‹ Les bambousChapitre 21 sur 44 · TES · texte numérisé non relu

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gaines (fig. 92) a subi une transformation brusque : de trèsétroit qu'il était, il est devenu très-long et très-large ; il a pris, en un mot, le caractère d’une véritable feuille. Long de 0",3 à 0,59, et large de 0",04 à 0°,06 dans sa partie centrale, il est longuement acuminé, et sa base est ovaliforme. La nervure médiane est plus saillante en dessous qu’en dessus. De chaque côté de cette nervure, on en remarque ou 10, ce qui les porte, sur le même limbe, au nombre de 16 à 20, mais elles sont beaucoup plus petites ; on aperçoit entre elles des stries très-rapprochées. La face supérieure est verte et glabre; la face inférieure est glaucescente et un peu rude au toucher ; les bords portent de petites dents épineuses inclinées vers l'extrémité du limbe, qui est légèrement flexueux et pubescent sur la partie qui le sépare de sa gaine. La gaine qui porte ce limbe élargi s’est un peu modifiée aussi ; elle est longue de 0",10 à 0®,15, complétement et fortement enroulée autour de la tige ; en outre, elle est scabre, de couleur verte et violacée ; son sommet est auriculé.

La ligule, de couleur violacée, pileuse, est haute de 5 millimètres environ ; elle embrasse la moitié de la tige sur laquelle elle est appliquée ; sa forme est légèrement auriculaire comme le sommet de la gaine.

À la fin de son élongation, le chaume est simple, sans aucune ramification, cylindrique dans presque toute sa hauteur, diminuant de grosseur vers l'extrémité (fig. 52). Sa couleur est d’un vert plus ou moins intense dans toute la longueur des mérithalles, mais les nœuds sont d’une couleur olivâtre et recouverts d’une matière pruimeuse blanche.

C'est lorsque la jeune tige de l’'Arundinaria Japonica à complétement terminé son élongation qu'elle se ramifie. Les ramifications commencent à naître, vers son extrémité, à l’aisselle des cinq ou six dernières gaines spathiformes, placées au-dessous des gaines foliacées qui la terminent (fig. 95). Elles sont simples à leur point d'attache sur la tige, et se forment sous les gaines. Chacune d’elles nait d’un bourgeon composé d’abord d’une sorte d’écuille, celle que nous appelons gaîne bicarénée ou binervée. Adossée à la tige, celle-ci

porte, sur sa partie dorsale, deux nervures latérales assez saillantes; elle est haute de 15 à 18 millimètres et large de 9 à 8 ; sa forme est presque plate; le sommet est obtus, presque mucroné (fig. 4). Les deux nervures, assez éloignées l’une de l’autre, sont couvertes de villosités blanchâtres (fig. 54). La texture de la gaine bicarénée, entre les deux nervures et les deux ailes qui bordent ces dernières, est extrèmement mince; c’est une membrane pelliculeuse el transparente.

Au fur et à mesure que le bourgeon s’allonge, on remarque d’abord qu’il est composé à sa base de gaines de forme écailleuse, au nombre de #4 ou 5, longues de 1 à 6 centimètres, de couleur jaunâtre, fortement appliquées sur le bourveon et l’embrassant complétement; elles sont glabres el plus ou moins terminées par un limbe en quelque sorte apiculé. Plus haut, ces gaines se modifient : leur longueur est beaucoup plus grande; leur couleur est devenue verte, et leur partie dorsale s’est couverte de poils; le limbe est plus développé, il prend le caractère d’une vraie feuille; la ligule s’est formée, elle est plus apparente.

Après une année de végétation, une tige d’Arundinaria Japonica présente les caractères suivants : Elle est garnie, dans toute sa longueur, de gaines spathiformes, de couleur orisätre marbré de blanc, fortement persistantes et enroulées autour de la tige (fig. 53). La ligule est de même couleur ; les limbes ont presque complétement disparu. Les ramifications, au nombre de 8 ou 10, se sont développées, comme nous l’avons dit plus haut, vers la partie supérieure de la tige (fig. 53), et en dessous des quatre ou cinq gaines foliaires qui la terminent. Ces ramifications, en se développant et s’éloignant de la tige, ont, au fur et à mesure qu’elles croissaient, entrainé, chacune, leur gaine spathiforme, en lui faisant abandonner peu à peu la tige qu’elle enveloppait; mais, comme celle gaine est épaisse, résistante et coriace, elle s’enroule, en se séparant ainsi de sa tige, autour des ramifications, où nous la retrouvons occupant leur partie supérieure, qui semble dès lors sortir comme d’un fourreau. Les gaines restent néanmoins adhérentes à leur point d'insertion. Les

ere l'IG. 56. (TEE DOTE TEEN

INFLORESCENCE DE L’'ARUNDINARIA JAPONICA.

