CLERGE
Schismatique
Sermet, évêque-curé Rardinet.
Lose.
vice-curés
Hubert, curé
Taverne, curé
Cor, curé
Espinasse, curé
Néant
Rouaix, curé
Candèze, curé
Orthodoxe
Rernadet, curé
Ortric aine. / ,y.
Ortric cadet ).=
Pagan S
Bégué [^
Nayral, curé Dirat H., vicaire
Marceille, curé César, vicaire
(Roure, curé, en exil, Caussil, vicaire
Mathieu J., curé Mathieu D., vicaire
(Escalfre, curé déporté)
Rourrec.^ ,„• • rp^, . ] vicaires louze . .(
Campardon aîné, cure
Douarre ( §
Campardon jeune. /j^
Chabanettes, curé
E'^"7"} vicaires Ruilat .. }
' L' Anti-Royaliste, 3 thermidor an VIII.
' Arch. municip. : Reg. des délibérations municipales, 26 thermidor an VIII (14 août 1800.)
mis de reconsSituer, en un tableau qui découvre un coin inexploré de l'époque, l'état paroissial des deux communions, à la fin de 1800 et durant l'année 1801.
On ne pourrait concevoir de l'organisation du culte, mise en relief par ce tableau, qu'une idée incomplète, si l'on ignorait la multiplication des oratoires privés, chez les orthodoxes, et l'affluence des prêtres qui secondaient le clergé paroissial.
Sans attendre que le tolérant décret du 20 octobre 1800 ait rayé de la liste des émigrés la plupart des ecclésiastiques en exil, .1/. Bernadeta. repris son poste de curé de Saint-Etienne : au 18 juin, il a signé son premier acte de baptême '.
Sous son impulsion, plusieurs chapelles s'ouvrent sur sa vaste paroisse- L'avocat Roucoule accorde l'accès de Nazareth dont il est propriétaire. Saint-Géraud cesse de « servir d'entrepôt aux grains invendus à la fin de chaque marché- ».
Les citoyens Arnal et Montauriol, malgré la pétition des habitants de la rue de la Pomme et des rues circonvoisines, et le consentement écrit de M. Bernadet, n'obtiennent la location des Pénitents-Bleus, au prix de 200 francs par an, qu'à la fin de mars 1801, sur l'assurance qu'on ne projetait aucune tentative de rétablir la ci-devant confrérie 3. Puis, « l'insuffisance de Saint-Jacques devenant chaque jour plus sensible », on essaye d'y suppléer en revendiquant la possession des Grcuids-Cctrmes^.
A Saint-Sernin, M. Nayral s'installe dans la chapelle des Carmélites, vacante à la suite de l'élargissement des suspects et des insurgés royalistes que l'administration municipale y incarcéra l'année précédente s. Avec la fin du régime persécuteur, il cesse le système des feuilles détachées, et, le 25 août 1800, il commence un registre par l'inscription d'un baptême^. Les murs de ce sanctuaire, qui est actuellement celui du grand séminaire, témoins de l'humiliante détention de l'évêque schismatique, sous la Terreur, et de la publique reprise des fonctions pistorales, sous le Consulat, par de glorieux confesseurs de la foi, ne parlent-ils pas au cœur des jeunes lévites le langage des réconfortants souvenirs?
M. Géraud Marceille, ancien vicaire de la Métropole et archiprêtre du Lherm'^, trouve un asile, pour les paroissiens de la Daurade, dans le Collège National s.
• Arch. de Saint-Etienne : Reg. des baptêmes, 1800.
» VAnti-Royaliste, 19 thermidor an VIIL — La chapelle Saint-Géraud. près la place de la Pierre, aujourd'hui place Esquirol, était un prieuré de l'abhayo bénédirtine de Saint- Géraud d'Aurillac : elle était divisée en trois nefs séparées par quatre piliers. (Voir J. de Lahondès, op. cit., p. 141.)
3 Arch. départ. Série V, liasse 29.
* Ibid. : La p tition est couverte de 604 noms de catholiques de Saint-Etienne.
5 Arch. municip. : Reg. des délibérations municipales, 21 therinidoran VII (8 août 1799 )
6 Arch. parois du Taur : Reg. de Saint-Sernin, 1800-1801.
^ Il avait pris possession de l'archiprêtré le 9 décembre 1789; il eut comme témoins M. Louis Dirai, son confrère à Saint-Etienne, et M. Compardon, curé de Saint-Nicolas.
8 « Eglise établie dans la partie du bâtiment faisant dépendance du Collège national, local servant jadis de réfectoire aux Jésuites. » (Arch. municip. Reg. Culles III : inventaire du 20 messidor an X). Le collège national est le lycée actuel.
