pas du tout, sous le climat de Paris; peut-être ne l’y a-t-on pas étudié sur des sujets qui avaient atteint un développement suffisant. En tout cas, 1l y est très-résistant. Son inflorescence est inconnue dans nos cultures. Le rhizome est semblable à ceux du groupe.
Les touffes compactes du Ph. aurea permettent de le mulüiplier par division, et d'obtenir tout de suite des pieds déjà forts. Lesrhizomes, peu profonds, souvent rampants à la surface, donnent toute facilité pour le bouturage par tronçonnement. Cette multiplication est des plus faciles et des plus assurées.
Le Ph. aurea est destiné à avoir du succès. Il est trèsapprécié en Algérie à cause de la dureté de son bois, de la belle couleur jaune de ses tiges, et à cause surtout de cette superposition de nœuds (fig. 37) qui se trouvent à sa base. Il sert à faire des manches d’ombrelles, des cannes, etc., d’une grande originalité.
Phyllostachys flexuosa.
Bambusa fleæuosa. Hort.
3 mètres de hauteur, — 1-2 centimèlres de diamètre,
(Végétation vernale et rhixomes traçants.)
Sous ce terme spécifique, le colonel Munro décrit une petite espèce épineuse qui n’est certainement pas celle que l’horticulture désigne sous le même nom, et dont nous nous occupons ICI.
En Algérie, le jeune bourgeon ou turion sort de terre à la fin de mars ou au commencement d'avril. En 1875, il apparaissait dans les premiers jours d'avril, et en 1876 vers le 15 mars, sur la même touffe. Il est droit, conique, pointu, légèrement aplati, terminé par de petits limbes avortés, raides et droits. Sa couleur est verdâtre ou vineuse, souvent trèsfoncée ; en résumé, de teinte variable et fondué avec des macules plus brunes.
Fic. 38. Fic. 38 bis. Fic. 39.
PHYLLOSTACHYS FLEXUOSA.
Fi, 38. Tige en développement. — F16. 38 bis. Développement des ramifications Fi6, 39, Ecaille binervée,
Une couleur foncée, en forme de liséré, accompagne les bords de chaque gaine et s’étale quelquefois ; mais, au bout de quelques jours, cette couleur devient aussi terne qu’elle a été accusée, se ternissant même bien avant le desséchement complet de la gaine, qui a lieu au moment où elle quitte le chaume.
Quoique à l’état de turion, sur une certaine hauteur, ce chaume en élongation a un aspect légèrement violacé, plus accentué encore que celui du Phyllostachys violascens au même degré de développement.
La uge du Pyllostachys flexæuosa, enveloppée de gaines spathiformes, distiques, caduques pendant sa croissance, ne tarde pas à les rejeter (fig. 38). Les quatre ou cinq premières gaines de la base sont longues de » à 10 centimètres, larges de #, longuement acuminées, de couleur légèrement violacée, mais jaunissant promptement, striées, glabres, même sur les bords. Ligule très-petite, tronquée, déchirée, de couleur brune. Limbe très-petit, acuminé, long de » à 6 millimètres, glabre, aux bords rudes au toucher, tantôt droit, tantôt oblique.
Les gaines spathiformes deviennent successivement plus longues ; elles peuvent atteindre 0",20 et mème davantage ; leur largeur est proportionnée à la grosseur de la tige ; elles sont très-longuement acuminées, de couleur violacée, striées, glabres, polies et lisses au toucher, portant quelques villosités sur leurs bords supérieurs; elles jaunissent et tombent promptement. La ligule est petite, comme tronquée, déchirée, portant quelquefois des cils et des poils blanchâtres assez développés ; sa couleur est brünâtre sur la plante vivante. Le limbe est devenu plus long ; il peut avoir de 0",01 à 0",03; il est très-étroit, linéaire, glabre ; les bords sont rudes au toucher.
Nous n'avons pas remarqué sur les gaines spathiformes de ce Bambou ces expansions membraneuses pectinées que nous avions rencontrées sur beaucoup d’autres espèces du mème groupe, notamment sur le Phyllostachys viridi-glaucescens,
qui à beaucoup de ressemblance comme aspect avec le Ph. [leæuosa.
À la chute des gaines, qui se détachent de bonne heure sous l'effort des ramifications, bien avant même que l’élongation entière du chaume soit accomplie, ce chaume apparaît d’une couleur vert d’eau, non glauque, si ce n’est une légère auréole au-dessous de chaque nœud.