F16, 55, Iuforescence. — F16, 56, Fleur hermaphrodite. —— F16. 57. Le style trilide. - F1G. 58, Enserrement des étamines après fécondation, — K16. 59. Epis avortés sur jeunc: tiges de 1 à 20 centimètres de haut.

ramilications, malgré cet emprisonnement, portent à leur base les gaines de forme écailleuse que nous avons déjà décrites et qui ont conservé leur même caractère, avec cette différence que la couleur est devenue jaunâtre; un peu plus haut, elles se sont modifiées; elles sont devenues plus longues, puisque parfois elles atteignent de 0,10 à 0°,15. Leur couleur est légèrement violacée, et la partie exposée à la lumière est un peu velue. La ligule est petite, entière, comme tronquée, d’un blanc grisätre. Le limbe représente la véritable feuille ; il est long de 20 à 50 centimètres ; sa larseur est de 3 ou 4, prise vers le centre ; la base est ovaliforme, et le sommet longuement acuminé. La face supérieure est glabre, verte, un peu luisante; l’inférieure est glaucescente, un peu rugueuse. La nervure médiane est plus apparente en dessous qu’en dessus; on y remarque de chaque côté, ainsi que dans le limbe de la gaine spathiforme, de 8 à 10 petites nervures, ce qui en porte le nombre à 16 ou 20 sur chaque limbe. Entre celles-ci existent également des stries assez nombreuses. Les bords sont très-légèrement accompagnés de petites dents épineuses ; la base qui s’unit à la gaine, au lieu d’être velue comme dans le limbe de la gaine spathiforme, est couvert de pellicules qui se lèvent par plaques.

Nous avons dit que les ramifications que porte la tige principale sont simples ; par conséquent, il nait un seul rameau à chaque nœud ; chaque ramification principale peut en porter deux ou trois autres, qui se développent, comme sur la tige, au-dessous des trois ou quatre dernières gaines foliaires qui terminent lesdites ramifications (fig. 53).

La tige, on l’a vu. est très-droite; sur des sujets vigoureux, les mérithalles sont plus ou moins longs; à la base, leur longueur est de 0,02 à 0",06, mais, vers le milieu de la tige, elle atteint jusqu’à 0",22; ils se raccourcissent ensuite en se dirigeant vers l'extrémité. La tige devient jaune en vieillissant. Les nœuds sont peu saillants et conservent en dessous une sorte de bague blanchâtre. Sur les ramifications, les nœuds ont les mêmes caractères, mais ils sont plus rapprochés.

La moitié inférieure de la tige de l’Arundinaria Japonica étant tout à fait simple et dénudée, la partie supérieure seule porte les ramifications; on aperçoit, à la base de chacune d'elles, une cannelure avec sillon, occupant une petite partie de la longueur de chaque mérithalle ; cette dépression est peu profonde, peu longue et quelquefois peu apparente.

L’inflorescence a les caractères généraux de celle de l'A rundinaria Simoni. C’est une panicule ramifiée (fig. 55), composée d’épis plus ou moins nombreux, serrés, assez souvent courts et anguleux, velus ou pubescents, quelquefois glabres et rugueux. Épillets d’une dizaine de fleurs, cylindriques, longs de 2 centimètres environ. Glumes inégales, lancéolées : les inférieures à quatre ou cinq nervures, marginées, quelquefois ciliées ; les supérieures portant jusqu’à neuf nervures, marginées, glabres. Paléole inférieure portant jusqu’à quinze nervures, lancéolée, à dos convexe, mucronée, aiguë, verte ou colorée, de couleur fauve après la floraison, un peu scabre, velue et marginée ; la supérieure, presque égale ou rarement plus courte, portant deux mucrons à son sommet, bicarénée.

Fleur hermaphrodite, composée de trois étamines pendantes (fig. 96), planes et presque persistantes, d’un style peu ou point long, mais profondément trifide, à trois stigmales allongés (fig. 57). L’ovaire est oblong. Après la fécondation, glumes et glumelles se rapprochent (fig. 58), enserrant style et étamines qui émergent au sommet, pendantes et décolorées.

L'Arundinaria Japonica présente des chaumes de 2 à 3 mètres de hauteur, sur une circonférence de 4 à 5 centimètres, très-droits, mais dégarnis jusqu’à la moitié de leur hauteur ; l'extrémité seule est chargée de feuilles, très-vertes, larges et assez longues. Ses gaines sèches, mais persistantes, lui donnent un aspect peu agréable. Le chaume a des parois très-épaisses, comme le montre la coupe transversale de la figure 20, représentant un mérithalle entouré de sa gaine.

