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M'étant occupé depuis quelques années de ce sujet, je crois être en me-
sure de répondre au Wüitness, et je
profite de cette occasion pour mettre le fruit de mes études devant le public, par l’intermédiaire de votre es-
timable journal.
Quel est d’abord leur but ?
Enseigner l'épargne comme on doit enseigner une vertu en la faisant pra-
tiquer, enseigner l'épargne aux enfants.qui sont les meilleurs agents de
toute renovation sociale, suivant cette
sublime politique : ‘ Laissez venir à
moi les petits enfants ” ! apprendre
par là aux futurs travailleurs que les petites économies répétées et bien placées, ont leur valeur, et une valeur
considérable ; que l'épargne nous habitue à podites la satisfaction de nos
besoins factices ; ; que c'est un exercice, moral qui fortifie la volonté et que c'est aussi le moyen qui mène à la fortune les plus déshérités, comme le moyen qui sauvegarde la fortune des plus riches ; car un sou épargné peut être la graine d’un million, cela s'est vu, avant et depuis Franklin ou Laffitte ; un sou gaspillé peut ouvrit une fissure au termite qui ruinera la plus grosse maison. Dans l'intérêt de la richesse nationale et de La mo-
ralité publique, l'enseignement de la
petite épargne convient donc aux enfants de toutes les classes de la société ; mais il est plus recommandable encoré aux enfants pauvres ou peu aisés, qui voient chez eux plus de petits sous que de grosses pièces, et pour qui l'épargne sera un jour, le seul élé-
ment de fortune et peut-être la principale condition d'existence.
Les caisses d'épargne scolaires ont done pour but d’habituer les enfants à l'épargne, et de les mettre en possession d’un capital qui vaut encore mieux que lor et l'argent : vvudre el
l'économie.
Elles leur procurent la facilité de déposer leurs petites économies sans déplacement dans les écoles mêmes par les soins des instituteurs et institutrices.
Les élèves peuvent ainsi contracter le goût de l'épargne, éviter les
«dépenses factices et se former un petit pécule à l’aide de quelques sous de poche, que leu:s parents laissent à leur disposition.
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Un enfant de sept ans qui prendrait l'habitude d’épargner deux sous par semaine sur ce qu'on lui donne le dimanche pour ses friandises, se trouverait à sa majorité propriétaire de plus de vingt dollats.
Et voici leur fonctionnement.
L'instituteur après s'être mis d’accord avec ladministrateur de la
caisse d'épargne voisine, fait connai-
tre à ses élèves qu’il recevra leurs”
petites épargnes si modiques que soit
la somme (mais non pas supérieure à
1 dollar) et que tout aussitôt que la
somme: des petits versements d'un élève aura atteint 20 cents, il en fera-
le dépôt à la caisse d'épargne pour le
compte de cet élève qui aura un livret en son nom; et à chaque nouveau 20 cents amassé par petits ver-
is ON ee sements, ce 20 cents sera déposé à la caisse d'épargne et porté en compte sur le livret personnel de l'élève.
Au commencement de la classe du matin, une fois par semaine, à jour fixe, de préférence le mardi, l’insti-
tuteur annonce l'exercice de l'épargne.
L'instituteur tient un compte cou- .
rant au nom de chaque élève indiquant en. tête.le nom de l'élève, le, numéro. d'ordre du premier dépôt, celui de la caisse d'épargné, les nom, prénoms, âges, lieu,et date de naissance, et demeure, de ] L élève dépor | M Le nOMS, prénoms, profession et demeure du père, ou de l administrateur légal. We Ce compte est divisé en quatre colones, les deux premières à gauche servent à la date et à la men
tion des opérations; les deux autres
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servent, la première à l'inscription en détail des versements faits par l'élève, et la seconde à celle des versements opérés à la caisse d'épargne
À la fin de chaque moïs, la troisième colonne du compte (versements partiels) est additionnée; lorsqu'elle fait ressortir des sommes rondes en 20 cents, ces sommes sont distraites pour être reportées à la quatrième co- :
Jonne et versées à la caisse d'épargne
pour la délivrance: du livret individuel de l’enfant. Le
Ces opérations sont constatées de la même manière sur le petit livret scolaire, -
Les versements à la caisse d'épargne sont du ler au 15 de chaque mois, et du ler au 10 pour le mois de décembre. de
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À partir de cette dernière date, ces livrets doivent tous être présentés, tant à la caisse que dans les succursales, pour y faire inscrire les intérêts de l’année afférents à chacun d’eux.
Ils sont immédiatement rendus.
D'ordinaire l’administration de la caisse d'épargne fournit gratis les livrets. Mais l’instituteur, quelquefois aussi, fait dresser ces cadres à la plume par les élèves mêmes, comme exercice utile d'écriture et de comptabilité.
Tel est le mécanisme de la caisse d'épargne scolaire à l'intérieur de l'école. Aussi simples et aussi faciles sont les rapports avec la grande caisse d'épargne, qui reçoit chaque mois les épargnes individuelles ayant atteint
20 cents.
L'instituteur après avoir fait ses versements à la grande ca * d’épargne, remet le livret à l'élève, qui le montre à sa famille, mais ce livret doit être rapporté à l’instituteur le
jour suivant.
Quand un élève veut retirer tout ou partie de son avoir déposé à la grande caisse d'épargne, il doit obtenir l'intervention de son représentant légal, père, mère, tutrice ou tuteur, qui signe sur le livret avec l'instituteur et l'agent de la caisse d'épargne.
Quand l'élève quitte l’école, l’instituteur remet à son représentant légal le livret de la grande caisse, qu’il
hvertit que l'enfant a laissé l’école et : que son livret a été remis à son re-
présentant légal.