Les ramifications géminées (fig. 38 bis) naissent, comme nous l’avons dit, à chaque nœud, dès la base de la tige et dans toute sa longueur. Elles sont alternes distiques, généralement bifurquées à leur point d'insertion, de manière à former comme un V ouvert; très-rarement, on en observe trois sur ce même point. Elles se ramifient elles-mêmes en ramules et ramuscules (fig. 38 bis). Les feuilles de ces rameaux sont longues d’une quinzaine de centimètres environ sur 15 millimètres de large, vertes, un peu glauques à la face inférieure. La ligule est quelquefois accompagnée de grands cils rouges.
Au moment de la floraison, les feuilles tombent, et les fleurs apparaissent à leur place.
Avant le développement des ramifications, les organes qui les produisent sont enveloppés dans une écaille binervée, bifide (fig. 39), accolée à la tige; elle est composée de deux membranes pelliculeuses, transparentes, striées, et de deux nervures latérales assez éloignées l’une de l’autre, trèssaillantes sur la partie dorsale et comme ailées. Sa hauteur est de 0",02 à 0",03; sa largeur, à la base, de 0",015 à 0",018. La membrane de devant est fendue dans toute sa longueur sur un de ses côtés, tantôt à droite, tantôt à gauche, mais plus généralement dans ce dernier sens. La membrane adossée à la tige est beaucoup plus transparente que l’autre; elle est fendue dans le tiers ou la moitié de sa partie supérieure, quand les bourgeons s’en échappent. C’est ce qui lui donne ce caractère bifide que nous avons observé et qui forme deux lobes arqués d’inégale longueur, dont l’extrémité est terminée par chacune des deux nervures (fig. 39); celles-ci sont couvertes, sur les faces des parties ciliées, de petits poils couchés, tandis que les bords portent de longs cils blanchâtres. Le sinus formé par les deux lobes est un V peu ouvert (fig. 39).
Des deux ramifications qui naissent de chaque nœud, l’une est beaucoup plus vigoureuse que l’autre (fig. 38 bis); la plus petite est également enveloppée d’une écaille binervée, mais de proportions beaucoup moindres.
Les ramifications du Phyllostachys fleæuosa deviennent assez longues, flexueuses (fig. 38 bis), d’où son nom; durant leur croissance, elles sont garnies à chaque nœud d’une gaine spathiforme de second ordre, mince, violacée, striée, glabre, longue de 0",07 à 0",08 et très-caduque. Ligule très-petite, quelquefois acuminée, ciliée, pectinée. Limbe très-petit, apiculé, acuminé ; vers l’extrémité des ramifications, il devient un peu plus long et plus large. Quant aux subdivisions des ramifications, leurs organes sont les mêmes, avec des dimensions plus restreintes, chacune d'elles se terminant par trois ou quatre feuilles fort semblables à toutes celles des plantes de ce groupe.
Ce n’est que très-rarement que le Phyllostachys flezuosa a montré sa floraison ; le Jardin du Hamma d'Alger en à eula primeur; ce fait est d'autant plus remarquable que c’est la première fois également que nous pouvons constater la floraison d’une espèce du groupe auquel appartient ce Bambou; aussi nous sommes-nous empressés de faire représenter cette inflorescence, et c’est sur ces dessins (fig. 40-41) que nous en verrons l’ensemble.
Les fleurs du Phyllostachys flexuosa naissent sur toutes les ramifications que portent les tiges et à la place qu’occupaient les feuilles. Elles forment par leur ensemble et par leur groupement des sortes de panicules dont les divisions, prises séparément, représentent des épis de 0",03 à 0",04 de long, composés le plus ordinairement de 8 ou 10 épillets, bien qu'on en compte parfois moins de 8 et jusqu’à 14; chacun porte une, deux, ou très-rarement trois fleurs.
