LOAN SOCIETIES ET HULPBANK
Le crédit populaire tend à s'établir en Franco. L'Alsace, dont le nom figure en tète de la liste de l'instruction primaire, en prend l'initiative. C'est logique; ce sont choses qui se touchent.
A Strasbourg, à Colmar, à Mulhouse, des citoyens méritants s'appliquent à importer dans notre France si routinière, si ignorante et si méfiante en ce qui touche le crédit, où le capital a des peurs de soldat napolitain, les institutions
148 LKS BANQUES DEVANCES
populaires qui fleurissent en Allemagne. Ailleurs, l'attention est éveillée : on s'interroge, on se consulte, on s'anime; de toutes parts il nous parvient des adhésions et des encouragements; partout on confesse qu'il y a quelque chose à faire sur ce terrain-là : on reconnaît la nécessité urgente de démocratiser enfin le capital.
Si nous ne nous hâtons un peu, il en sera des banques du peuple comme de bien d'autres institutions que la France n'a adoptées qu'après qu'elles avaient fait le tour du monde.
Grâce aux écrits de MM. Yigano, Martinengo et Luzzati, les idées de M. Schulze-Delitzsch, rapidement répandues et comprises, commencent à porter des fruits en Italie. La Belgique est en voie de création de banques populaires sur le modèle des banques allemandes ; une pareille association fonctionne déjà à Liège, et elle a offert la présidence d'honneur à M. Schulze-Delitzsch. Depuis 1802, une banque d'avancf s existe à Riga . à côté d'associations de tourneurs et de fabricants d'instruments de musique. Au mois de juin dernier, le promoteur de l'idée a reçu d'un autre point de la Russie, d'Odessa, les statuts d'une association de crédit populaire due principalement à l'initiative d'ouvriers allemands.
Enfin, chose plus remarquable encore, l'institution des VoTchuss-Banken a pénétré jusqu'en Egypte. Plus heureux sur les bords du Nil que sur ceux de la Seine, M. Horn a pu, pendant un voyage entrepris pour aider de ses conseils les fondateurs d'un crédit foncier et agricole, d'une Société d'alimentation, d'une Société de crédit d'Egypte, jeter à Alexandrie les bases d une banque populaire, avec l'appui de Collucci-Bey, directeur général de l'intendance sanitaire, et le concours du vice-roi lui-même, qui a généreusement % offert un million de francs.
M. Horn a eu grand'peine à faire comprendre a ce prince qu'une aussi riche dotation était contraire au but que poursuivait la banque , qu'elle en vicierait dès l'origine le caractère; il n'a accepté que la dixième partie, et encore sous la condition expresse que l'association en pa} r erait les intérêts.
L'Angleterre et la Hollande ne sont pas restées en dehors du mouvement, mais il a pris chez elles un caractère particulier. Il importe de le faire connaître, afin que de la comparaison des divers systèmes il ressorte un enseignement sérieux pour ceux de nos lecteurs qui nse proposeraient de doter enfin la France d'institutions de