‹ Les Banques ColonialesChapitre 40 sur 44 · TE · texte numérisé non relu

TE

1864-65 rien 6.20 9.43 3.66

1865-66 rien 13.58 9,55 9,94

1867-68 rien 8.30 4.07 5.67

1873-74 14 Use 17.95 9

1875-76 11,38 49.23 8.63 18.60 rien 1876-77 71.80 87.95 59.70 85 6.25 1817-18 69 63.70 63.09 77.50 10 1878-79 GONE 83.15 83.65 ne 10 1879-80 T8 70.8 94,45 110 11 18S0-81 75.50 76.25 88.05 100 12.50 1881-82 71.90 81.05 74.99 83 12 50 1882-83 85.50 99.40: | 75 85 43.50 1883-84 78 94.05 70 80 : 414 1884-85 37 90.30 25 12.50 16 1885-86 40 82.30 65 rien 20 1886-87 62.50 85.05 60 rien 29 1887-88 95 95 29250 rien 35 1888-89 145 36.20 70 rien 30 1889-90 122,50 62 70 45.50 20 1890-91 95 88.90 67.05 49,90 20 1891-92 yo 410 14820) 35 50 20 1892-93 100 103.90 60 rien 20 1893-94 | 105 96.20 66 rien 20 1892-95 60 195 30 rien 20 1895-96 rien 100 10 rien 22 1896-97 rien 109.85 10 rien 25 1897-98 rien 102.60 rien 12.50 25

(4) Ce tablean est emprunté à l'Annuaire des valeurs admises à la cote officielle, année 4899, pp. 515 et 546, pour les 4 premières Banques, et p. 544 pour la Banque de l'Indo-Chine.

Il nous faut maintenant tirer des conclusions de ces chiffres et indiquer rapidement la situation actuelle de chacune des banques coloniales.

1.— Labanque de la Marlinique.— La‘banque de la Martinique a élé éprouvée, depuis quelques années, par une succession de désastres qui ayaient compromis saprospérité : crise sucrière de 1884,incendiede Fort-de-France en 1890, cyclone de 1891. Deplus à celle époque vint s'installer dans l’île une agence de la Colonial Bank de Londres, concurrente très sérieuse pour là banque de la colonie et avec laquelle celle-ci a dû s'arranger pour partager les {raites des usines sous peine de se voir privée de remises.Enfin, en mai 1897,une des principales maisons de commission de l’île, vieille de 37 ans, tomba en faillite et entraîna dans sa chute deux grandes usines. Son endos couvrait plus { millon d'effets escomptés sur 5 millions que comprenait alors le portefeuille de la banque. Une telle chute rendant exigibles une quantité énormes de créance jeta dans la clientèle de la banque un grand désarroi. Le Gouvernement envoya alors comme inspecteur, puis nomma directeur intérimaire de la banque un inspecteur de la banque de France, M. Sévène, dont l'habileté et la prudence ont su pour le moment éviter une crise.

Aujourd'hui la situation de la banque de la Marlinique est bien améliorée. Il résulle du compterendu présentée à l'assemblée des aclionnaires du

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25 août 1899 que l’apurement du portefeuille est définitif, que la libération de la banque vis-à-vis du Comptoir d’'escomple est un fait accompli, ce quia eu pour conséquence la réduction du taux du change, enfin que l’on peut entrevoir des jours prospères, puisque, malgré les sommes considérables que l’on a dû passer en souffrance, le censeur électif assurait que bientôt la banque pourrait distribuer à ses actionnaires des dividendes réguliers:

2. — La banque de la Guadeloupe. — La banque de la Guadeloupe avait donné depuis 1870 une extension considérable à ses prêts sur récolles; elle ressent donc les crises sucrières ou les mauvaises années beaucoup plus vivement que les autres banques. En 1894-95, à la suite d’un abaissement d'intérêt de 6 à 5 0/0 et aussi d'irrégularités de l’administration, ces prêts passèrent brusquement de 8 millions à 17 millions; c'était une imprudence qui devait coûter cher à la banque. A cette époque, lacommission de surveillance faisait remarquer que deux usines devaient à l'établissement pius de 3 millions et demi, garantis en partie par une hypothèque (situation absolument antistatutaire)et, depuis une dizaine d’années, laissaient à la fin de chaque exercice un solde impayé de 1 million. L'ordre fut donné à la banque, par le département, d’avoir à passer aux valeurs en souffrance, pour

3 millions au moins de valeurs et de suspendre toule distribution de dividende.

La banque prêtait aussisur les récoltes pour plus du tiers de leur valeur et reportail d’un exercice sur l’autre les prêts non payés sans que les comptes rendus livrés au public portent aucune trace de ces reports qui, grâce à des prêls anticipés, y élaient entièrement dissimulés par des habiletés d’écrilure. Ce sont là des procédés absolument indignes d’un élablissement privilégié et qui auraient amené sa ruine à bref délai.

Cette lecon porta du restesesfruits,car on constate, surtout dans le dernier exercice, une amélioration assez sensible dans la situation de la banque de la Guadeloupe : le capital social de 3 millions était au 30 juin 1899 intégralement reconstitué; l’arriéré que la banque traînait si lourdement depuis 1895 était considérablement amortli,avec espérance d’une liquidation presque complète à la fin de l’exercice (1). Le Comptoir d’escompte était devenu débileur de la banque pour plus de 1.700.000 fr. Un seul point noir existait dans le bilan, c'est le compte de «Prime sur mandats et traites » qui avait atteint le débit considérable de 1.274.537 fr. 77. Cette somme représente la prime d'achat des remises

(4) Banque de la Guadeloupe, assemblée générale des actionnaires du 8 juillet 1899, compte-rendu présenté par M. Vivien, directeur, page 10. é

effectuées au Comptoir d'escompte pour solder la dette de 4 millions et demi qui existait au 31 décembre 1898 etconstituer une provision de 1.682.903fr.50 à cet établissement. Cela permet de constater l'abnégation dont à fait preuve la banque dans la question du change. Les allaques ne lui avaient pas manqué depuis plusieurs années sur ce point : on la montrait comme faisant monter arbitrairement le taux du change pour réaliser des bénéfices scandaleux ; on voit qu’il n’y avait là qu’une légende: l’élévation du change a élé créée par une cause extrinsèque à l’action de la banque, qui n’a fait que subir la pression des circonstances.

La banque de la Guadeloupe, malgré celte amé- lioration, ne peut guère entrevoir encore des jours très brillants. La surexcitation des passions politiques provenant de la vieille haine de la race blanche et dela race noire, ravivée par les théories révolutionnaires, ne permet pas d'espérer pour celte malheureuse île un prompt retour à sa prospérité d’autrefois (4). En outre toutes les catastrophes viennent fondre sur elle : aprèsl’incendie qui, Le 47 avril 1899, a dévoré une grande partie de Pointe-à-Pitre, un cyclone vient, au mois d'août dernier, d'y semer la ruine et la désolation.

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