Sur chaque épi, l'on remarque des fleurs avortées, des fleurs fertiles et des fleurs stériles, ces deux dernières réunies le plus souvent dans un même épillet. Si on l’étudie en procédant de la base au sommet, voici ce que l’on constate. À la base de la partie dorsale, accolé à l’axe qui le supporte,
on remarque un organe extrêmement petit, c’est une sorte d’écaille caxénée, à sommet obtus, et légèrement velue extérieurement. C’est du centre de cet organe persistant, d’un millimètre à peine de hauteur, que sort l’épi. Celui-ci porte à sa base six gaines écailleuses; les trois premières sont extrêmement petites et courtes, de À à 4 millimètres; le sommet en est obtus et le plus souvent échancré, ou plutôt fendu de haut en bas; les trois autres gaines sont plus longues, elles ont de 5 à 7 millimètres ; l'une d’elles, la plus. courte, a le sommet obtus, mais les deux suivantes offrent des caractères différents : elles se terminent par une pelite membrane ciliée qui est très-peu développée, c’est une ligule, et par un appendice très-court, c’est la languette qui commence à apparaître. Sur l’un des côtés et sur une partie de l’autre, les gaines sont bordées de petits cils blanchâtres. Elles sont donc, comme on le voit, de forme variable ; chacune delles est accompagnée à sa base d’un très-pelit bourgeon plus ou moins développé, souvent presque à l’état rudimentaire, et qui, par suite de sa situation, doit rester tel quel; d’où l’on peut conclure que les gaines écailleuses accompagnées de leur bourgeon représentent des épillets dont les fleurs avortent complétement.
Après ces premiers épilets, en quelque sorte atrophiés, on remarque les épillets fertiles, composés comme suit :
1° Une gaine écailleuse, longue de 20 à 25 millimètres, large, quand elle est dérouléé, de 5 à 7 millimètres, terminée par une petite languette pointue. Entre ce dernier organe et l'extrémité de la gaîne, on aperçoit une tigule très-courte et légèrement ciliée. La surface supérieure de la gaine est un peu scabre au toucher. De petits cils blanchâtres existent sur l’un des côtés et sur la moitié de l’autre.
2 À la base de cette gaine, une petite bractée carénée, longue de 5 à 8 millimètres, mince, molle, blanchâtre, presque obtuse, avec la partie dorsale légèrement velue. Un bourgeon très-petit, peu ou point développé, l'accompagne à sa base. Ce bourgeon est sans doute encore une des fleurs, qui avorte.
3° Au-dessus de cette bractée carénée, une écaille membra-
PHYLLOSTACHYS FLEXUOSA.
Fi. 41. Fleur.
FIG. 40. Inflorescence enpanicule. --
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neuse, molle, longue de 15 millimètres environ et se terminant brièvement par une pointe courte. Quelques petits poils soyeux se font remarquer sur les bords, vers l’extrémité. La partie dorsale de cette sorte d'écaille est très-légèrement pubescente.
% Une écaille d’une autre nature, longue de 20 à 25 millimètres, à pointe très-effilée, suit l’écaille membraneuse; elle est un peu plus épaisse, plus résistante et plus longue, et glabrescente.
o Enfin une dernière écaille, semblable par la forme à celle qui précède, mais différente par un caractère constant, celui d’avoir la pointe fendue dans une partie de sa longueur.
Ces cinq organes composant l’épillet sont distiques, imbriqués et enroulés, plus particulièrement les deux derniers, les uns par-dessus les autres. Ils sont de couleur verte à leur base, et légèrement violacés vers leur extrémité, surtout sur les parties exposées à la lumière.
6° A la base de la partie dorsale de la dernière écaille qui termine l’épillet, et insérée sur le même plan, est une petite arêle fillforme, quelquefois de la longueur de l’écaille, mais le plus ordinairement n’ayant que la moitié de cette longueur.
7° Au sommet de l’épillet, à la base de la dernière écaille et enveloppés par celle-ci, sont les organes sexuels, composés des étamines et du pistil.
Nous avons dit plus haut que les cinq pièces bractéales ou écaiileuses qui composent l’épillet étaient toutes enroulées les unes par-dessus les autres; c’est donc dans ces conditions que se forment et se développent les organes sexuels. Lorsque ceux-ci sont arrivés à leur parfait développement, ils s’allongent (fig. #1 FL), pour s’échäpper par l'ouverture de l’extrémité de cette sorte d’enveloppe, qui représente une espèce d’étui ou de fourreau.
Les étamines, au nombre de trois (fig. 41), sont insérées à la base et autour de l'ovaire. Elles sont très-longues, de 95 à 39 millimètres, et la moitié de leur longueur inférieure est emprisonnée par les écailles constitutives et caractéristiques de la fleur. Le filet de chaque étamine est blanc et d’une
ténuité extrème. Les anthères sont très-développées, longues de 10 à 12 millimètres, d’un jaune pâle et suspendues par la partie échancrée de l’une des extrémités; elles ont deux loges. Lorsque leur développement est compiet et que le pollen est sur le point de s'échapper, elles s’ouvrent par leur sommet, mais seulement sur une petite partie de leur longueur.