L’Arundinaria Japonica se multiplie par section des rhizomes, qui s’éclatent facilement.

Ses usages sont restreints; très-rustique et très-répandu

dans le nord de la France, il peut figurer en touffe isolée sur les pelouses. Il a fleuri sous le climat de Paris, mais, en somme, il n'offre qu’un intérêt fort médiocre, et nous ne serions pas étonné qu'il fût relégué tôt ou tard dans les jardins botaniques. En Algérie, il semble, sous le rapport de l'utilité, n'avoir aucun avenir, malgré sa résistance à la sécheresse.

Une remarque assez curieuse faite à Alger, à plusieurs reprises, c’est que ce Bambou, dans certains cas, tend à s’amoindrir au lieu de prendre du développement. Si on l’abandonne dans un lieu non cultivé, il finit par arriver à l’état de plante herbacée, ses épillets, accompagnés de deux feuilles, se trouvant portés sur de petites tiges qui ont à peine 0",10 de hauteur. L’inflorescence, dans ce cas de dégénérescence, constitue un épi, long, grêle, serré, portant des étamines longues et pendantes (fig. 29).

Arundinaria falcata. Nees.

Bambusa falcata. Hort,

2=,50 de hauteur. — 8 millim. de diamètre.

(Végélation vernale, touffe cespiteuse.)

Cette espèce se rapproche beaucoup du Bambusa gracilis, avec lequel on la confond souvent, bien qu’elle en soit distincte; mais elle est tellement polymorphe qu'on la rapporte encore, dans le plus grand nombre de cas, aux Bambusa stricta et scriploria, parce que parfois ces derniers, altérés par l’influence de milieux favorables ou ééfavorables, ont une certaine ressemblance avec elle. Sans nul doute, cet À rundinaria a une grande quantité de variétés issues de nombreux semis qui en augmentent la confusion; mais il est certain aussi qu'à l’état naturel il présente différentes formes, et a, dans l'Himalaya, son pays d’origine, d’autres proportions et d’autres facies que ceux constatés dans nos cultures.

En Algérie, cette plante forme une forte touffe, compacte,

à chaumes réunis en gerbe, mais moins réclinés que ceux du B. gracilis, grèles, effilés au sommet, d'un vert peu intense, atteignant 2",50 de hauteur, très-cylindriques, à mérithalles courts et très-droits, à nœuds peu saillants ; ces chaumes blanchissent en veillissant et ont un aspect vernissé. Les ramifications naissent en faisceau à chaque nœud ; elles sont grêles et quelquefois rougeâtres, terminées par des feuilles variables suivant les types. Feuilles plus ou moins larges, à bords parallèles ou renflés, ordinairement longues de 8 centimètres ; de couleur vert foncé, plus pâle à la face inférieure, où se remarque une nervure fine mais saillante,.

L’Arundinaria falcata est l’un des Bambous que nous avons pu étudier à l’état de floraison, car, ayant montré ses fleurs, pour la première fois, dans les cultures parisiennes, c’est au Jardin du Luxembourg que ce fait intéressant s’est produit. Trois pieds de cette plante y sont cultivés en pots et hivernés, durant la mauvaise saison, dans une serre tempérée froide ; un quatrième, en pleine terre, sur une pelouse de gazon. Tous les quatre ont montré simultanément leurs fleurs en mars 1870; elles se sont développées sur toutes les ramifications que porte la plante (fig. 60).

Voici donc comment notre Bambou se comporte. Les fleurs forment de petits épis, dont la longueur peut varier de 2 à 9 centimètres, et composés de trois ou quatre épillets, uniflores et fertiles (fig. 61). Si on l’étudie depuis sa base jusqu'à son extrémité, on remarque, à la base de la partie dorsale appuyée sur la tige qui porte l’épi, une sorte de petite écaille très-courte, bicarénée, glabre et de forme conique; c’est du centre de cet organe, persistant et à peine haut de 2 millimètres, que naît l’épi. Gelui-ei porte d’abord à sa base quatre ou cinq gaines de forme écailleuse, distiques et imbriquées : la première, haute de 2 millimètres au plus; la seconde, un peu plus longue; la troisième, pouvant avoir de 6 à 7 millimètres ; la quatrième, plus longue que la troisième ; enfin la cinquième atteignant quelquefois 19 millimètres et large de 2 à 5. Les gaines de la base sont glabres, très-légèrement acuminées à leur sommet; Les autres sont terminées en

FiG. 62.

Fic, 61.

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