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Encaisse.
Portefeui Prêts sur Comptes
Nous donnerons plus loin des chiffres détail* lés qui permettront d'étudier la situation financière des banques, mais on peut apprécier dès maintenant le progrès général des chapitres les jrfus caractéristiques de leur bilan.
On remarquera immédiatement la rapidité de la progression depuis le 3i décembre igo^- H fout y voir sans doute, non seulement la conséquence de la prospérité du Mexique, mais aussi l'effet de la réforme monétaire qui vaut au pays une immigration considérale de capitaux étrangers.
En une seule année, du 3i décembre 1905 au 3ï décembre 1906, le capital a augmenté de ï 6000 000 depiastres. L'accroissement considérable des dépôts et des comptes-courants créditeurs est significatif de l'augmentation de volume des capitaux qui travaillent au Mexique. Il trouve sa contre-partie dans la progression du portefeuille-effets et des comptescourants débiteurs qui, bien garantis, inspirent toute sécurité.
B. — Les Banques qui jouent un rôle particulier.
Dans cet ensemble d'établissements qui se développent aussi rapidement, deux méritent une mention spéciale, en raison du rôle parti-
culier qui leur est dévolu. Ce sont la Banque Nationale et la Banque centrale mexicaine.
Banque Nationale du Mexique. — Nous avons dit les origines françaises de la Banque Nationale et comment le gouvernement trouva en elle, à une époque troublée, un soutien financier efficace. Quand la loi de 1898 fut mise à Tétude, elle se trouvait dans une position extrêmement forte, due, non seulement à Tappui officiel et aux privilèges dont elle jouissait, mais encore à la cHentèle très étendue qu'avait su lui créer une bonne administration. Or, le principe de la pluralité et de l'égalité des banques d'émission que la commission préparatoire adoptait pour base de la nouvelle législation était directement contraire à l'acte de concession de la Banque Nationale, en vertu duquel le gouvernement s'engageait à ne pas permettre la création de nouvelles banques d'émission.
Passer outre exposait le gouvernement, non seulement à perdre les services d'un précieux auxiliaire, mais encore à soulever contre les futures banques l'opposition redoutable du plus puissant établissement de crédit du pays. La sagesse politique s'accordait avec l'honnêteté pour engager le ministre des Finances à ouvrir des négociations tendant à obtenir de la Banque Nationale qu'elle acceptât le principe de la loi de 1897.
La transaction qui intervint repossdt sur les
bases suivantes. La Banque consentit à la création de nouvelles banques d'émission : elle accepta, en outre, d'élever de deux à quatre millions le montant de ses avances au Trésor fédéral, d'abaisser de 2 Vo ^ i 3/4 Vo> tous frais et risques compris, la commission qu'elle percevait pour le service de la trésorerie et de 3 Yo à I Yo la commission qui lui était allouée pour le service de la Dette, Enfin, elle ouvrait un crédit en compte-courant de 5oo 000 piastres à 3 Y© au Nacional Monte de Piedad.
En échange de ces concessions, elle obtenait une prolongation de durée de i5 ans et l'assurance que le Mont-de-Piété n'exercerait, ni ne céderait, pendant dix ans, la faculté dont il jouit de mettre en circulation des certificats de dépôts ou des billets remboursables à vue et au porteur.
Sous ce nouveau régime, la Banque Nationale continua à prospérer. Telle qu'elle est actuellement, avec ses 58 millions ae piastres de capital et de réserves et ses nombreuses succursales, elle constitue l'établissement le plus important du Mexique. Dans l'organisation nouvelle créée par la loi de 1897, elle reste cependant un peu à part. On aurait pu croire, à première vue, qu'elle allait devenir la clef de voûte du système. Mais formant déjà un tout complet par elle-même, elle n'avait aucuji intérêt à le faire. Elle reste le trésorier de l'Etat, et son appui financier direct, mais pour constituer
un lien entre les banques locales, faciliter leurs relations entre elles et assurer à l'ensemble une solidité à toute épreuve, il fallait un organe en^ tièrement nouveau et créé spécialement. Ce fat la Banque centrale qui fat fondée dans ce but.
La Banque centrale mexicaine et les relations des banques entre elles. — Voici maintenant un établissement entièrement original, non prévu
{>ar la loi mais qui apparaît cependant comme e produit naturel, le couronnement logique de l'organisation des banques locales. Quelques mois de pratique du nouveau système suffirent à en donner Tidée aux financiers mexicains.
Le principe des banques locales, excellent pour assurer à tout le pays la distribution d'un crédit approprié aux besoins variés des diverses régions, présentait, en effet, un point défectueux. L'isolement des banques était, en quel- Îiie sorte, la rançon de leur indépendance, rès souples, mais abandonnées à leurs propres ressources, elles étaient loin d'avoir la solidité des succursales d'un grand établissement qui, soutenues par le siège social, forment un ensemble compact, capable de résister aux attaques et aux crises.
D'autre part, malgré les rdations étroites qu'elles ne pouvaient manquer d'établir entre elles, le besoin se faisait sentir d'un centre
commun, d'un clearing-house qui faciliterait la liquidation de leurs opérations et rechange de leurs billets.