L’ovaire est relativement très-petit, globuleux, ovoïde.
Le style est situé au sommet de l'ovaire; il est de la même longueur que les écailles; le stigmate qui le termine, trifide, plumeux et de couleur violacée, s’épanouit à sa sortie des enveloppes. Gette teinte violacée du stigmate se remarque aussi sur une partie de la longueur du style.
Les caractères que nous venons de décrire indiquent un épillet fertile, uniflore, et les organes sexuels réunis à la base de l’écaille supérieure démontrent que le Phyllostachys * fleæuosa est une espèce à fleurs hermaphrodites; mais en voici un autre différent, celui-ci est biflore et comprend une fleur stérile et une fleur fertile. Il se compose d’une gaine lisulée et à languette, embrassant les deux fleurs à leur base et les enveloppant, puis d’une écaille carénée, à la base de laquelle s’est développée la fleur stérile. Celle-ci est formée : 1° d’une écaille membraneuse; ® d’une écaille plus longue et pointue; 3° d’une écaille semblable à la deuxième, mais ayant la pointe fendue dans une partie de sa longueur; 4° enfin des organes sexuels, mais mal conformés.
La fleur fertile est placée un peu au-dessus de la fleur stérile. Elle est composée : 1° d’une écaille membraneuse; ®% d’une écaille pointue; 3° d’une écalle à pointe fendue ; 4° des organes sexuels parfaitement formés et développés.
Un épillet uniflore et fertile se présente encore : mais à celui-ci il manque un organe, c’est l’écaille carénée, qui fait complétement défaut.
Enfin, un dernier épillet nous reste à étudier. Celui-ci est terminal ; il est situé à l'extrémité de l’épi. Cette fleur diffère des autres; elle se compose seulement de trois pièces : gaine ligulée et à languette, écaille pointue, écaille à pointe fendue,
puis des organes sexuels bien constitués. Il manque à cet épillet l’écaille carénée et l’écaille membraneuse.
L'épi que nous venons d’analyser est donc composé, en moyenne, de onze gaines de formes variables et représentant les épillets; les six premiers étaient, dans l’inflorescence que nous avons étudiée, complétement avortés et représentés seulement par des gaînes en forme d’écailles et par des bourgeons atrophiés; les cinq autres, au contraire, accompagnaient des épillets fertiles, uniflores ou biflores.
En dehors cependant des caractères que nous venons de signaler, nous avons rencontré sur d’autres épis des épillets fertiles uniflores, qui avaient six enveloppes florales au lieu des cinq décrites ci-dessus, et deux écailles membraneuses au lieu d’une.
On peut rencontrer encore, mais très-rarement, des épillets triflores, lesquels se caractérisent par : 1° une gaine ligulée et à languette; 2° une écaille carénée; 3° une écaille membraneuse; # deux fleurs stériles portant chacune quatre écailles de différentes longueurs, plus ou moins développées et semblables, comme forme, à celles que nous avons déjà décrites ; 9° d’une fleur fertile, n’ayant que trois écailles bractéales de même nature que celle des autres fleurs fertiles, et renfermant les organes sexuels bien conformés et développés. Quelquefois la fleur fertile est sur l’un des côtés de l’épillet; dans d’autres cas, elle se trouve entre les deux fleurs stériles.
Dans certaines circonstances et lorsque les épillets étaient plus vigoureux, mieux développés, nous avons rencontré des épillets biflores qui étaient fertiles, à fleurs parfaitement développées et bien constituées toutes deux.
Pendant que l’épi se forme et lorsqu'il a atteint la moitié de sa longueur, les organes qui le composent ont une couleur verte légèrement violacée ; mais lorsque la végétation est Lerminée et que les étamines commencent à s’échapper de leur prison, la couleur violacée disparaît presque entièrement ; les petites feuilles de forme écailleuse que nous avons remarquées à la base de l’épi deviennent jaunâtres, et quelquesunes d’entre elles se détachent et tombent.
L’épi, qui est de forme elliptique, a un autre caractère que
nous ne pouvons passer sous silence : 1l est légèrement arqué. D'un autre côté, nous avons dit que les gaines ligulées, à languette, sont disposées sur deux rangs; elles ont en effet cette disposition à leur point d'insertion sur le petit axe qui les porte ; mais pendant leur végétation, et par suite d’une légère déviation, ces gaines, qui s’étalent un peu, rapprochent leur extrémité sur la partie dorsale de lépi et forment de celte manière une sorte de toiture imbriquée. D’après celte disposition de ces organes, on dirait que l’épi est unilatéral.
