‹ Les barbaresChapitre 13 sur 38 · MODERNES ALCHIMISTES · texte numérisé non relu

MODERNES ALCHIMISTES

Le diable, dans une tournée, Se dit tristement vers le soir :

« J'ai presque perdu ma journée ; Si, pour m'égayer, j'allais voir

« Mes excellents amis de Prusse ?

En nous chauffant au coin du feu, Nous blaguerons Français et Russe, Et nous comploterons un peu. »

De la Prusse il prit donc la route.

Les hommes d'Etat du pays, Ce soir-là, rongés par le doute, Par rinquictude envahis,

Tentaient tous un effort suprême, Dans un mystérieux réduit, Pour résoudre le noir problème Qui les harassait jour et nuit.

Spectacle étrange ! Des cornues, Des creusets près d'un alambic, De fauves liqueurs inconnues, Des sels, des yeux de basilic,

Et, l'air sombre, l'an^joisse à l'àmc.

Tous ces messieurs se démenant.

Des fourneaux aclivanlla flamme Et sur leurs poisons s'inclinant.

Le diable, à travers les murailles Entrant soudain, fut quelque temps A reconnaître ses ouailles Dans ces alchimistes... latents.

Enfin, d'une voix sardonique :

« Que faites-vous là, leur dit-il, Messeigneurs ? De la politique Vous ne tordez donc plus le fil ?

« Dans cette singulière salle, C'est plus qu'un vulgaire élixir.

C'est la pierre philosopliale Que vous suez à découvrir !

(( Par mes cornes, elle est bien bonne ! Des hommes d'État ! Oh ! là là !

— Votre Majesté me pardonne, Fit l'un d'eux, ce n'est pas cela.

« Hélas ! non, c'est tout autre chose ! Nous tàclions — sans savoir comment D'opérer la métamorphose D'un Alsacien en Allemand ! »

UN LEGIONNAIRE

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