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(2) Sont annexées en 1871 les usines les plus importantes et celles surtout qui transformaient leurs fontes brutes en fontes de
RICHESSES NATURELLES ü
C'est alors que se fit une découverte qui devait révolutionner l'industrie de l'acier : l'apparition du procédé Thomas et Gilchrist, plus connu sous le nom de procédé « Bessemer basique » qui permettait de fabriquer avec les fontes lorraines des aciers de bonne qualité. À peu près à la même époque, les industriels de l'Est trouvaient à leur portée un minerai plus riche que celui qu'ils exploitaient. C’est en 1882 que Vezin-Aulnoye, Gorcy et Pont à-Mousson firent les premiers sondages dans le futur bassin de Briey (1).Ceux-ci aboutirent à des demandes de concessions qui furent accordées en 1884 (2). Mais l'exploitation ne commença pas immédiatement, car on se faisait de grandes illusions sur la richesse des bassins (3) de Nancy et de
Longwy qui furent bientôt reconnus insuffisants pour
toute espèce et en produits moulés. Ce sont : Ottange, appartenant à M. le comte d'Hunolstein, louée à MM. Jahiet-Garand, Lamotte et Cie ; Hayange, Moyeuvre, Styring, appartenant à M. de Wendel ; et les deux usines d'Ars-sur-Moselle, propriété de MM. Dupont-Dreyfus, Karcher et Westermans. En 1871 il ne restait à la France que les usines de Gorey, Mont-Saint-Martin, Herserange et Moulaine Sainte- Claire, Villerupt, Longwy-Bas, Pont-à-Mousson, Frouard, Liverdun, Maxéville, Jarville et Champigneulles ; en tout,en {871,18 hautsfourneaux et aucune aciérie.
(4) Affaires créées depuis 1870: Pompey, Neuves-Maisons,la Haute- Moselle (Châtillon-Commentry depuis), les forges de la Providence, Saulnes, Senelle-Maubeuge, Micheville, les hauts-fourneaux de la Chiers, Villerupt Laval-Dieu, Aubrives-Villerupt, Hussigny, Jœuf, Homécourt, Auboué,
(2) Le décret du 11 août 1884 institue les concessions d'Auboué, de Moutiers, d'Homécourt. Lire le discours de M. Cavallier, « humoristique », prononcé le 2 juin 1908 à l’occasion de la visite de la Chambre de commerce de Nancy aux mines d'Auboué.
parer à l'augmentation constante de la production de la fonte (1) et de l'acier. Malgré les frais de premier établissement assez considérables pour des puits dont la profondeur peut atteindre 200 mètres (2), les industriels préférèrent consentir ces sacrifices au lieu de continuer une exploitation peu onéreuse à ciel ouvert ou à flanc decoteau (3), Ils remplaçaient leur ancien minerai siliceux ou alumineux à teneur de 28 à 30 o/o par un minerai calcaire qui présentait sur l'autre de gros avantages. Sa teneur moyenne en fer de 35 à 4o oo était beaucoup plus élevée et beaucoup plus régulière que dans les bassins de Longwy et de Nancy. Sa plus grande dureté lui permettait de résister parfaitement aux manutentions, et d'arriver aux hauts-fourneaux en gros morceaux. Sa teneur constante en phosphore, et dans des proportions suffisantes, convenait fort bien à la fabrication de la fonte Thomas. Enfin sa grande facilité de réduction entraînait une
économie de coke de 12 0/0.
(1) Production de la fonte et de l’acier en Meurthe-et-Moselle.
Fonte Acier Acier (tonnes) en lingots ouvré Minerai ASTALE 97.080 — 285 (4873) 505.013 ASSAENE 606.550 — 1.603 18904718 LME RAT OST MODO TGS 2 2 785.021
(2) Frais d'établissement des puits. Chaque puits a exigé (Voir Bailly) une dépense effective de 2 à 4 millions, sans qu'aucune des mines profondes de 70 à 240 mètres ait terminé l'organisation complète de son deuxième puits. Pour les mines d'une profondeur de 200 mètres environ, il faut compter sur une dépense de 5 millions (Cinquanlenaire de la Chambre de commerce de Nancy, p. 3).
(3) Il y a actuellement dans le bassin de Longwy-Briey,sur 65 con-
cessions, 13 sièges d'exploitation à flanc de coteau, contre 37 par puits. Bulletin de la Chambre de commerce de Nancy, n° 31, p. 539,
La mise en valeur de ce nouveau bassin très étendu a été assez longue et n’est encore qu’à ses débuts. Elle a ren à contré de nombreuses difficultés d'exécution, d’abord à cause des poches d’eau qu’il a fallu épuiser, ou qui ont nécessité le changement de place du siège d'extraction (1) ; en second lieu, à cause de la main-d'œuvre peu facile à recruter et à fixer dans un pays purement agricole et forestier, qui, il y a 20 ans, présentait des ressources limitées, des maisons disséminées.