Les gaines ligulées, à languette, offrent des variations dans leur longueur; tantôt elles dépassent les écailles florales, tantôt elles sont plus courtes. La languette qu'on aperçoit à leur extrémité offre aussi des caractères variables dans leur forme ; généralement elle n’est représentée que par une petite pointe apiculée, affilée, à peine élargie à sa base, ayant de 3 à 6 millimètres de lonÿueur ; mais quelquefois elle a le caractère d’une feuille, Nous en avons remarqué qui étaient cordiformes, longues de 15 millimètres et larges de 6. Quand ces sortes de languettes prennent le caractère foliacé, elles sont caduques. Celles que nous avons observées sur ces gaines ne sont done, à en juger par leurs différentes formes et la place qu’elies occupent, que des feuilles rudimentaires.
Au moment où la floraison du Phyllostachys fleæuosa est pour s'effectuer, les feuilles perdent leur couleur verte pour jaunir, se dessécher ettomber ensuite; ce n’est qu'après leur chute complète que les inflorescences apparaissent, et que les fleurs se développent. Quelque temps avant leur complet développement, c’est-à-dire avant leur sortie des enveloppes, deux des trois étamines ont leurs anthères logées côte à côte dans l’écaille supérieure, tandis que l’autre occupe seule l’écaille inférieure, c’est-à-dire celle qui précède immédiatement la supérieure.
Les glumellules sont extrêmement rares dans les fleurs du Phyllostachys fleæuosa. Dans les nombreux échantillons que nous avons analysés, nous n'avons pu les observer qu'une seule fois, et dans une fleur terminale, sur la plante qui a fleuri chez MM. Thibaut et Kételeer, horticulteurs, à Sceaux, en juin 4876.
Pendant la floraison, les chaumes sont totalement dégarnis
de feuilles, et leur végétation est terminée avec la maturité des graines. Les ramifications continuent, il est vrai, à émettre à leur sommet quelques organes floraux avortés, mais le desséchement complet du chaume est le terme de toute végétation extérieure. En même temps que les chaumes disparaissent, de petites tigelles sortent de terre, donnant naissance à des fleurs quelquefois bien conformées, quelquefois avortées. Dans d’autres cas, ce sont de petits chaumes chargés de feuilles et de fleurs qui végètent quelque lemps et auxquels succèdent d’autres plus forts. Les rhizomes de la vieille touffe ne seraient donc pas entièrement altérés, car des pousses de plus en plus accusées paraissent surgir.
Les rhizomes sont exactement semblables au type de ceux de ce groupe.
Comme aspect, le P hyllostachys fleæuosa diffère des espèces voisines par ses chaumes un peu inclinés au sommet, par les coudes que présentent alternativement ses mérithalles et par ses ramifications plus flexueuses. Quant au chaume, il n'offre aucune particularité : même couleur dorée en vieillissant, même dépression cannelée. Pour la taille et la dimension, on peut le classer avec les Phyllostachys aurea, viridi-glaucescens, violascens, c’est-à-dire entre 3 et 4 mètres de hauteur.
Ce Bambou, originaire des parties froides de la Chine, a été adressé en 1864 à la Société d’acclimatation, qui, après l'avoir multiplié, a pu songer à le répandre. Nous l’avons introduit au Hamma dès l’année 1869, el avons contribué à sa large diffusion par de nombreuses multiplications.
Son lieu d’origine et l’expérience démontrent que le climat de Paris est supporté par cette espèce, qui se plaît aussi dans les parties méridionales de l’Europe et en Algérie, surtout dans les parties élevées ; elle résiste néanmoins aux sécheresses du littoral de l’Afrique du Nord.
Sa multiplication est la même que celle qui est usitée pour tout le groupe : sectionnement des rhizomes. Cependant, les tiges étant plus rapprochées elles constituent ainsi des touffes qui peuvent être transplantées en motte avec chance de réussite.
Phryllostachys violascens.
Bambusa violascens. Hort.
3 mètres de haut, — 2 centimètres de diamètre.
(Végétation vernale et rhixomes traçants.)
En Algérie, les bourgeons ou turions sortent de terre dans les premiers jours d'avril; en 1876, par suite d’une température exceplionnellement chaude, ils se sont montrés dans la première quinzaine de mars.
