CHAPITRE PREMIER
RICHESSES NATURELULES.
Dans un pays comme le nôtre, au sous-sol si pauvre en général, la Lorraine forme un heureux contraste. Ses richesses naturelles sont le fer, le sel, les eaux minérales,
la houille.
SECTION I. — Le fer,
Le fer y était connu de toute antiquité ; son exploitation, commencée depuis plusieurs siècles (1), ne fut sérieusement menée que depuis une cinquantaine d'années, et dès lors on peut remarquer un parallélisme admirable entre le développement de l'extraction du minerai et la production des grosses usines métallurgiques. Cette étude peut se diviser en trois périodes distinctes.
Le gisement ferrifère consiste en une formation oolithique située dans le jurassique entre les étages liasiques et
oolithiques, et comprenant plusieurs couches régulières
(14) Médaillon de la Pompe funèbre de Charles IIT (1608), musée lorrain, où au sommet d'une colline sur laquelle est aménagée une exploitation de mine de fer, un sorcier recherche le minerai avec une baguette divinatoire,
presque horizontales séparées par des intervalles stériles calcaires et marneux. Il se divise en deux bassins : Nancy au Sud, Longwy-Briey, au Nord, C’est en 1844 que fut accordée la première concession du bassin de Longwy (62 hectares) ; quatre ans plus tard, le 5 août 1848, la première du bassin de Nancy. Située à Champigneulles elle avait une superficie de 427 hectares. Ces deux bassins suffirent pendant quelque temps à la consommation française. L'annexion qui suivit la guerre de 1870 enleva à la France une grande partie, la plus belle, de ces gisements de la Lorraine. À cette époque le minerai oolithique, «la minette », était peu appréciée. On préférait le « fer fort », le fer aux bois des forges catalanes des Pyrénées, du Berry, de la Franche-Comté, de Champagne.
Mais peu à peu, ces usines perdirent de leur importance. C’est ce que M. Gréau appelle la première période de la sidérurgie au xix* siècle (1860-1870)(1),période de transformation due aux traités de commerce de 1860.
Puis après la guerre, les principales affaires métallurgiques émigrent des territoires annexés pour revenir se fixer
en France (2).
(1) Voir Gréau, Le fer en Lorraine, p. 70. — Voir volume du Cinquantenaire de la Chambre de commerce de Nancy, 1905, pour la comparaison annuelle de la production de la fonte au bois et de la fonte au coke dont nous donnons les résultats décennaux.
1859 . . . . . 333.000 tonnes au bois contre 84.000 au coke