C'est à ce double but : faciliter les relations quotidiennes, et assurer, en cas de besoin, à chaque banque, l'appui combiné de toutes les autres, que répond la Banque centrale mexicaine, créée en février 1899, à la suite d'une entente entre les banques régionales dont elle est l'émanation directe.
Par un système ingénieux qui rappelle les procédés d'aUiance usités entre les banques allemandes (i), tous les établissements de crédit sont intéresssés directement aux affaires de la Banque centrale.
Pour jouir des franchises qu'elle accorde, les Banques des États doivent, en effet, posséder un nombre de ses actions dont la valeur entièrement versée, doit être égale à 10 Yo* au moins, du capital nominal qu'elles avaient au 3i décembre 1901. A cet effet, le capital de la Banque centrale qui était primitivement de 6 miUions de piastres et qui est actuellement de 21 millions, a été divisé en deux séries. Les actions de la série A, numéros 3o 000 à 2 10 000 représentent le capital souscrit par les action-
(i) La Banque centrale a été fondée avec le concours financier de la Deutsche Bank et de la maison Bleichrœder, ainsi que de la banque J.-P. Morgan de New-York. La dernière augmentation de capital a été réalisée avec l'appui de la Banque de rUnion Parisienne.
naires en général. La série B, numéros i à 3o ooo est réservée aux banques. Les actions qui la composent sont nominatives ; elles ont été souscrites par les banques et ne peuvent circuler qu'entre elles. Quand un établissement nouveau se fonde, si le nombre d'actions de la série B est insuffisant, il achète des actions A et les dépose à la Caisse de la Banque centrale contre un certificat mentionnant qu'elles sont soumises aux mêmes conditions que les titres de la série B. Dix ans après l'acte social, avec autorisation de la majorité des actionnaires B, les banques pourront échanger les actions B contre des actions A.
Les rapports entre la Banque centrale et les banques régionales sont réglés par un contrat conclu pour un an avec chacune d'elles. Voici les clauses principales du contrat de igoS, qui a été prolongé en 1906 : les unes ont pour objet de faciliter les opérations des banques entre elles et leurs rapports avec la capitale ; les autres organisent les mesures de secours pour le cas où l'un des étabhssements serait en danger.
Chaque banque régionale possède à la Banque centrale un compte-courant dont le solde débiteur peut atteindre 10 Vo de son capital versé. Ce compte-courant est à intérêts différentiels : 5 Vo au crédit, 7 1/2 y^ au débit. 11 est liquidé et les intérêts sont
capitalisés tous les six mois. Quand le çolde créditeur de la Banque régionale est supérieure à lo Vo de son capital, le taux des intérêts qui lui sont bonifiés est élevé de 3 Y©-' Si, au contraire, elle a un solde débiteur dépassant la limite fixée, la Banque centrale peut se couvrir à ses frais et le taux des intérêts qu'elle paie est augmenté de 3 "Z^.
La Banque centrale achète des billets de chaque banque régionale, jusqu'à concurrence du crédit qui lui est ouvert. Celle-ci doit les rembourser au pair avant la fin de l'exercice. Toutefois, pour garantir sa propre sécurité, la Banque centrale peut refuser les billets qu'on lui présenterait en quantités anormales et dans une intention suspecte. Elle avertit alors l'établissement enjeu.
La Banque centrale escompte les pagarès qui lui sont remis par les banques régionales, elle achète ou vend pour leur compte des devises, moyennant commission de 4 Vo sur le produit, frais déduits. Elle les représente auprès du gouvernement et des administrations de la capitale. Enfin, les deux parties se prêtent mutuellement et gratuitement leur concours en ce qui concerne les encaissements.
La conduite à suivre en cas de panique ou de diflficulté grave menaçant une banque a été réglée minutieusement afin d'éviter tout à-coup, toute tergiversation qui pourraient compromettre la rapidité du secours.
Dès qu'une Banque se croit en danger, elle avertit la Banque centrale qui télégraphie immédiatement aux autres nanques. Celles-ci doivent constituer à la Banque centrale un fonds égal à 5o Vo àa capital de la banque secomiie, sans que leur contribution personnelle puisse dépasser 2 Vo de leur propre capital.
La somme ainsi réunie sert à racheter au pair les billets de l'établissement menacé. Si c'est lui-même qui procède à cette opération, il doit remettre à la Banque centrale les billets rachetés avec le fonds de secours. Celle-ci les garde en dépôt pour le compte des banques et dans la proportion où elles auront apporté leur concours.
Pour ce service, la banque secourue doit un intérêt de 12 Vo sur les sommes versées et les frais de l'opération.
Il est superflu d'insister sur la portée du perfectionnement apporté au système de la loi de 1897 par la création de la Banque centrale.
Grâce à elle, les établissements locaux, tout en gardant leur initiative et leur souplesse sont investis d'une soUdité qui les met pratiquement à l'abri de toute surprise. Quant aux commodités qui résultent pour eux de leur comptecourant à la Banque centrale, du crédit qu elle leur ouvre, et du rôle de Chambre de compensation qu'elle est ainsi amenée à jouer, on peut les apprécier à la progression suivie par le
mouvement du compte « Banques locales », dans les opérations du grand établissement (i):