Le bourgeon est droit, conique, pointu, légèrement aplati ; terminé par de petits limbes avortés, droits et un peu sinueux, dont les bords sont lisérés de clair (fig. 42). Il est dans son ensemble d’une couleur verdâtre, marbré de teintes violacées et de petites macules.
Les 3 ou 4 premières gaines spathiformes de la base sont longues de 0",08 à 0",14, avec une largeur proportionnée à l'épaisseur de la tige, puisqu'elles l'embrassent complétement par leur base. Leur sommet est plus ou moins acuminé; elles sont striées, de couleur brune, violacée, verdâtre, mais jaunissant très-promptement. La partie dorsale est presque glabre ou légèrement scabre, c’est-à-dire peu rude au toucher ; les bords ne sont pas ciliés. La liguie est peu développée, ainsi que le limbe, qui est presque à l’état rudimentaire ou bien n’a que 4 ou à millimètres de long.
Les gaines supérieures deviennent successivement beaucoup plus longués ; elles peuvent atteindre 0",20 de long sur 0",08 de large à la base. Leur sommet est obtus; la partie dorsale est scabre dans les premiers temps et lisse par la suite ; les bords sont légèrement ciliés. La couleur reste la même; cependant, à leur extrémité, on remarque, de chaque côté, une large bande blanchâtre, ce qui indique un commencement de décoloration; en effet, avant de tomber, elles deviennent jaunâtres extérieurement, tandis qu’à l’intétérieur elles ont pris une teinte violette assez intense, qu'elles
conservent longtemps encore après leur chute. En outre, elles sont striées. La ligule est parfaitement développée, elle est haute de 3 à 4 millimètres, obtuse à son sommet et fortement fimbriée sur cette partie ; sa couleur est brunâtre et violacée. Le limbe s’est également modifié ; il est devenu plus long, de 15 à 95 millimètres, étroit, ondulé, d’une couleur bronzée olivâtre; la partie dorsale est légèrement scabre, et les bords rudes au toucher. Le limbe devient plus foncé que la gaîne en vieillissant.
Les ramifications repoussent bientôt les gaines et quelquefois elles lestraversent : elles sont, en certains cas, serrées entre la saine et la tige, et laissent passer à l’extrémité de cette gaine une masse de petites languettes vertes qui tranchent sur la couleur foncée du chaume.
Au fur et à mesure que les saines spathiformes se détachent, la tige, mise à nu, est vert tendre, légèrement pruineuse : elle se recouvre d’une matière blanche, semblable à celle qu’on remarque sur les prunes de Reine- Claude lors de leur maturité.
Cette matière pruineuse est plus intense au-dessous du nœud et dans la gouttière où étaient looées les ramifications,
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F1G. 42. — PHYLLOST. VIOLASCENS.
Bourgeon naissant.
Celles-ci, longues et flexibles, apparaissent enveloppées de gaines violacées, el, sous l’effet de la lumière, dès qu’elles ne sont plus protégées par leurs gaines, les tiges et les ramifications, d’abord vertes, se colorent immédiatement en un violet intense : de là le nom spécifique de ce Bambou ; mais, avec l'apparition des feuilles, ce ton violet s’efface insensiblement pour faire place à la teinte jaune pâle ou jaunâtre propre à tous les Bambous de ce groupe.
Comme cela à lieu pour les Bambous traçants et à végétation vernale, les tiges du Phyllostachys violascens se ramifient en même temps qu’elles croissent; ces ramifications commencent dès la base, Très-jeunes, à l’état de bourgeons, elles sont enveloppées d’une écaille binervée, accolée à la tige, haute de 15 à 25 millimètres, large de 10 à 15 à la base, composée de deux membranes pelliculeuses, assez épaisses quelquefois pour ne plus être transparentes, d’autres fois assez minces pour l'être plus ou moins. Sur sa partie dorsale sont deux nervures latérales, assez éloignées l'une de l’autre el peu apparentes, mais portant quelques petits poils épineux. La forme de cette écaille est conique ; son sommet est quelquefois cilié, arrondi, obtus ou légèrement échancré, ayant, dans ce cas, un côté plus haut que l’autre. Elle est striée, glabre, et la membrane située en avant est fendue dans toute sa longueur, tantôt à droite, tantôt à gauche, quelquefois vers le milieu. Cette écaille binervée se retrouve sur les ramificalions, chaque fois que celles-ci se subdivisent, mais on comprend qu'alors elle est beaucoup plus petite dans toutes ses proportions.