Aujourd'hui l'exploitation de ce gisement, qui paraît le plus riche du monde (2), se poursuit activement dans les 17 concessions accordées presque toutes à des aciéries
lorraines (3) seules ou réunies en consortium, L’extraction
(4) À Jœuf, M. de Wendel a dû abandonner le premier puits envahi par l'eau et en foncer un second plus éloigné de la vallée, De même Vezin-Aulnoye a été obligé d'interrompre pendant plusieurs années le fonçage du puits du « Fonds de la Noue »,
(2) D'après les données actuelles, les bassins de fer exploités sont : celui des grands lacs aux États-Unis « écrémé ». Les Américains, en continuant leur production annuelle de 36 millions de tonnes, n’en ont plus que pour 30 ans.
En Espagne, le gisement de Bilbao n'est plus que l'ombre de luimême.
En Suède, les 500 millions de tonnes existantes, bien que très riches en fer (50 à 60 0/0), ont une teneur en phosphore très irrégulière, et l'exportation en est réduite par des mesures gouvernementales. Les bassins allemand et luxembourgeois, exploités d'une manière très intensive, ne seront pas de longue durée.
Le bassin de Briey, au contraire, a une teneur très régulière et contient, d’après les évaluations, 2,300.000.000 tonnes et peut durer jusque l'an 2023 (V. P, Nicou, Exposition de Londres 1908, notice sur l'exposition collective des usines de fer de Meurthe-et-Moselle),
(3) Jœuf (de Wendel), Homécourt (Marine-Homécourt), Auboué
(Pont-à-Mousson), Moutiers, Tucquenieux (Longwy), Pienne (Acié-
progresse rapidement d'année en année et est déjà plus du double de la production des 33 concessions du bassin de Longwy, alors qu'il y a 10 ans elle était presque du dixième (1). Ces bassins fournissent une proportion tou-
jours croissante de la production totale de la France (2).
ries du Nord et de l'Est, Landres (Micheville}, Amermont-Dommary,Joudreville, Murville, Valleroy,La Mourière, Saint-Pierremont, Anderny-Chevillon, Errouville. Les cinq dernières, dont les travaux ont été commencés en 1907 et 1909, ne sont pas encore en cours d'exploitation. Voir le rendement annuel de chacune des premières, Annuaire des valeurs régionales de la Banque Renauld, 1910, tableau accolé à la page 176. |
Cependant certaines affaires étrangères ont pu, par voie d'échange ou d'achat. se procurer des concessions, Moutiers a 3/4 de sa production réservée à Ougrée-Marihaye et Cokerille (Belgique) et à Differdanye. De même Bellevue, aux forges de Sarrebruck, Jarny 3/4 à Phénix-Hærde, Hœsch et Herspe ; Pulventeux à MM. Rœchling.
A Saint-Pierremont, Gelsen Kirchen participe pour 7/12, l'Espérance (Louvroil) pour 1/12, l'Espérance Langdoz pour 2/12. Enfin, la moitié de Valleroy appartient à MM. Rœchling en échange de la moitié du charhonnage Karl-Alexander cédée aux aciéries de Longwy.
:(4) Production comparée :
Bassin de Longwy Bassin de Briey
tonnes tonnes 1900. 2.380.000 318.000 1901. 1.778.000 466.000 1902. 1.851.000 798.000 1903. 2.408.000 1,205.000 LOUER 2.593.000 1.647.000 1905. 2.333,000 2.354.000 1906. 2.602.000 3.115.000 1907. 2.713.000 4.167.000 HOUSSE 2.154.000 4.368.000 (2) Proportion du minerai lorrain :
RO A ere n EG en LU Po SEEN MEME ct, 27 0/0 RCE PE PU a PRET EE 59 0/0 ASUS CRE 16 0/0
15007227. NORRIS PSE à AE 82 0/0
RICHESSÉES NATURELLES
Sans doute une partie de ce minerai est exportée (1) en
Belgique et dans le Zollverein, attirée d’ailleurs par les
tarifs spéciaux de transport consentis par le gouverne-
ment allemand. Mais la grande majorité est réduite sur
place dans les hauts-fourneaux que les usines locales, et
leurs concurrentes de la Loire et du Nord ont construits
en Lorraine (2).
LED RC Le CO tt ET TO EL
OUT PE LE * V, Compte-rendu du Cong
Nancy, 1909, p. 187.
(4) Exportation de minerai :
Belgique
tonnes 1901. 49,343 1902. 143.287 4905, 349,666 1904 . 405.867 1905 . 644.876 1906 . 816.748 1908 . 2
Bulletin de la Chambre de commerce de Nancy, n° 24,
So RL Ne GS
Zollverei tonnes
rès nalional de navigalion intérieure de
Total tonnes
nuaire des valeurs régionales de la Banque Renauld, p. 176. (2) Nombre de hauts-fourneaux en Lorraine :
Lorraine France entière