En l'absence du P. Roure, M. GaussiP exerce, en qualité de vicaire, dans la chapelle Saint-Jean, magasin d'habits militaires qu'on loue, 400 francs, aux catholiques de la Dal])ade-.
Le zèle entreprenant du curé du Taur déconcerte VAnti-BoyaUsfe. S'il faut en croire ce journal, M. MatJtieu, dès le mois de décembre 1799, « caché on ne sait où », écrit à l'acquéreur du presbytère « d'en avoir le plus grand soin, qu'il viendra en prendre possession au premier jour », et il informe « le citoyen Ignace Derré, ex-religieux, prêtre constitutionnel du Taur » qu'il se dispose à 1' « exorcii^er et à le chasser dans toutes les formes ^ ».
Esprit faible, le schismatique perd la raison et se larde de coups de canif : transporté à l'hôpital, il se désespère et, le 5 mai 1800, il se précipite, par une fenêtre, dans les eaux de la Garonne*. Son successeur, Jacques Espinasse, l'ex-vicaire assermenté de Saint-Nicolas, rejette les offres des commissaires, chargés par M. Mathieu de lui exprimer « son intention de reprendre son église et de s'associer celui qui la dirige ^ », pourvu qu'il se soumette aux supérieurs légitimes.
A la suite de cette démarche infructueuse, les notables de la paroisse pétitionnent pour obtenir la jouissance de la grande église conventuelle des Gordeliers ou de la vieille église contiguë dite de Rieux^. On refuse la première, convertie en magasin à fourrage, et on accorde la seconde, le 22 août, avec la sacristie de la première et une portion de terrain vague vers la rue de l'Esquile'^.
A Saint-Nicolas, M. Campardon exerce d'abord son ministère dans les chapelles des deux hospices ^, et MM. Bernady, ancien vicaire de Seysses, et Duclot, dans une grange*^. Mais les catholiques du faubourg Saint- Gyprien convoitent l'église des Religieuses de Sainte-Claire de la Porte, dépendance de la Grave, dont les administrateurs, en quête de toute ressource qui puisse atténuer la détresse des hospices civils, en concèdent volontiers la location, le 30 juillet, « moyennant la somme de 600 francs par année dont une année payable d'avance vu la pénurie des fonds pour entretenir le service i** ».
1 Le p. Henri Le Gry, au ler décembre 1800, signe un dernier acte de baptême « prêtre délégué pour la desserte de la paroisse de la Dalbade. » (Arch. de Saint-Etienne : Reg. de la Dalbade.) Etant souHrant, il se retira ; il fit cependant quelques baptêmes et mariages à Saint-Etienne.
-^ Arch. départ. Série V, liasse 29; arrêté du préfet, 13 fructidor an VIII (31 août 4800.)
3 N» du 2't frimaire an VIII (15 décembre 1799.)
* N» du 19 lloréal an VIII (9 mai 1800.) On retrouva son cadavre à Grenade.
5 N" du 1" messidor an Vlll (20 juillet 1800.)
•■■ Elle devait jon nom à un évèque de Rieux, Jean I«'' do la Teissandorio, qui l'avait bâtie vers l'an 1330. (Voir Du Mége : op. cit., t. IV, p. 614 )
7 Arch. départ. Série V, liasse 29, pétition : Parmi les pétitionnaires, nous trouvons des noms connus : Vidal, de Caïla, Homiguières, Adhëmar, d'Olive, Aulhonac, Malevigne, Roufarliguc's, etc.; Série L., reg. Cl (30i4) ; arrêté du 4 fruclidor an VlII.
** Arcii. départ. Série V, liasse 4 ; Etat des ministres du cidte qui ont fait leur décla~ ration.
" Ibld., grange sise 2""' section, n° 490.
1" .Arch. muuicip. Reg. Crûtes III. — Arcli. départ. Série L, rog. 61 : Arrête du préfet du 17 tliermidor au Vlll (5 août 1800.)
Quatre mois avant le retour de M. ChabannettesS les vicaires de Saint- Michel, célèbrent leurs offices à Saint-Roch, vers la mi-juillet, et tentent, sans y réussir, de poser les bases d'une sincère réconciliation avec le constitutionnel Lose qui dessert l'église des Récollets 2. En mai 1801, Lose devient l'auxiliaire de Bardinet à Saint-Etienne, et Candèze le remplace 3.
Partout se manifeste une vie paroissiale intense : quoique incomplets, les registres de l'époque la reflètent, et, mieux que d'une dissertation savante, elle ressortira du tableau qu'à leur aide nous dressons.
ANNÉE