Les ramifications de la tige du Phyllostachys violascens, en France, sont généralement au nombre de 3 à chaque nœud, et toutes trois d’inégale longueur, celle du milieu étant de beaucoup plus petite ; mais, dans le bassin méditerranéen, elles sont seulement géminées. Ces ramifications de premier ordre, situées vers le centre de la tige, peuvent avoir une longueur de 0",50; elles portent à chaque nœud une gaine spathiforme très-caduque, de petite dimension relativement à la grosseur du rameau ; celui-cise termine loujours par quatre ou cinq feuilles.
En même temps que les ramifications de premier ordre se développent, il en naît une ou deux autres à chacun de leurs .nœuds; ce sont celles que nous avons appelées de second ordre, moins longues que les premières et se lerminant comme elles par quatre ou cinq feuilles. Elles se ramifient à leur tour, dans des dimensions naturellement plus restreintes et se terminent également par des feuilles.
Tels sont les caractères d’une tige de PAyllostachys violascens, la première année de sa naissance, caractères communs à tous les Bambous du groupe, dont il ne diffère que par cette couleur violacée, d’ailleurs très-passagtre.
Inflorescence non encore remarquée dans les cultures. Rhizome semblable à tous ceux du groupe. — Comme aspect, il est droit; les tiges naissent un peu touffues sur les rhizomes; elles ont 3 mètres de hauteur, 90 à 60 millimètres de circonférence, mais tout leur développement n’est pas connu, car c’est une espèce encore nouvelle pour nos collections.
En France, le Ph. violascens est très-traçant et constitue une espèce véritablement rustique. En Algérie, il se comporte bien, mais souffre des sécheresses prolongées; certaines altitudes et des expositions au nord lui conviendraient mieux que les plaines basses et les terres du liltoral, où cependant il parait devoir constituer une plante remarquable par son développement, quand les pieds seront plus âgés.
Multiplication facile par les procédés indiqués. — Il n’a pas d’usages spéciaux, car, malheureusement, il ne conserve que peu de temps sa teinte violacée.
Phyilostachys sulphurea
Bambusa sulphurea. Mort.
(Végétation vernale, rhisomes lragçants.)
L'origine de cette espèce, introduite au Jardin d’acclimatation en 1865, ne semble pas bien certaine. Importée au Hamma en 1871, elle n’a pas supporté le premier été, et
nous n’en possédons que de trop faibles pieds pour en donner dès maintenant une description assez détaillée.
Le caractère saillant qu'elle présente dès le jeune âge consiste dans la belle couleur jaune d’or de toutes ses parties, notamment de ses ramifications, et le terme spécifique d’aurea lui conviendrait mieux que celui de sulphurea, si le premier n'était déjà employé pour désigner une espèce qui a une couleur jaune d’or bien accentuée à la fin de sa végétation, vers la deuxième année, teinte d’ailleurs commune à un grand nombre de chaumes de cette division des Bambous traçants. <
Sous le climat de Paris, le Phyllostachys sulphurea est traçant ; 1l a quelque rapport avec le Ph. flezuosa, mais il est un peu plus raide et plus court que lui. Ses ramifications, ses feuilles, avec leurs gaines et leurs ligules, ont bien des analogies avec des plantes voisines, et c’est dans les gaines spathiformes seules que l’on pourrait trouver des caractères qui préciseraient davantage l'espèce.
C’est une plante rustique aux environs de Paris, supportant parfaitement le froid comme les Phyllostachys milis, aurea, viridi-glaucescens, etc. Sa culture est la même que celle qu’on applique à ces espèces; seulement, élevée en serre et dans un pot qui en réunit plusieurs chaumes, n’ayant pas à supporter les abaissements de température, étiolée et tendre, celte plante, par la couleur jaune brillant de ses ramifications, du milieu desquelles se détachent des feuilles d’un vert gai, est d’un effet agréable et décoratif.
Arundinaria Simoni Synonymie. -— Bambusa Simoni. Carrière.
6 à 8 mètres de haut. —2 centimètres de diamètre. (Végélation vernale et rhixomes tracants.) Ce Bambou a été introduit du Japon par M. Eugène Simon,
Consul en Chine, auquel il a été dédié. Il fut envoyé, en 1862, au Muséum de Paris, et décrit plus tard par M. Carrière.
En Algérie, les jeunes bourgeons ou turions sortent de terre dans les premiers jours de mai. Ils sont entièrement cylindro-coniques, sans aplatissement ni dépression, surmontés de limbes verts longs et larges. Ils sont composés de gaines vertes, avec des stries apparentes, lisses, mais dont les bords se dessèchent rapidement.
