Les baptêmes à Toulouse pendant la révolution
Ceux de l'époque qui nous intéresse, en apparence froids comme tout document officiel, fournissent des indications ,' éloquentes sur la moralité du temps, et, grâce aux changements de forme dans la rédaction, aux signatures de plusieurs personnages publics, à certaines annotations, ils éclairent vivement les diverses étapes de la marche révolutionnaire. De sorte que, à défaut d'autres preuves plus positives. l'Eglise de Toulouse y retrouverait l'expression discrète, mais authentique, de ses vicissitudes.
De 1789 à 1802 — car la paix religieuse n'eut, en France, de conclusion effective qu'au Concordat — tous les enfants nés de parents catholiques, dans les huit paroisses de notre ville, furent-ils baptisés? La natalité d'alors est-elle supérieure à celle d'aujourd'hui ? Les deux clergés, légitime et schismatique, tinrent-ils fidèlement les registres ? De l'examen attentif de ceux-ci résulte-t-il cette conviction que la morale, à l'instar de la société, subit une crise néfaste ?
Questions attachantes, à notre avis. Nous essaierons d'y bien répondre dans ce modeste travail que, pour rendre plus clair, nous divisons en quatre parties chronologiques, dont la constitution civile du clergé sera le point central des deux premières, et la Terreur l'idée maîtresse des deux autres ' .
' Cette étude a été composée principalement à l'aide des registres des baptêmes antérieurs à 1793, déposés aux archives de la Haulo-Garonne et de la ville de Toulouse, et, pour les années suivantes, à l'aide des registres conservés dans les arciiives paroissiales de Saint- Sernin, la Daurade, la Dalbade, le Taur, Saint-Pierre, Saint-Michel : deux registres de Croix-Daurade et Lalande nous ont aussi fourni quelques renseignements utiles.