Lorsque le chaume grandit, il est simple et garni dans toute sa longueur de gaines spathiformes (fig. 43) persistantes. de différentes dimensions. Les cinq ou six premières de la base sont longues de 0,03 à 0",12; elles sont distiques, imbriquées, de couleur jaunâtre, embrassent complétement la tige (fig. 43) et se terminent en une sorte de cornet presque pointu. Elles sont glabres, striées, avec les bords ciliés sur la moitié de leur partie supérieure,
La ligule est peu développée, grisätre et très-légèrement ciée. Le limbe est petit, apiculé, un peu élargi à la base, caduc ; il est grisätre et glabre.
Observées plus haut, c’est-à-dire vers la moitié de la tige, les gaines spathiformes deviennent beaucoup plus grandes; elles atteignent parfois jusqu’à 0",26 et peut-être davantage. Les deux bords se recouvrent dans la plus grande partie de leur longueur (fig. 43). Elles se terminent en une sorte de cornet allongé, et le sommet est brusquement tronqué horizontalement. Ces gaines sont violacées pendant leur croissance, mais cette couleur disparaît au fur et à mesure que grandit la tige et elle devient jaunâtre. Elles sont striées dans toute leur longueur, glabres, légèrement ciliées sur les bords de la partie supérieure. En outre, elles sont trèsépaisses et coriace:. La ligule est peu large : de 12 millimètres environ; peu haute : de 3 à 4; souvent tronquée horizontalement; on n’v remarque plus les bords ciliés, comme sur les gaines inférieures. Le limbe est étroit, lancéolé, glabre en dessus, très-légèrement rugueux en dessous, bordé de quelques petites dents épineuses. Sa couleur est d’abord verte et rubannée de blanc, mais elle devient, en trèspeu de temps, jaune ou grisâtre. Sa longueur est variable, depuis 3 jusqu’à 15 centimètres ; sa largeur est de 4 à 12 mil-
limèlres ; il est vite caduc. Lorsque la tige termine son élongalion, le limbe devient un peu plus long et plus large (fig. 44); en un mot, il devient foliacé,
Le chaume, entièrement cylindrique (fig. 43) et sans cannelure, est de couleur verte légèrement pruineuse ; les nœuds sont un peu saillants, entourés immédiatement au-dessous d’une matière très-blanche, comme farineuse.
La tige offre, en outre, les caractères suivants : les gaines spathiformes de la base sont plus longues que les mérithalles; celles de toute la partie centrale sont plus courtes, et les autres du sommet redeviennent plus longues. Les mérithalles, à la base, sont longs de 3 à 10 centimètres seulement, mais ils peuvent en atteindre de 40 à 45 vers le milieu de la tige.
Durant tout le temps de sa croissance, la tige est simple (fig. 44); une fois celle-ci achevée, elle produit des ramifications sur toute la moitié de sa partie supérieure. Elles naissent à l’aisselle des gaines spathiformes, en groupe compacte et serré à chaque nœud (fig. 45). Lorsque va avoir lieu le développement de ces ramifications, on voit apparaître sur un même point un faisceau de petits bourgeons qui naissent du centre d’une écaille bicarénée ou binervée, adossée à la tige, dont elle prend la forme (fig. 46), haute de 12 millimètres environ. Sa base a la même largeur; son sommet est ovaliforme. Elle se compose de deux membranes pelliculeuses : l’une appliquée sur la tige, l’autre fendue dans toute sa longueur et recouvrant les jeunes bourgeons sur les côtés ; deux nervures latérales en forment presque les bords, chacune d'elles portant dans toute sa longueur une petite aile membraneuse de couleur grisätre et frangée (fig. 46). Les bourgeons soulèvent ou déchirent la membrane supérieure pour sortir et former le faisceau de ramifications décrit ci-dessous. Le fond de la membrane reste accolé entre ces ramifications et le chaume, aplali contre ce dernier, et laissant déborder ses franges (fig. 47). Cet organe disparaît assez rapidement.
Lorsqu'une tige de l’Arundinaria Simoni est arrivée à la fin de sa deuxième année, elle présente les caractères sui-
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ARUNDINARIA SIMONT.
F16. 43. Chaume avec sa gaîne. — F1G. #4. Chaume de première année. — F1G. 45. Chaume de deuxième année. — Fi. 46-47. Écailles binervées.
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